Houffalize: portrait de femmes, un premier avril...

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Voici une photo souriante de responsables du club des 3x20 de Houffalize, lors du vernissage d’un livre sur les Mémoires de cette petite ville.
Et comme ça se passait le premier avril, nous avons essayé de rédiger des commentaires assortis.
Découvrez donc les héroïnes, de gauche à droite.

Madeleine Flammang
La monture des lunettes de Madeleine Flammang coûte un euro chez Pearle à condition de les acheter avec une copine qui paye les siennes au prix plein, c’est-à-dire la peau d’Ephèse. Leur couleur est assortie à ses cheveux raisin clair de Corinthe.
Tout aussi corinthien est son chemisier col bénitier froufroutant avec cravate aux longs pans en ornement dont le nœud est croisé reine de Saba.
La mousseline vaporeuse en soie noble à maille fluide est relevée par un drapé comme celui d’Elizabeth Taylor jouant Cléopâtre. La position horizontale des avant-bras dénudés non croisés sous des manches papillon renforce l’impression donnée de planer sur un nuage, façon Plastic Bertrand son idole.
La taille est légèrement cintrée par de l’élastomère made in dignity.
L’accessoire assorti a été fourni par Coca-Cola S.A. au capital de 115 milliards de dollars, Atlanta, Géorgie (USA).

Jeanine Knoden
Jeanine chausse les lunettes de l’Homme invisible, film de James Whale tourné en noir et blanc en 1933.
Son top couleur des Oiseaux d’Hitchcock monte en cheminée indémodable John Cockerill, référence à celle de la machine à vapeur de la liaison Malines-Bruxelles au XIXe siècle. Ce qui n’a rien à voir avec les fringues cousues en Chine de la collection Diesel que portent certaines femmes mûres pour faire jeune.
Elle arbore une imitation du collier de l’amie de Sylvester Stallone dans le film « Le cobra », de George Pan Ciosmatos. Pressée pour dresser le buffet à l’heure, elle a oublié d’y enfiler la croix pectorale bénite par Mgr Léonard à la fête de la dédicace de St-Aubain en 1999, année de l’éclipse totale (du soleil).
Son ensemble, sans arabesque aucune ni autre motif politiquement non correct, indique sa conviction profonde selon laquelle black is beautifull. D’ailleurs, elle tient solidement son verre d’un poing serré façon Black Panthers aux Jeux Olympiques de Mexico.
La couleur de sa silhouette est la reproduction fidèle de celle de la Mercedes 45PS Torpédo dont la plaque minéralogique porte le chiffre1.
Elle tranche tout en harmonie avec les dessus de ses deux voisines.
C’est-à-dire le pull de René Grosjean cendré lave refroidie volcan d’Auvergne et le chemisier de Madeleine, en nuance ardoise du Népal aux reflets de l’étiquette des bouteilles d’Orval, inspirée du plus gros joyau de la reine d’Angleterre.

Renée Grosjean indique en tenant son verre qu’il n’y a chez elle jamais loin de la coupe aux lèvres.
Son tricot fait main avec des aiguilles numéro 5 est à manches demi-longueur en raison de l’état du stock qui restait chez Nénette de la route de Bastogne quand elle a procédé à la liquidation totale de ses Bergère du Nord (si elle avait employé des aiguilles numéro 4, les manches seraient longues). Cela est invisible, mais la laine filée a été traitée anti-boulochage dans un bain à 5 onces d’alun.
Les poignets aristocratiques de son chemisier en tissu italien haut de gamme 100% coton d’Egypte pallient avec bonheur l’effet de pénurie de son lainage.
Le secret de l’ondulation de ses cheveux tient en un Babyliss que lui a vendu Gérard Mathurin en lui garantissant qu’il pouvait aussi rôtir des merguez.

Guilaine Roblet. Eu égard à son statut de présidente de l’association provinciale des seniors, nous sommes tenus à une certaine réserve.
Son tailleur pantalon habille ce pour quoi Coco Chanel s’est battue. Il a la couleur de la volonté.
C’est elle qui ouvrit le feu des discours.
Sans micro. Et sans papier.
Il se dit qu’elle entretient une correspondance avec Nana Mouskouri, depuis qu’elle a entendu L’enfant au tambour. C’est à n’en pas douter, à voir ses lunettes.
De la tête aux pieds elle a le chic d’une femme de pouvoir. Libre et indépendante. Avec un sourire Renaissance florentine.

René Dislaire


Lien vers notre reportage complet en 64 photos

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*sur le livre: Mémoires de Houffalize
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