De Wever : anachorète ou cénobite ? Numquam minus solus quam cum solus...

De Wever De Wever dit encore NON le 7 juillet 2011 De Wever

Numquam minus solus quam cum solus sum (conférence de presse du 7 juillet 2011)
Celui que d’aucuns considèrent comme l’ennemi des Wallons ne crache jamais sur l’occasion d’un bon mot en latin, la langue originelle des francophones.
Ce faisant, il est le plus grand prosélyte de la cause de La Deffence et Illustration de la langue morte qui donnera naissance à toutes les langues romanes.

C’est à un retour d’exil volontaire que Cicéron (en -81) jeta cette phrase en pâtée à notre culture, et à notre spiritualité.
Jamais je ne suis moins seul que quand je suis seul (Edith Piaf chantera que c’est dans la foule qu’on se sent le plus seul).

Cicéron s’adressait volontiers aux adolescents dans ses exordes, à cette période.
Par exemple, tous les latinistes sur les bancs de l’école ont traduit celle-ci: « S’il en est qui se laissent guider par les plaisirs et se sont abandonnés aux séductions des vices et des passions, qu’ils renoncent aux honneurs, qu’ils ne touchent pas aux affaires publiques. Qu'ils se contentent de jouir, grâce au labeur d’hommes énergiques, de leur oisiveté» .

Ce Numquam minus solus quam cum solus , répété sans cesse par saint Ambroise, prit une place immense dans la spiritualité chrétienne.
Né à Trèves, lequel Ambroise, à la fin du IVe siècle, tira profit de la révolution d’un autre Trévire, Constantin, qui fit du christianisme la religion d’état de l’empire romain, dont il transporta la capitale … à Byzance. Rien que ça. Pas mal pour des gars de chez nous.

C’est de ce Numquam minus solus ... – le « slogan » de saint Ambroise – qu’est né le phénomène des anachorètes et des cénobites.
Les premiers, des « ermites intégraux », les seconds, vivant en petites communautés, prirent l’habitude de se retirer en Egypte. Et c’est dans leur retraite qu’ils trouvaient le Viatique, de quoi remplir leur musette pour poursuivre leur vie intérieure hors des pompes du monde.
La technique eut du succès et, soit dit en un honteux raccourci, ça a donné la vie monacale en Occident.

Ça a donné aussi la « mode » des retraites, qui ponctuaient naguère encore la vie de nombreux groupes (dans les écoles, les paroisses).
Dans certaines régions d’Europe où le catholicisme est demeuré traditionnel, comme en Bavière ou le nord de l’Italie, sont encore organisées avec succès des retraites pour les bourgmestres, ou les médecins, ou les chefs d’entreprises…
Il y a peu, L’Avenir d Luxembourg, propriété de l’évêque de Namur, annonçait encore régulièrement des retraites « pour les mamans de prêtres et religieux ». Qui pourrait encore réunir aujourd’hui chez nous « des mamans de prêtres et religieux » ? Autant créer un club Med pour les centenaires danseurs de tango…

Après cet excursus, revenons à nos moutons, au berger du plus grand troupeau du pays.
Plus je m'isole, plus mon énérgie se multiplie.
Ce serait anachronique d'aller plus loin: "mieux on m'isole, mieux je pétrole".
Plus le latin est concis, plus il peut dire.

René Dislaire

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