Incendie au Grand Marché de Lomé

écrit par ReneDislaire
le 13/01/2013
Le batiment, et tous les deblais le long de la rue

De notre correspondance particulière ardenneweb au Togo
Hier 12 janvier, de nuit, un immense incendie s’est déclaré au Grand Marché, à Lomé, la capitale du Togo.
Ce grand marché, au quartier Adawlato, non loin de l’hôtel Palm Beach et de l'évêché, un des plus denses de l’ouest de l’Afrique, est une fourmilière on ne peut plus grouillante chaque jour de l’année.
On ne déplore heureusement aucune victime, les lieux étant relativement déserts quand le sinistre s’est déclenché.
Les nanas-bentz touchées
Construit à l'époque de l'indépendance, le grand bâtiment qui a été ravagé abritait des produits manufacturés notamment de tissage, et du stockage de pagnes, les tissus vivement colorés que portent les Africaines.
Le Grand Marché de Lomé approvisionne en pagnes non seulement le Togo, mais les pays voisins: le Bénin, le Ghana, et le Burkina Faso. La zone de chalandise s'étend à toute l'Afrique de l'ouest et jusqu'en Afrique centrale.
C'est le quartier général des fameuses "nanas-benz", marchandes de pagnes haut de gamme en tissu hollandais Wax. Leur surnom vient de ce que, à leur époque de gloire dans les années 70 et 80, les plus fortunées s'affichaient fièrement en luxueuses Mercedes Bentz.
Le bâtiment était aussi le centre de ralliement des petites vendeuses qui déambulent ensuite dans toutes les rues de la capitale togolaise, portant leur marchandise sur le haut de leurs têtes.
Une richesse immatérielle
Le Grand Marché de Lomé est présenté comme une attraction à visiter aux rares touristes qui se rendent à Lomé.
Avec un genre spécifique, il pourrait être comparé à d’autres grands marchés africains y compris les souks de Tunis ou d’Alger, qui ont revendiqué et obtenu une reconnaissance au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Il s’agit d’une richesse immatérielle, un lieu de rencontres et d'échanges spécifique propre à l"Afrique de l'ouest, outre le rôle économique majeur qu’il occupe pour desservir une agglomération de plus d’un million d’habitants, où le petit artisanat est la règle.
Des équipements d'intervention inadaptés
Les pompiers n’ont pas pu faire autre chose que de circonscrire le sinistre, leurs moyens ne permettant pas de s’attaquer à son foyer.
Ils ont d'ailleurs été conspués par la foule, moins pour un manque de bravoure ou d'organisation qu'en raison de l'inadaptation de leur matériel face à un sinistre de cette importance. On frémit à l’idée d’un tel événement en plein jour, lorsque l’intérieur du marché serait rendu inaccessible aux véhicules de secours par la concentration des marchands, installés parfois de manière anarchique, et par la multitude des chalands. Dans ces circonstances, non seulement les flammes et les gaz toxiques, mais les effets de panique dans une foule innombrable et confuse peuvent provoquer des catastrophes de grande ampleur.
Pourtant, ce type d'incendie est et demeure du domaine du possible. De nombreuses leçons seront à tirer de ce samedi noir.
Le drame de pertes de vies humaines a été évité, mais de nombreuses personnes de condition sociale très modeste vont être économiquement durement touchées. Et il reste à reconstruire.

René Dislaire

  • Le batiment, et tous les deblais le long de la rue
  • Le batiment, et tous les deblais le long de la rue
  • Les pompiers, relativement impuissants, sur leur engin
  • Le public des curieux, maintenus a distance par les forces de l'ordre
  • Effondrement de la toiture
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