Festival 1 chanson peut en cacher UNE autre, chanson française à Stavelot

écrit par admin
le 28/10/2011
Yvan Tjolle monsieur y

« Ecoutez- Voir » : oreilles et yeux. Soirée d’ouverture au tout public ce vendredi 21 octobre, après la semaine musicale à l’attention des écoles de la région. Cette asbl qui existe depuis une vingtaine d’années entend prôner la chanson comme « art populaire par excellence, qui accompagne et rythme la vie des femmes et des hommes et révèle la condition humaine. Passant entre les mailles de la commercialisation, elle se veut provocatrice, initiatrice, révélatrice, tour à tour discrète ou flamboyante, toujours arborée comme un étendard. »
Petites tables fleuries et égayées de lumière : accueil convivial, presqu’amical dans la salle Prume de l’abbaye de Stavelot. Quelques mots de présentation par le responsable de l’association, Jean Lemaire, ouvrant la déjà 10 ième édition de ce festival devenu tradition :  « 1 chanson peut en cacher UNE autre… » et suivi d’une chanson de l’interprète Allain Leprest à qui est dédié ce festival. Une scène presque nue et la voix, seule présence de l’artiste décédé récemment. A l’affiche ce soir : monsieur Y et en seconde partie Wally. Ne cherchez pas dans vos souvenirs télévisuels leur frimousse et les échos de leurs vocalises : la particularité franche et audacieuse de ce festival est de convier des artisans de la chanson, souvent éloignés du monde médiatique et lui préférant l’intimité et la proximité avec le public. C’est dans la résonnance de cet hommage à Allain Leprest que se glissent les trois artistes composant le groupe monsieur Y : Yvan Tjolle pour les textes et au chant- Benoit Bosschaert à la guitare, Ukulélé, Glockenspiel, Accordéon- Sébastien Taminiau au violon et à la contrebasse. Les composition et arrangements sont de Stéphane Orlando.
C’est tout en douceur et suspension que s’amorce ce spectacle aux allures décalées et poétiques. Car plus qu’un concert il s’agit bien d’un véritable moment de spectacle honorant l’instant présent, le partage et un univers à l’imaginaire s’étirant entre Tim Burton et René Magritte. C’est un « petit » monsieur à la redingote de silhouette belge( !) qui susurre son amour du moment, qui nous distille les confidences de sa vie : son anniversaire, les disputes de la tante Francine réfugiée dans sa machine à laver pour échapper aux assauts de l’oncle Gaston, sa rencontre d’une jeune femme mystérieuse qui l’attire dans les fourrés, superposant leurs ébats aux encouragements criards de supporters de football, l’évaporation de cette même jeune femme lorsqu’il lui demande son prénom après quelques rêves de demain…et là je suspends le fil de l’histoire, vous laissant l’occasion quand vous rencontrerez monsieur Y (on rencontre tous un monsieur Y dans sa vie !) d’entendre- voir comment elle finit cette histoire d’amour. Une comi-tragédie donc, en chansons bien sûr et avec les nombreux instruments auxquels s’unissent les deux musiciens. Une voix pleine de tendresse et d’accélérations de folie, de forces multiples et d’inventions (comme les gargarismes de la noyade de la tante Francine dans son lave- linge !) Il m’a semblé être plongée au beau milieu d’atmosphères de dés-ordre climatique et humain : nuit de brouillard et ombres des ruelles d’un petit port, éclat de lumière du chemin d’une rencontre…Un beau travail de créations lumière aussi. Et oui il est juste et beau de terminer en jetant coup d’œil et d’oreille par-dessus l’épaule de cette soirée et de réentendre au final du spectacle ses premiers mots chantés en ouverture : « J’aime ce moment », une boucle grandement menée.
(à consulter pour ensuite découvrir : www.myspace.com/monsieurymusic)
Le temps de reprendre un verre pour se ré-attabler. Cette fois, un homme seul, qui tient à sa guitare (et elle à lui tant il sait la faire jouer de tous ses doigts et son corps alerte) : Wally, un chanteur venu du sud de la France, de l’Aveyron plus précisément. « Je suis un chanteur un musicien multi-instrumentiste un humoriste un plasticien un vidéaste un spécialiste de chansons courtes l’inventeur du fameux t-shirt où y’a rien marqué dessus du paillasson à poils inusables ». Voilà les présentations faites d’un seul souffle et durant cette heure sous nos oreilles et nos yeux, Wally va jongler avec toutes ses casquettes (c’est vraiment vrai : il est tout cela à la fois !). L’artiste réinvente le genre du music-hall, dans une forme moderne. Il ne cesse d’inventer et de pétiller sur scène comme si ses pieds galopaient son imaginaire. Il respire la bonhommie mais c’est un humour corrosif et décapant que sa guitare accompagne. Voix parlée, voix chantée, tours de mains avec des objets de son invention qui dé-montrent son efficacité et son bon sens ; là c’est le registre du plasticien Wally « L’art content pour rien. » C’est toute une panoplie qu’il maîtrise et partage avec son public, le questionnant, le titillant, l’invitant à participer. Un savoureux moment de lecture à la voix théâtrale et déclamée du courrier des lecteurs, et des chansons courtes comme : «…bien que le premier mai il soit plus facile de trouver du muguet que du travail » !
(www.wally.com.fr)
Une salle peu nombreuse mais la voilà multipliée de présence et de chaleur par cette programmation du soir : monsieur Y et Wally. Des applaudissements nourris et généreux… à tel point que je dois me retourner pensant que la salle est bondée de monde !
Marie- Laure V.

  • Yvan Tjolle monsieur y
  • Benoit Bosschaert
  • Sebastien Taminiau
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