Hommage au dessinateur de bande dessinée Didier Comès

Didier Comes

L'auteur belge de bandes dessinées, de son vrai nom Dieter Herman Comès, est né d'une mère francophone et d'un père germanophone à Sourbrodt le 11 décembre 1942.
Il nous a quitté ce jeudi 7 mars 2013, laissant derrière lui 10 albums, sortis de 1974 à 2006.
L'artiste doit très certainement son succès à l'album 'Silence', publié en 1980 et primé au festival d'Angoulême un an plus tard, par lequel ses dessins en noir et blanc sans texte ont révolutionné la bande dessinée en laissant place à l'imagination du lecteur.
L'artiste avait été mis à l'honneur Musée des beaux-arts de Liège en septembre 2012 lors d'une exposition de 250 planches originales présentées au public.

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Lien vidéo expo LIEGE
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L'Ombre du corbeau de Didier Comès chez Casterman
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Didier Comès a rejoint Silence

Didier Comès s’est éteint ce mercredi 6 mars 2013, à l’âge de 71 ans.

L’importance de son œuvre, son apport à l’histoire de la Bande Dessinée venait d’être célébrés à l’occasion de deux importantes expositions rétrospectives « A l’ombre du Silence » au BAL à Liège en mai 2012 et à Angoulême en janvier 2013 dans le cadre du 40ème Festival de la Bande Dessinée.

Didier Comès naît pendant la deuxième Guerre mondiale à Sourbrodt, petit village germanophone du sud-est de la Belgique. Il y fréquentera les dessinateurs de la région : Hausman, Deliège, Macherot et quelques autres.
Dessinateur industriel dans une première vie, Comès s’intéresse à la fois à la Bande Dessinée et à la musique. Percussionniste de jazz semi-professionnel, il se lance dans la Bande Dessinée en 1969, pour le compte du « Soir Jeunesse ». Suivront l’édition belge de « Pilote » et le journal de « Spirou », pour de courts récits en compagnie de Paul Deliège.
C’est en 1973 que Comès entreprend son premier long récit en couleurs, Le Dieu vivant, une aventure d’Ergün L’Errant. Paru en 76-77 dans Tintin, L’ombre du corbeau dévoile déjà l’univers futur de l’auteur. Délaissant l’humour et la caricature, il propose un récit onirique et fantastique en choisissant pour héros un soldat allemand dans les tranchées de 14-18.
Dès 1979, il publie dans le magazine « A Suivre » ce qui sera son plus grand succès, Silence. Ce livre lui vaudra la reconnaissance critique et publique. Comès y délaisse la couleur, approchant désormais le dessin à travers les masses du noir et du blanc, dans la plus pure filiation d’un Milton Caniff et en osmose avec son ami Hugo Pratt.
Suivent La Belette (81-82), Eva, huis-clos fantastique paru en 85, L’Arbre-Coeur (88), Iris (91), La Maison où rêvent les arbres (94), Les Larmes du tigre (2000) et Dix de Der (2006), où Comès revient sur un thème qui lui tient à coeur : la guerre – la Seconde. A travers une oeuvre dominée par le noir et blanc et par des thématiques où coexistent le fantastique, le paganisme et la philosophie, Comès s’est imposé comme l’un des plus grands auteurs de bande dessinée belge de l’après-guerre.

C’est avant tout un ami avec lequel je n’ai jamais cessé de parler de ce métier, de la façon de raconter des histoires, de l’exigence du dessin, du noir et blanc mais aussi de nos inquiétudes et de nos rêves.
L’isolement qu’il a choisi dans ses Ardennes natales lui donne un regard si particulier, une telle authenticité sur le monde, une vraie profondeur qui fait du bien.
Je reste toujours ébloui devant la beauté de ses planches, la façon dont il traduit le mystère des forêts qui l’entourent. Il travaille le végétal comme un orfèvre ou un artiste japonais. Il donne à chaque arbre une âme, une vie intérieure qui transcendent ses histoires. Il a su travailler le mouvement des cadres et des plans comme un musicien, avec le sens rythmique du batteur qu’il a été.
Dernièrement, alors que je l’interrogeais sur la façon dont il arrivait à des noirs aussi profonds et aussi parfaits dans ses planches, il me disait avec un sourire en coin qu’il accumulait ses vieilles bouteilles d’encre comme ses bons crus. Avec le temps, leur densité lui permettait d’obtenir cette profondeur. Ce souci de perfection révélait ses qualités de grand artisan, de maître incontestable du noir et blanc.
J’ai rarement rencontré quelqu’un d’aussi cohérent par rapport à son œuvre. Il a vraiment tout donné dans ses livres. Il représente pour moi un point de repère autant humain qu’artistique.
François Schuiten

Bibliographie de Comès :

Virtuose du noir et blanc, il a signé une dizaine de livres, tous parus chez Casterman.

• Le Dieu vivant
• Le Maître des ténèbres
• L’Ombre du Corbeau
• Silence
• La Belette
• Eva
• L’Arbre-Coeur
• Iris
• La Maison où rêvent les arbres
• Les Larmes du tigre
• Dix de der