Le premier jour du reste de ta vie de Remi Bezançon

écrit par admin
le 23/02/2009
03= Cette famille c est la votre

Sorties DVD
COMÉDIE DRAMATIQUE
Tous publics

LE FILM *****
LE DVD **
LE DVD ÉDITION PRESTIGE ****
LE BLU-RAY ***

LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE
Cinéart / Twin Pics – environ 1h50

De Rémi Bezançon (2008).
Avec Jacques Gamblin, Zabou Breitman, Déborah François, Marc-André Grondin, Pio Marmaï.
Mais aussi Roger Dumas.
Et la participation de François-Xavier Demaison, Gilles Lellouche.

photo 2=« Le premier jour du reste de ta vie », un DE NOS coups de cœur de 2008

Césarisé à quatre reprises (meilleurs espoir féminin pour Déborah François, espoir masculin pour Marc-André Grondin, film français et montage) vendredi dernier et nommé pour trois autres statuettes (meilleurs musique, réalisateur et scénario original, ainsi que meilleur espoir masculin pour Pio Marmaï), « Le premier jour du reste de ta vie » constitue immanquablement un de nos gros coups de cœur de l’année cinéma 2008. Nous l’avons vu trois fois en salles. Autant vous le dire tout de suite, ça ne nous est arrivé qu’en 1988 lors de la sortie du « Grand Bleu » de Luc Besson et de celle de « Kill Bill Volume 1 », de Quentin Tarantino, en 2004. Ajoutons quand même à ce duo le chef-d’œuvre qu’est le « Old Boy » du petit génie Sud-Coréen qu’est Park Chan-Wook, que nous n’avons eu le temps de voir « que » deux fois lors de sa sortie chez nous.

Mais revenons à nos moutons : « Le premier jour du reste de ta vie », du jeune réalisateur (37 ans mais d’une maturité impressionnante dans sa manière de traiter le propos du film) français Rémi Bezançon. Le film raconte cinq jours de la vie d’une famille de cinq personnes, cinq jours plus importants que les autres où plus rien ne sera jamais pareil le lendemain.

photo 3=« Cette famille, c’est la vôtre. »

« Cette famille, c’est la vôtre » peut-on lire sur l’affiche du métrage. C’est tellement vrai… On vit en effet à travers elle tous ces petits quelque choses de la vie qui ont l’air de rien de prime abord mais qui en réalité nous bouleversent en profondeur. Œuvre sur la famille, « Le premier jour du reste de ta vie » est aussi une réflexion sur le passage dans la vie et les relations que nous nouons lors de celle-ci. Une des grandes forces du deuxième film de Bezançon est de permettre au spectateur de ressentir ce qu’il nous livre de façon très différente en fonction de notre histoire personnelle. Il lui donne en outre l’opportunité de s’identifier à chacun des personnages, aussi différents soient-ils, aucun acteur n’en éclipsant un autre.

Scénario (Bezançon maîtrise son sujet de A à Z, il sait exactement où il veut aller et entraîne ses acteurs dans son sillage, tout étant très construit) et dialogues très justes et mise en scène instinctive, voilà résumées les deux grandes forces du travail de Bezançon.
Déborah François apporte la réponse à la question de savoir si le film est une comédie ou un drame. C’est, dit-elle, « un portrait de famille, une comédie à la française, où on rit au début et où on pleure à la fin ».

Côtés acteurs, Zabou Breitman « se jette dans son personnage » et forme un très beau couple de cinéma empreint de complémentarité avec Jacques Gamblin, peu loquace mais tellement attendrissant, dont le jeu est à la fois discret et instinctif. Déborah François joue sans doute un de ses derniers si pas son dernier rôle d’adolescente, pleine de fraîcheur comme à l’accoutumée. Moins connu sur notre continent mais véritable star au Québec (on l’a vu dans le « C.R.A.Z.Y. » du québécois Jean-Marc Vallée, film sur la famille lui aussi pour lequel il a remporté le Jutra – l’équivalent des César – du meilleur acteur), Marc-André Grondin est très aérien dans son interprétation du frère cadet de la famille. Enfin, insistons sur le brio du travail de Pio Marmaï, qui livre ici sa première prestation dans un long métrage.

photo 4=Déborah François, toujours aussi pétillante.

Au rayon des seconds rôles, Roger Dumas crève l’écran dans le rôle du père du personnage interprété par Jacques Gamblin. Apparaissent également Gilles Lellouche mais surtout François Demaison, dont la scène restera à coup sûr dans les mémoires.

Vous l’aurez compris, il faut absolument se procurer ce petit bijou. Mais, de grâce, optez pour l’Édition Prestige car la version de base ne comprend pas le moindre bonus. C’est plutôt fâcheux vu la qualité de ceux-ci. Outre les interviews des acteurs (40 min), les commentaires audio du réalisateur et des acteurs, le making of du film, le making of de l’enregistrement des commentaires audio (making ofs réalisés plusieurs mois après la fin du tournage, ce qui permet un certain recul par rapport à celui-ci), les essais de Pio Marmaï, deux films super 8 et la bande annonce, l’Édition Prestige inclue la bande originale du film, signée Sinclair, lequel avait déjà réalisé celle de « Ma vie ne l’air », le premier film de Bezançon.

Le Blu-ray du film ne reprend pas la bande-son. Celle-ci est indispensable si vous avez aimé le long métrage car elle fait partie intégrante du film et confère à celui-ci un rythme impeccable. Soit 16 titres qui permettent de revivre le film de façon différente. Seul bémol concernant cette BO : elle ne dure que 44 minutes et ne reprend pas les titres « Summertime », de Janis Joplin, et « Perfect day », de Lou Reed pour n’en citer que deux.

Il n’est reste pas moins que comme le film, le DVD nous touche… en plein cœur !
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photo 6=Fabrice Adde et Bouli Lanners forment à l’écran un couple aussi drôle que touchant © Nicolas Bomal
COMÉDIE
Tous publics
Versus Production / Melimedias / RTBF éditions– environ 1h25
± 19 €

LE FILM ****
LE DVD COLLECTOR *****

ELDORADO
De Bouli Lanners (2008).
Avec Bouli Lanners, Fabrice Adde, Philippe Nahon.
Mais aussi Françoise Chichéry.
Et la participation de Didier Toupy, Stefan Liberski, Renaud Rutten, Jean-Jacques Rausin, Jean-Luc Meekers.

photo 7=« Eldorado », c’est aussi un road-movie en culottes courtes dans le chef de Bouli Lanners © Nicolas Bomal

Lors du dernier Festival de Cannes, « Eldorado » a réalisé un triplé avec le Prix Regards jeunes remis par sept cinéphiles européens, le Prix Label Europa cinéma décerné par les exploitants de salles et, surtout, le Prix Fipresci de la critique internationale, une des récompenses majeures du Festival de Cannes. En plus des nombreuses récompenses récoltées par le film, « Eldorado » était nommé vendredi dans la course au César du meilleur film étranger et a surtout été sélectionné pour représenter la Belgique aux Oscars dans la catégorie Meilleur film en langue étrangère.

S’inscrivant selon son réalisateur « dans une période de récession à tous les niveaux », « Eldorado » narre l’histoire d’une rencontre improbable, celle de Yvan, dealer de voitures vintage et d’un jeune pour le moins paumé prénommé Elie. S’ensuit un road-movie des plus atypiques à travers le sud de notre petit pays, magnifiquement mis en avant par le réalisateur d’« Ultranova ». La bande-son Rockabilly est particulièrement réussie, les morceaux ne s'enchaînant pas, mais se posant à merveille quand cela est nécessaire sans jamais être dérangeants et totalement en accord avec l'esprit du film. On se demande d’où viennent les paysages filmés par la caméra de Bouli Lanners (il tourne en scope) tant ils évoquent une certaine Amérique. À ce propos, on ne peut s’empêcher de penser à « Into the wild », de Sean Penn. Même les nuages semblent avoir été peints par Magritte lui-même.

« Moi, j’ai jamais foutu les pieds aux Etats-Unis », explique Bouli Lanners

Le réalisateur-comédien Bouli Lanners interprète un gros nounours avec un coeur qui remplit tout l’écran et qui a une grande faiblesse, sa gentillesse et cette faculté trop rare, si si !, de ne jamais savoir dire non. Quant à Fabrice Adde, il est Élie, un personnage qui parle peu mais qu’il interprète avec une belle authenticité, pour ce qui représente, signalons le, sa première présence dans un long métrage de fiction. Les deux personnages, que tout semble opposer, vivent avec un passé caché et douloureux, si douloureux qu'en parler est une véritable cure. On retrouve également à l’écran Philippe Nahon, lui qui réussit une fois de plus à nous effrayer, pour notre plus grand plaisir.

photo 9=« L’Ardenne, c’est mon Amérique à moi » confie Bouli Lanners © Nicolas Bomal

Désireux de faire quelque chose de solaire de l’ordre du western – les paysages ont, à ses yeux, une grande force narrative - Bouli Lanners confie que de nombreux élément du film ont été modifiés tant pendant le tournage que pendant le montage de celui-ci et que l’improvisation n’avait pas vraiment sa place lors de la mise en boîte des différentes scènes du métrage. Thème récurrent dans l’œuvre du Belge, la famille éclatée est à nouveau au centre d’« Eldorado », un film à l'émotion brute du début à la fin, si bien qu’on en redemanderait bien encore une petite demi heure ! En conclusion, l’ensemble du métrage, disons que la musique et les paysages nous font un peu penser à l'univers de Tarantino… mais filmé à la Terry Gilliam ! Rassurez-vous Monsieur Lanners, nous a-do-rons l’univers de l’Américain et la mise en scène de Gilliam !

Le DVD offre de nombreux bonus, plus intéressants les uns que les autres : deux making ofs (« Et c’est… action ! » et l’indispensable « Eldorado selon Jean-Jacques » avec le génial Jean-Jacques Rausin, dirigé une fois de plus par le singulier Xavier Seron), une interview de Bouli Lanners, des scènes coupées, le clip de la chanson « Eldorado », deux courts métrages de l’ex-Snul (« Travellinckx » - dont la musique, les travellings latéraux (la plus belle invention du monde selon Bouli Lanners) et l’incroyable interprétation de Didier Toupy notamment en ont fait un court cultissime - et « Les sœurs Van Hoof » - davantage un bon sketch qu’un court métrage à part entière), un extrait de l’émission de la RTBF « L’envers de l’écran », les coulisses du tournage, la bande annonce et une série de photos et d’affiches. Un seul regret, l’absence de l’excellent troisième court métrage réalisé par Bouli Lanners, « Muno ». Mais bon, ne faisons pas la fine bouche, votre DVDthèque doit absolument compter ce volume !
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photo 10=Dix bonnes raisons de voir « Martyrs » ? Beaucoup moins pour certains, beaucoup plus pour d’autres !
THRILLER HORRIFIQUE
Interdit en salles aux moins de 16 ans
LE FILM ****
LE DVD **

MARTYRS
Cinéart / Twin Pics – environ 1h40
De Pascal Laugier (2008).
Avec Morjana Alaoui, Mylène Jampanoï.

Nous avons accordé quatre étoiles à ce film parce que dans le genre auquel il appartient – le thriller horrifique –, le long métrage de Pascal Laugier est terriblement bien réalisé. Il n’est donc pas à mettre sous tous les yeux, tant il atteint son but à merveille : choquer le spectateur comme jamais. Estampillé film le plus traumatisant de ces trente dernières années, « Martyrs » ne plaira pas seulement aux aficionados de la saga « Hostel », car il est beaucoup plus intelligent que les films d’Elie Roth. Tandis que le protégé de Quentin Tarantino ne surprend jamais vraiment, le Français repousse toujours plus loin les limites de l’insoutenable. En un mot comme en cent : âmes sensibles, s’abstenir.

Tantôt adulé par la critique, tantôt démoli par celle-ci, « Martyrs » donne à voir la descente aux enfers de deux femmes unies par une amitiés sans faille. Il marquera sans doute pendant de longues années encore le film d’horreur français et mondial. Méliès d’Argent du Meilleur film européen, le deuxième film de Laugier est produit par Richard Grandpierre, qui était déjà derrière l’« Irréversible » de Gaspar Noé (qui avait fait scandale à Cannes en 2002) et a fait beaucoup de bruit l’an dernier au marché du film cannois. Le DVD n’offre malheureusement pas d’autre bonus que la bande-annonce du métrage. Une interview du réalisateur nous expliquant ses motivations quant à son choix de réaliser un film si singulier au parti pris extrême et des entretiens avec les deux actrices principales n’auraient pourtant pas étés de trop.

photo 11=Mylène Jampanoï est Lucie, une jeune fille au passé pour le moins douloureux

. Mauvais
* Passable
** Pas mal
*** Bon
**** Très bon
***** Excellent

Bons films !

Jean-Philippe Thiriart
jeanphi111@yahoo.com
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  • 03= Cette famille c est la votre
  • 04=Deborah Francois toujours aussi petillante
  • 05=Le Quebecois Marc-Andre Grondin est Raph
  • 06=Fabrice Adde et Bouli Lanners
  • 07
  • 08
  • 09
  • 10, Dix bonnes raisons de voir Martyrs
  • 11, Mylene Jampanoi est Lucie
  • 01
  • 02=Le premier jour du reste de ta vie
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