Texte 8 avril 2010 concours de dictées 2009-2010

C'est le printemps.

Sur la place du village, ils sont tous fiers d’avoir pu maintenir en si bon état leur vieux lavoir-fontaine. Il rappelle aux anciens le dur labeur des lessives d’antan.
Aujourd’hui, les ménagères aux belles mains soignées écoutent religieusement le doux roulement du tambour de leur machine à laver qui tourne sans jamais se fatiguer de cette bataille perpétuelle contre la saleté. (……)
Chaque printemps, les femmes du syndicat d’initiative suspendent des surfinias mauves et blancs le long de la charpente du petit toit du lavoir tandis que les hommes se chargent de l’entretien du bassin de pierre. Ils ne sont plus trop surpris de ce qu’ils peuvent y trouver : canettes de sodas, pièces de monnaie, cailloux, gadgets en plastique …
Pendant que les adultes sont occupés, les enfants leur tournent autour et sèment la zizanie.
Il faut que ça éclabousse, que ça mouille ! Les enfants, c’est connu, sont encore capables de trouver au plus profond d’eux-mêmes cette proximité joyeuse avec l’eau. Eux, les vieux, ils sont devenus secs, leurs os craquent et leurs rhumatismes se gardent à distance de l’élément liquide. (…)

Extrait d’une nouvelle de Christine Van Acker publiée dans La Libre du 31 mars 2010