Jaco Van Dormael's Mr. Nobody will amaze… everybody!

écrit par jeanphilippe
le 29/12/2009
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Jaco Van Dormael's 'Mr. Nobody' will amaze… everybody!

Le « Mr. Nobody » de Jaco Van Dormael émerveillera... tout le monde !

photo 06=© Pan-européenne - Chantal Thomine Desmazures
« Quand on doit faire un choix, il n’y a jamais seulement deux options possibles mais une infinité qui découlent des deux premières. » Jaco Van Dormael

Le synopsis

Un enfant sur le quai d’une gare. Le train va partir. Doit-il monter avec sa mère ou rester avec son père ? Une multitude de vies possibles découlent de ce choix. Tant qu’il n’a pas choisi, tout reste possible.
Toutes les vies méritent d’être vécues.

Un coup de cœur énorme !

C’est un peu bête mais bon, avouons-le, nous avons un top cinq des films qui nous ont le plus touchés parmi tous ceux que nous avons eu tantôt le bonheur, tantôt le déplaisir de visionner. Y figurent « Le Grand Bleu », « Le Temps des gitans », « Old Boy », « La Mouche » et « C'est arrivé près de chez vous ». Depuis le 20 novembre 2009 et la découverte du dernier film de Jaco Van Dormael, c’est « Mr. Nobody » qui est venu se placer au firmament de notre hiérarchie. Et ça risque de durer un petit temps ! C’est quelque part un peu ennuyant car on se dit qu’on ne verra jamais plus le cinéma de la même manière tant nous avons désormais un peu peur d’être déçus en y allant.

Le moins que l’on puisse écrire est que Jaco Van Dormael a su se faire rare. Voila 13 ans qu’on attendait la sortie dans les salles belges du dernier bébé de ce perfectionniste : le complètement fou « Mr. Nobody », film sur la vie, sur le doute, mais avant tout sur les choix et leur complexité. Ce sera chose faite le… 13 janvier prochain. Tiens tiens, ce nombre semble lui convenir pas mal. Espérons que cela lui portera chance et que les spectateurs iront voir en masse son dernier film !

Le film a été boudé par les Festivals majeurs puisqu’il n’a pas fait partie de la sélection officielle du dernier Festival de Cannes et n’a remporté qu’un seul prix à la 66e Mostra de Venise : celui de la meilleure contribution technique et artistique pour les décors qui est venu récompenser le travail de la décoratrice française Sylvie Olivé. Espérons que la vie du film soit l’inverse de celle des films des frères Dardenne, qui glanent de nombreux prix majeurs mais qui n’ont que très peu de succès en salles. Budgété à 50 millions d’euros, le film en aura finalement coûté un peu plus de 30, ce qui est énorme pour ce qui peut finalement être qualifié de film expérimental, d’anticipation. Le film a été tourné en six mois, d’abord en Belgique, puis en Angleterre et au Canada et, enfin, en Allemagne. Un an de montage a ensuite été nécessaire pour finaliser l’œuvre.

On rejoint entièrement Philippe Godeau, le producteur de Jaco Van Dormael depuis « Toto le héros », lorsqu’il dit que son ami est d’abord un poète, avant d’être un metteur en scène. « Jaco ne fait pas de discours mais nous fait sentir, vivre et revivre. C’est un tour de force », dit-il. Le cinéma étant l’art de montrer et non de dire, on ne peut qu’abonder dans son sens. Les larmes viennent à plusieurs reprises lors du visionnage de « Mr. Nobody ». Nous avons tenté de les retenir, sans succès…

Les acteurs

photo 07=© Pan-européenne - Chantal Thomine Desmazures

« C’est un cadeau merveilleux d’avoir été invité dans cette famille [qu’est l’équipe de Jaco] pour vivre cette aventure. » Jared Leto
L’interprétation des acteurs est très juste. À commencer par celle de Jared Leto, qui a mis à profit la fatigue pour réussir à atteindre ce moment de grâce où il perd le contrôle pour devenir son (ses) personnage(s), celui de Nemo Nobody. Mr. Nobody fut pour lui le personnage le plus complexe qu’il ait jamais eu à jouer. Sarah Polley est, elle, plus que crédible en mère dépressive. Très enthousiaste, elle dit n’avoir jamais été aussi heureuse sur un plateau que sur celui de « Mr. Nobody » alors qu’elle pleure lors de la quasi-totalité de ses passages à l’écran. Quant à Diane Kruger, c’est la deuxième fois qu’elle interprète un rôle de mère, après celui qu’elle avait incarné dans « Pour elle », du réalisateur français Frédéric Cavayé.

« C’est dans ces moments-là que le métier d’actrice devient le plus beau métier du monde. » Sarah Polley

photo 08=© Pan-européenne - Chantal Thomine Desmazures

Sans oublier Linh Dan Pham, dont le personnage est, comme le dit Jaco Van Dormael, sans doute le plus dramatique du film. Soulignons enfin le jeu tout en retenu des jeunes Toby Regbo et Juno Temple qui interprètent les rôles d’Anna et de Nemo à 15 ans. Stephen Poliakoff, le réalisateur de « Glorious 39 », drame historique teinté de romance qui sortira en 2010, a choisi de réunir ces deux acteurs dans son film. Il y a fort à parier que ce choix ait été orienté par le visionnage de « Mr. Nobody ».

photo 09=© Pan-européenne - Chantal Thomine Desmazures

La musique

« Le son s’adresse à l’inconscient, il change l’image et laisse imaginer tout ce qu’on ne voit pas. » Jaco Van Dormael
La musique originale du film a été composée par le frère de Jaco Van Dormael, qui n’est autre que le grand jazzman Pierre Van Dormael. Orchestrateur de la musique de tous les longs métrages de son frère, il a su apporter au film un savant mélange de simplicité et de complexité. Deux morceaux reviennent à plusieurs reprises, interprétés par des musiciens différents : « Mr. Sandman » et « Pavane OP.50 ». « Mr. Sandman » était par exemple présent dès l’écriture du scénario tandis que la majorité des autres morceaux présents dans le film sont venus s’ajouter par après.

Le visuel

Le film est littéralement époustouflant au niveau visuel. Il a bénéficié d’un montage qui a duré un an. Avec « Mr. Nobody », Jaco Van Dormael réinvente le mot « flash-back ». Nous avons été frappés par les très beaux procédés filmiques auxquels le réalisateur a eu recours dans cette petite merveille pour les yeux. Nous pensons par exemple à un génial travelling arrière nous emmenant de l’intérieur d’une chambre à un point extérieur éloigné non identifiable. Mais il ne s’agit là que d’un détail, Jaco Van Dormael ayant en effet tout pensé avec une précision incroyable : une vie filmée de façon à obtenir à l’écran une fusion de deux charges amoureuses, une dans laquelle on joue sur la distance, une maniant avec efficacité la technique du hors-champs, une entièrement floue ou encore une où tout est net. Jaco Van Dormael est en outre parvenu à proposer un futur très crédible. Pour ce faire, il a surtout pu compter sur l’aide de trois personnes-clés : la décoratrice Sylvie Olivé, le dessinateur François Schuiten, qui a imaginé ce futur et Louis Morin, responsable des effets spéciaux et réalisateur deuxième équipe.

L’anglais

Un travail important a été effectué au point de vue de la traduction du scénario et des dialogues du film. Celui-ci semble en effet avoir été écrit et dialogué directement en anglais alors que Jaco Van Dormael a écrit le film en français, sauf quand certaines idées ou certains dialogues lui venaient directement en anglais.

photo 10=© Pan-européenne - Chantal Thomine Desmazures

« Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix mais seulement la manière de les vivre. » Jaco Van Dormael

Laissez opérer la magie !

Bons films !

Jean-Philippe Thiriart
jeanphilippe_thiriart@hotmail.com

GD

Lien vers Mr. Nobody – Interview de Jaco Van Dormael

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