Interview de Marie Gillain à l’occasion de la sortie de Fragile(s)

écrit par admin
le 03/07/2007
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Interview de Marie Gillain à l’occasion de la sortie de Fragile(s)

Elle a tourné avec les plus grands acteurs français, de Gérard Depardieu à Daniel Auteuil, en passant par Isabelle Huppert et Fabrice Luchini. Pourtant, elle est bien de chez nous et nous n’en sommes pas peu fiers.
Au moment de la sortie de Laissez-passer en 2002, Bertrand Tavernier, qui l’avait déjà dirigée dans L’appât, déclarait qu’il voulait y exploiter son charme et ses talents de comédie. Il disait qu’elle serait une merveilleuse actrice pour une comédie américaine, étant à la fois sexy, drôle et vive et dégageant un charme immédiat.

1=Un petit air d’ingénue…

Emmanuel Mouret, le réalisateur de Laissons Lucie faire voit quant à lui en elle une grande comédienne de composition, qui sait habiter les rôles, avec à sa disposition une palette incroyable. Pour lui, elle est l’une des rares, sinon l’unique comédienne de sa génération qui sache jouer la fraîcheur, la spontanéité, débarrassée de relents psychologiques où tout doit être explicité, alourdi par un passé. Enfin, il dit qu’à travers elle, les idées transparaissent comme des bulles de champagne.
En 1991, débutait son histoire d’amour avec le cinéma. Non contente d’interpréter le personnage principal de Mon père ce héros - interprétation qui lui a d'ailleurs valu une nomination au César du meilleur espoir féminin -, elle posait également sa voix sur la bande originale du film. Dix ans plus tard, elle récidivait dans Laissons Lucie faire.

Complète, dotée d’une grande intelligence de jeu, elle a été la première ambassadrice du cinéma belge en France. Elle, c’est bien sûr la Liégeoise Marie Gillain, présente le lundi 25 juin à l’UGC Toison d’Or à Bruxelles. Marie était venue défendre son dernier film, Fragile(s), et nous avons eu la chance de la rencontrer.

Avant toute chose, avec une semaine de retard, bon anniversaire !

Merci ! Vous êtes bien renseigné !

Pourquoi avoir accepté de jouer dans Fragile(s) ? Votre choix était-il plus lié à l’histoire, au réalisateur ou à un autre élément particulier ?

Marie Gillain : En fait, tout est parti de mon désir d’être blonde ! (elle rit) Plus sérieusement, c’est surtout l’histoire qui m’a attirée. Il y a en réalité différentes histoires qui s’entremêlent. L’écriture est très juste, très sincère, et assez drôle en fait, tout en restant hors de la caricature. En outre, j’ai adoré le personnage qui m’était proposé. J’avais envie de jouer un personnage trash depuis longtemps. En France, on range un peu les acteurs dans des boîtes donc c’était sympa de pouvoir jouer un personnage très différent du registre dans lequel on me cantonne un peu.

3=Fragile(s), de Martin Valente, vient de sortir dans nos salles

Fragile(s) est un film choral. En quoi est-ce avantageux ?

Il y a plusieurs histoires. L’important est d’avoir un coup de c?ur pour un personnage. On les quitte puis on les retrouve. On a essayé de ne pas tomber dans une caricature car tout cela peut paraître un peu violent. Il y a ce personnage mais aussi tous les autres personnages du film.

Nina, votre personnage, est une junkie. Comment avez-vous préparé votre rôle ?

C’est le personnage le plus opaque du film. Elle peut paraître un peu antipathique. Il y a plusieurs tiroirs en fait. Elle peut être sur son petit nuage, complètement euphorique mais elle est toujours dans la sincérité. J’ai beaucoup retiré de mon travail avec Jean-Pierre Darroussin, qui est un partenaire génial, beaucoup plus lent, beaucoup plus réservé.

Fragile(s) est le deuxième film réalisé par Martin Valente. Le fait qu’il s’agisse d’un jeune réalisateur a-t-il pesé dans la balance au moment de prendre votre décision ?

Non. Son deuxième film est très différent du premier. Je me suis basée sur son scénario, qui se situe à mi-chemin entre le drame et la comédie dramatique.

Quel est votre plus beau souvenir du tournage ?

Comme je n’ai pas d’expérience en matière de toxicomanie, j’ai vu un médecin qui m’a expliqué comment cela se passait. J’ai trouvé ma façon d’être dans ma bulle, à savoir en buvant de la bière et en fumant deux paquets de cigarettes par jour ! C’était ma façon à moi d’être dans un état de nervosité.

4=Marie Gillain dans Barnie et ses petites contrariétés

Pour vous, c’était un rêve d’aller à Paris ?

Mon rêve, c’était la comédie, le fait de pouvoir s’exprimer sur une scène. Je comptais faire du théâtre au départ.

Il y a de plus en plus d’acteurs belges qui montent en France. Que vous inspire cet état de fait ?

Ca fait du boulot en moins pour moi ! (elle rigole) Non, je suis très contente bien sûr. Mais on n’est pas une équipe de foot non plus. Je connais Benoît Poelvoorde ainsi que Déborah François, car je viens de tourner un film avec elle. (NdA : Les femmes de l’ombre, de Jean Paul Salomé, avec Sophie Marceau et Julie Depardieu également) Quand nous étions petits, les Français racontaient des histoires sur les Belges. À présent, une certaine belgitude a pris le relais donc c’est très positif.

Vous avez été dirigée par de nombreux réalisateurs différents, Bertrand Tavernier étant le seul à vous avoir eu à deux reprises devant sa caméra. Quels sont les conseils les plus précieux que vous ayez reçus en matière de direction d’acteur ?

Le premier conseil qui m’a marqué ne m’a pas été donné par un réalisateur mais par un acteur, à savoir Gérard Depardieu. Quand on débarque sur un plateau et que l’on n’a pas l’habitude de la lumière, c’est très difficile. Il me remettait sans cesse dans la lumière, me mettant à mon avantage. Tavernier m’a appris à ne jamais juger les personnages que je jouais, à ne jamais me sentir supérieure à eux.

Parmi les films dans lesquels vous avez joués, quel est celui que vous préférez ?

Il s’agit d’un film qui n’a pas marché : Ni pour, ni contre (bien au contraire), de Cédric Klapisch. Je mentionnerais aussi L’appât car c’est un des premiers films que j’ai faits.

Vous sortez environ un film par an. Est-ce que c’est un choix ?

Je n’ai jamais beaucoup tourné. Ca dépend des périodes. Je refuse parfois un rôle parce qu’il ne me plaît tout simplement pas. À d’autres moments, ce sont les scénarios qui me sont proposés que je juge totalement inintéressants.

6=L’enfer avait reçu une très mauvaise critique

Comment vit-on la promotion d’un film comme L’enfer, très intéressant selon nous mais descendu en flèche par la critique lors de sa sortie en salle ?

En tant qu’actrice, j’étais moins exposée que le réalisateur car nous étions plusieurs sur le film, je n’étais pas la seule. C’est le réalisateur qui est le premier à se prendre les coups. J’étais triste pour Danis (NdA : Tanovic, le réalisateur du film) et pour le film. Quelque chose transparaît dans les critiques. S’il y a un rejet de la presse, ça dit quand même quelque chose.

Vous avez déjà joué dans un téléfilm, au début de votre carrière. Récemment, on a pu vous voir dans une série télé. Quel est votre rapport à la télévision ?

Le cinéma me fait rêver en premier lieu. Cependant, il y a de plus en plus de bons films en télévision à l’heure actuelle. Le cloisonnement acteur de cinéma - acteur de télévision est de moins en moins rigide.

Grand succès pour la vente du DVD Lettre à Lou !

Après six mois d’exploitation, le DVD Lettre à Lou, réalisé par le cinéaste Luc Boland, a été vendu à plus de 5 200 exemplaires, ce qui en fait une des meilleures ventes d’un film belge en DVD.
Pour rappel, ce DVD est vendu au bénéfice de la Fondation Lou et les produits de la vente seront consacrés à la mise en place d’une cellule de soutien aux parents après l’annonce d’un diagnostic de handicap de leur enfant.

Le film Lettre à Lou retrace de manière émouvante et positive les six premières années de Lou, un enfant aveugle et handicapé mental. Complimenté par une presse unanime, le film a également été nominé par des professionnels et les lecteurs de Télé Moustique comme « troisième coup de coeur audiovisuel de l’année 2006 » lors de la cérémonie des Moustiques d’Or en février dernier.

La Fondation Lou remercie tous ceux et celles qui l’ont soutenue en achetant le DVD Lettre à Lou et rappelle que celui-ci est toujours en vente mais uniquement dans les commerces suivants : Fnac, Mediamarkt, Extrazone, Vidéosquare et Filigranes, mais aussi sur internet (www.mediadis.com) ou par virement (www.fondationlou.com).

Par ailleurs, la Fondation Lou cherche de l’aide pour la mise en place d’un réseau de vente secondaire de proximité. En effet, de nombreuses petites villes ou zones rurales ont peu ou pas été desservies.

Contact Fondation Lou : a-lou@skynet.be

Bons films !

Jean-Phi
jeanphi111@yahoo.com

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