Le développement d’éoliennes en Région wallonne, Natagora dit oui mais pas à n’importe quel prix !

Si pour Natagora l’énergie éolienne peut être développée en Région wallonne afin de participer à la lutte contre les changements climatiques, la condition essentielle à rencontrer est que l’éolienne respecte le milieu dans lequel elle s’implante sans y produire d’effets dommageables en particulier pour la biodiversité, le paysage et les riverains. Natagora réclame qu’une planification des zones pouvant accueillir les éoliennes en Région wallonne soit établie avant toute poursuite de développement du parc éolien wallon.
Dans le contexte actuel des objectifs contraignants fixés par le protocole de Kyoto, la Région wallonne s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990 et ce, en partie grâce à la contribution des éoliennes on-shore (sur terre) évaluée à 1.6 % en 2010, soit 350 GWh, soit 200 MW de puissance installée répartie entre 150 à 200 éoliennes . La situation actuelle indique que cet objectif fixé pour 2010 sera aisément atteint puisqu’en tenant compte des parcs en fonctionnement et des permis déjà octroyés, 145 éoliennes sont déjà installées ou en cours d’installation pour une puissance totale de 324 MW.
Si les recherches scientifiques indiquent que l’incidence négative des éoliennes sur le milieu naturel, et sur les oiseaux et les chauves-souris en particulier, est en moyenne faible, elle peut toutefois varier considérablement selon la localisation. Dans certains cas, les dommages sont majeurs. Cet impact comprend d’une part un accroissement de la mortalité par collisions directes et d’autre part une détérioration de l’attractivité des habitats naturels occupés par les espèces.

Des zones pour les accueillir
Fort de ce constat, Natagora demande une planification des zones pouvant accueillir les éoliennes avant toute poursuite de développement du parc éolien wallon. En effet, la multiplication anarchique actuelle des projets éoliens en dehors de toute stratégie d’ensemble ne permet aucunement d’appréhender les impacts de manière globale.
Pour Natagora, certaines zones de grande importance pour les oiseaux et les chauves-souris devraient être exclues d’emblée toute construction d'éoliennes. Ces zones se caractérisent par la présence de noyaux de populations d'espèces rares ou menacées (comme le Milan royal, la Cigogne noire, le Cygne sauvage, le Grand Butor ou certaines espèces de chauves-souris…) ou par une concentration d’oiseaux en période de migration. Pour Natagora, il est dès lors inutile de prendre un quelconque risque en implantant dans ces zones sensibles des éoliennes susceptibles d’ajouter un facteur destructeur ou perturbant. Une première cartographie indicative de ces zones est reprise en annexe.

Des études d’incidences sérieuses
Par ailleurs, Natagora demande la réalisation d’études d’incidences suffisamment complètes et adéquates à chaque cas. Celles-ci devraient consacrer à l’étude des impacts sur la biodiversité un effort comparable à celui dédié aux autres compartiments de l’environnement (paysage ou bruit par exemple) ce qui est loin d’être le cas actuellement. Ceci signifie que complémentairement au collationnement des données existantes, des observations devraient systématiquement être menées sur le terrain aux périodes propices et de façon suffisamment étalée dans le temps.

Natagora soutient donc l’implantation d’éoliennes en Wallonie dans un objectif de lutte contre les changements climatiques mais insiste sur la nécessité urgente d’une planification des zones d’accueil potentielles et d’études d’incidences suffisamment complètes et adéquates à chaque cas.

Contacts : Elise Poskin (081/830.338) et François Paulus (0474/63.85.52)
Communiqué de presse