Brigitte Bardot, le maillot et les morpions

Un gros plan de morpion, le de cujus Je n'ai peur de personne, en Harley Davidson

Brigitte Bardot ! SOS !
C’est ainsi que commence et se termine le message adressé par le secrétariat général de l’OMS, l’Organisation des Morpions Sénégalais, réunis en session extraordinaire ce week-end à Dakar.
Ce SOS est la réaction des morpions, appelés aussi morbaques, au cri d’alarme lancé par l’entomologiste britannique Ian F. Burgess qui prédit une "catastrophe écologique" : cette espèce est en voie de disparition, et par conséquent la biodiversité est une fois de plus gravement menacée.

Ça chatouille ou ça gratouille ?
L’affaire est à la fois légère et grave.
Le seul habitat des morpions, c’est les poils pubiens, où ils se nourrissent en suçant le sang, ce qui provoque des démangeaisons – ça chatouille- et pire, du prurit - ça gratouille. Ils passent d’hôte en hôte lors de rapports sexuels.
Et cet habitat, tous pubis confondus, se réduit chaque jour de plusieurs terrains de football , l'étalon en matière de déforestation et de dégazonnage.

L’épilation du maillot est responsable
La mode de l’épilation totale, du ticket de métro ou du maillot brésilien (des poils chouchoutés et entretenus à la loupe tous les jours), soutenue par le lobby mondial des fabricants d’épilateurs électriques ou de cire Veet et consorts, a fortement réduit et appauvri tous les endroits à coloniser.

Les morpions, on s’en fout. De quel droit ?
Tout le monde s’en fout, de la future disparition universelle de ces bébêtes.sauf le professeur Burgess,
En a-t-on le droit ?
Le principe de l’intégrité de la biodiversité ne commande-t-il pas qu’elles soient sauvegardées ? Moins pour le plus grand bonheur de nos enfants, comme dirait le slogan simpliste d’usage dans ces cas-là que, plus sérieusement, au nom d’un principe, de l’équilibre où chaque espèce vivante a sa place. On sait que la disparition de l’une d’elles peut entraîner des effets dommageables irréversibles inattendus.

Jusqu’où peut-on aller ?
Se féliciter de la disparition des morpions, oui. Et des poux ? Et des scorpions ? Et des guêpes ? Et des rats ? Et des loups ? Plus on entre dans le cercle des anthropomorphes, plus on peut hésiter. Faut-il souhaiter la disparition des veuves noires ? Et de toutes les veuves ? Et de vous et moi ?
- Il faut que tout le monde vive, dit un héros de Montherlant.
- Je n’en vois pas l’utilité, répond le protagoniste du roman, qui exprimait dit-on l’opinion du maître de l'aphorisme.

Et les motocyclistes ?
La catégorie la plus menacée est celle des morpions motocyclistes, qui courent plusieurs dangers à la fois. Ils doivent donc s’attendre à une réglementation de plus en plus rigoureuse pour obtenir leur permis de conduire.
Ah ! Les fameux morpions motocyclistes !
Chantera-t-on un jour, pour eux tous, le De Profundis morpionibus?
Quand on connaît l’amour que porte Brigitte Baardot porte à la moto, du moins à la Harley Davidson , et forcément à leurs adeptes, on sait qu’elle se battra pour eux.
La Madrague au secours des morbaques…

René Dislaire