C’est une longue lettre, au contenu très fort. Elle vous est adressée à vous, citoyens.

Collectif des inspecteurs laureats Collectif des inspecteurs laureats Collectif des inspecteurs laureats Collectif des inspecteurs laureats Collectif des inspecteurs laureats

Elle est signée par le Collectif des inspecteurs lauréats.

Ces derniers y accusent les politiques et les syndicats de copinage, de manque de courage, d’amateurisme. Ils accusent également les inspecteurs ayant raté leur examen d’avoir dévoyé l’épreuve, au mépris du système éducatif.

En mai 2013, le Selor avait organisé un examen de présélection pour des postes d’inspecteurs dans l’enseignement. Certains candidats, qui étaient déjà inspecteurs, avaient raté l’épreuve...et devaient donc quitter leur poste.

Certains d’entre eux n’ont pas accepté cette décision et ont multiplié les recours contre les résultats de cet examen. Le Conseil d’État leur a donné raison. Du coup, les lauréats, qui avaient commencé un stage en septembre...ne peuvent plus être inspecteurs.Plus d’un an plus tard, la situation est toujours au point mort.

Le Collectif des lauréats du concours en a donc ras-le-bol «de ne pas être reconnus et respectés!» et «sélectionné sur des bases objectives» alors que l’enseignement a été déclaré comme priorité dans le Plan Marshall 2022.
Dans une «dernière tentative», le Collectif, qui dit vouloir alerter l’opinion publique, vient de diffuser une lettre au ton comminatoire. En voici la majeure partie...

  • «Comment croire au redressement de notre Fédération sans un enseignement solide? Et un de ses acteurs, c’est le Service général de l’Inspection! Oh bien sûr, il a beaucoup changé. Ce n’est plus un organisme de contrôle pur et dur, mais bien un élément essentiel du pilotage de notre système éducatif. Comment concevoir des réformes sans retour du terrain? Comment analyser l’impact des décisions prises sans en mesurer les effets dans les classes? Comment faire tout cela sans un regard bienveillant, mais objectif sur les pratiques de classe? Or, chers concitoyens, on vous refuse d’avoir des inspecteurs sélectionnés sur des bases objectives.»
  • «Nous accusons les politiques»

    «Nous accusons les politiques d’avoir laissé perdurer depuis plus de 10 ans un système de désignation politique hors de tout contrôle démocratique basé sur le copinage. En effet, il est moins important aux yeux de nos décideurs d’avoir pu prouver quelque chose que d’être l’ami d’un député, posséder la carte du bon parti au bon moment. Notre belle Constitution ne garantit-elle pas des chances d’accès égal à tous les citoyens de ce pays?

    Nous accusons ces mêmes politiques de faire montre de peu de courage pour se sortir d’une telle situation, car un arrêt du Conseil d’État, aussi noble est cette institution, peut-il paralyser un gouvernement dans son ensemble et aller à l’encontre de la volonté des élus du peuple? Nous comprenons très bien, même si à titre personnel nous le regrettons, que revenir à la situation d’avant cet arrêté est difficile, mais est-ce pour autant une raison pour trahir des personnes ayant juste commis l’erreur d’avoir fait confiance en l’Institution de la Fédération Wallonie-Bruxelles? Mais non, il est beaucoup plus intéressant de se poser en victime et de ne rien faire. Quel bel exemple!»

    «Nous accusons certains inspecteurs»

    «Nous accusons certains Inspecteurs faisant fonction ayant raté l’examen de jouer la montre, et de refuser systématiquement toute forme d’évaluation, sauf «entre amis». Ils nous ont accusés d’amateurisme, d’inexpérience... L’étaient-ils, expérimentés, lorsqu’ils ont été désignés par «le fait du Prince?» Sur quoi reposent tant de morgue et d’arrogance? La certitude que tout leur est permis, d’appartenir à une caste? Comment comprendre les menaces, insultes et mise en scène médiatique? Tout cela sans aucune sanction. Des gens sont même allés jusqu’à proférer des menaces sur l’intégrité physique de personnes. Quelle belle image! Nous avons encore en tête la réflexion d’un ministre: «les inspecteurs sont le corps d’élite de l’enseignement». Cela devrait l’être, effectivement.

    Quelle tristesse, quelle bassesse, quel manque d’intérêt et de commisération pour les enfants, quel exemple pour la jeunesse!
    Nous les accusons également d’avoir dévoyé ce qu’était cette épreuve en la travestissant: comment oser se plaindre qu’elle n’était pas en rapport direct avec le métier? Ne comprennent-ils pas le sens d’épreuve de sélection? Ce n’était pas un examen du meilleur inspecteur, mais bien une sélection devant jauger les capacités des candidats à acquérir les compétences attendues d’un inspecteur. Faire autrement aurait avantagé ceux déjà en fonction. Demande-t-on aux étudiants candidats en médecine de participer à une épreuve de sélection en leur demandant de prouver qu’ils sont de bons médecins? Et de le faire en concurrence avec des personnes ayant déjà exercé? Cela aurait été à l’encontre de la liberté d’accès aux emplois publics.

    Nous les accusons enfin de participer grandement à la judiciarisation de notre société, à l’instar de la société américaine. Qui contestera à l’avenir le droit des parents de remettre en cause n’importe quel examen sur base du fait que son enfant n’a pas été évalué sur TOUTES les compétences attendues? Un examen n’est par définition jamais exhaustif... encore moins des examens oraux par exemple. Manque de chance, c’est justement ce sur quoi ils n’ont pas été interrogés qu’ils étaient bons!»

    «Nous accusons les syndicats»

    «Nous accusons les syndicats d’avoir participé à l’élaboration du processus amenant cette épreuve SELOR, d’en avoir accepté le principe et les modalités, d’avoir participé au jury nous désignant comme légitimes lauréats pour ensuite payer des avocats à des personnes ayant échoué... S’il est évident que le devoir d’une organisation syndicale est d’apporter aide et soutien à l’ensemble de ses membres, comment peut-on se renier à ce point? Défendre d’accord! Mais pas l’indéfendable. En signant le procès-verbal du jury, les syndicats ont participé à cette situation. Il est trop facile aujourd’hui de se défiler en accusant la seule Fédération Wallonie-Bruxelles.»

    «Nous accusons l’ensemble des acteurs»

    «Nous accusons également l’ensemble des acteurs ayant joué dans cette mauvaise pièce de nous avoir causé un préjudice moral certain, qui, nous le rappelons, dure depuis le 12 août et le premier retrait de nos désignations, mais également à nos familles, nos collègues, nos amis, les personnes qui nous avaient remplacés et s’étaient investies, aux inspecteurs nommés ainsi que les faisant fonction ayant eux réussi l’épreuve, aux enseignants qui ont perdu confiance dans une des plus hautes valeurs à leurs yeux: l’équité dans l’évaluation. Nous n’oublions pas les familles et élèves de l’ensemble des établissements tous réseaux et tous niveaux confondus. D’ailleurs, certains d’entre nous ont entamé une action au civil qui pour coûtera plusieurs centaines de milliers d’euros à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Et une fois de plus il n’y aurait aucun responsable?

    À l’heure où nous venons d’apprendre que le Conseil d’État a rendu sa position quant à la solution proposée par le Gouvernement en janvier qui consiste en un nouvel examen qui devait tenir compte des résultats de mai 2013, et que finalement le principe du nouvel examen est accepté, mais sans tenir compte de nos résultats, nous rappelons que nous n’accepterons jamais d’être purement et simplement effacés du paysage, car nous, nous avions confiance en l’Autorité! Qui aura la confiance suffisante pour s’inscrire à cette énième tentative?»

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    Echec et … gagne : L’école a perdu.

    Coupables d’avoir réussi !

    Nous, collectif des inspecteurs lauréats, nous excusons :
    - d’avoir participé à une épreuve conditionnant l’accès à la fonction d’inspecteur de l’enseignement,
    - de remplir les conditions d’accès à cette qualité (en règle de titres, de fonction et d'ancienneté),
    - d’avoir réussi toutes les épreuves éliminatoires, épreuves complexes et pertinentes résultant d’un long et coûteux travail de Madame la Ministre de l’enseignement obligatoire et de promotion sociale, de son administration, de l’ensemble du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, des syndicats et des fédérations des pouvoirs organisateurs, et réalisées via le SELOR, un opérateur public et neutre, reconnu pour son expertise en matière de recrutement pour la fonction publique,
    - d’avoir été légitimement admis à deux reprises au Service Général de l’Inspection,
    - d’avoir intégré ce service sans aucun levier d’influence suite à une épreuve objective : une première pour l’inspection !
    - d’être restés dignes, discrets, solidaires, respectueux de notre devoir de réserve, malgré les attaques et insultes,
    - d’enfin faire entendre la voix de ceux qui ont réussi et qui sont dans leur droit.

    Victimes du succès !

    Très affectés moralement, niés dans nos compétences, dénigrés par certains de nos prédécesseurs, vivant dans l’angoisse depuis plusieurs mois,
    sabotés professionnellement, ayant refusé d’autres fonctions suite à notre réussite, remplacés dans nos emplois d’origine, perdant le bénéfice de nos mutations, nos fonctions de direction ou détachements, de retour dans nos écoles perturbant à nouveau les élèves et la stabilité des équipes éducatives, frustrés par le temps et l'énergie investis dans la préparation de l'épreuve, nous sommes indignés !

    Il est intellectuellement inacceptable que la volonté honorable de dépolitisation de la fonction, gage de bonne gouvernance, soit ainsi balayée et piétinée, ramenant ainsi l’inspection à un système de privilèges et de pistons…

    Juridisme contre légitimité

    Quel crédit accorder aux inspecteurs ayant échoué à l’épreuve mais réintégrant leur fonction par une « pirouette juridique » au détriment de ceux qui ont réussi ?

    Quel message envoie-t-on aux élèves ? A la société ? Quelle image l’Ecole véhicule-t-elle encore … ?

    Doit-on légitimer la contestation systématique comme mode de fonctionnement ?

    Cette situation est un signal catastrophique envoyé au monde de l'enseignement.

    Nous, la centaine de lauréats-inspecteurs lésés, exigeons avec la force de nos convictions :

    - le maintien des résultats de l'examen du SELOR et du classement qui en découle,
    - l’admission au stage au sein du Service Général de l’Inspection,
    - le gel du cumul d’ancienneté de fonction pour les inspecteurs ayant échoué mais réintégrés, que soient exclusivement en fonction des inspecteurs remplissant les conditions requises.

    Pour qu’enfin triomphe la démocratie sur la loi du piston.

    Nous demandons au monde politique de tout mettre en œuvre pour maintenir la ligne de conduite honorable qu’il s’était unanimement fixée, la reconnaissance de notre réussite et des préjudices graves que nous cause cette situation aberrante.

    Nous souhaitons rétablir auprès de l’opinion publique une image professionnelle, sérieuse et crédible de l’Inspection scolaire et affirmer notre souci constant de garantir un enseignement de qualité au service de chaque enfant, tous âges et tous réseaux confondus.

    Le collectif des inspecteurs lauréats.

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    VOIR LES AUTRES ARTICLES DE JFK

    Jeanne-Françoise Kreutz (Voir mon site)

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