Exposition au Triangle Bleu de Stavelot

écrit par admin
le 06/07/2014
Exposition au Triangle Bleu de Stavelot: Le-chancre-de-Anthony-Duchene

Sensus :
Jusqu’au 27 juillet 2014, une exposition regroupe les artistes Jacques Charlier, Anthony Duchêne, Baudoin Oosterlynck, Stéphanie Roland et Rémi Tamburini : Sensus. Sens en éveil dans l'espace de La galerie Triangle Bleu de Stavelot! Pour des sensations olfactives, gustatives et artistiques chez Anthony Duchêne, artiste résidant à Marseille qui nous ouvre l’appétit dès l’entrée. Cela goûte cela hume fume, cela salive et rebondit de gloutonnerie avec beaucoup d'humour!
Comme sur ce dessin, au crayon, encre et gouache, un paysage montagneux figure le monde et en ses divers sommets, comme un appel, les fumets lancent les signaux des repas préparés aux quatre coins-toits du monde. Au menu, suivez la légende : dinde rôtie, deux pneus brûlés au guide Michelin ; pets de nonnes fourrés façon écclésiastique,… !
Autre légende, autre narration : une oeuvre singulière réalisée pour Sensus : le Chancre.
Un bonhomme au rond bedon, arbre glouton et monté sur échasses, s' apprête à s' empiffrer et à se faire péter la ceinture-qui glisse sur son corps de bois. Sur ses branches sont retenus des oiseaux-vessies de boeuf- dressés pour pêcher proies et futures vivres : homard, poisson...faisant référence à l’avide pêche au cormoran. Haut perchée et sous une serviette blanche, une autre espèce, protégée : l'ortolan, se déguste, voilant sa face et son plaisir dévorant, dévoilant l'interdit de sa capture. Le Chancre ou l’homme s’empiffrant au détriment des espèces, l’artiste n’a pas sa langue en poche, la voilà même tirée à bout de branche-sortie d’une vessie-oiseau- « Je ne donnerai pas mon corps à la science »-comme certains cligneraient de l’œil, ou élèveraient la voix. L’artiste nous emmène dans une expérience sensitive où réflexion, poésie et humour intensifient les contours son œuvre, d’une grande précision et d’un puissant achèvement.

Autre pièce exceptionnelle : "Kopi Macac, café des singes" nous conte une histoire birmane : là-bas, ce petit singe aime manger le fruit du café, la cerise, mais ne pouvant croquer le grain, il l'avale en entier. Les grains traversent alors le système digestif et les indigènes les recueillent dans les excréments du macaque, puis les lavent et les envoient aux torréfacteurs. Un café à la saveur exceptionnelle et le plus cher au monde... confectionné par les bons soins(!)du petit macaque! C'est donc un artiste fin gourmet qui décline la thématique de la dégustation en nous invitant à goûter et sourire de ses farces artistiques. Des petits présentoirs de moules anciens et pâtes de sel sont inspirés d'une résidence que l’artiste a suivie chez un chef étoilé de France, Marc Meneau. Hybridations, rapprochements-combinaisons des animaux et végétaux et raccourcis facétieux des processus organiques à l’ouvrage dans la nature et au sein de l’être humain nous emmènent au coeur d'un univers de sensations et de drôleries gloutonnes, non dénué de sens sur notre friande consommation alimentaire.
Avec Stéphanie Roland, il s’agit d’ouvrir l’œil. Sensus, visuel. Comme avec cette photo de famille : un homme une femme et un enfant. La fixité de leur regard et de leur visage impassible font exister pour nous une invisible scène. Des chaises installées pour le public permettent de regarder et d'étirer le temps de pose de cette image filmée. Nous ne verrons rien de ce que les personnages fixent. "C'est toi qui te raconte l'histoire, ce n'est pas elle!" me souffle la galeriste. Elle nous propose d’être maître d’un univers au-delà du portrait et de ses apparences.
Elle, c'est l’artiste Stéphanie Roland, jeune femme belge de 29 ans.
Quittons le terrestre « ici et maintenant » dans la grande salle vitrée avec le face à face des artistes Jacques Charlier et Rémi Tamburini.
Autre temps, autre espace - Rémi Tamburini chausse les lunettes du futur et de la science fiction-qui selon lui deviendra la science elle-même tout simplement!-
L'artiste expose notamment deux sculptures murales : Solar pulsar qui évoque ce salut aux extra-terrestres envoyé par Pioneer : une plaque métallique embarquée par deux sondes spatiales à partir de 1972, sur laquelle figuraient un homme et une femme nus, et des symboles sur l'origine des sondes. Une sorte de bouteille à la mer interstellaire! La seconde sculpture convoque le système solaire et l’ensemble des planètes, le tout à l'échelle et d’une intense luminosité.
On attend les réactions de la Nasa puisque l’artiste, d'origine française, leur envoie ses projets.
Face à lui son aîné : Jacques Charlier, dans le miroir modulant d’une œuvre qu’il revisite à sa façon : celle de Lichtenstein, du pop art et des comics.
Pour ouvrir l’oreille il vous faudra, autre Sensus, grimper à l’étage et vous re-poser dans l’écoute expérimentale des dispositifs inventés par Baudoin Oosterlynck- qui a plus d’une fois peuplé la galerie de ses installations sonores.
Une fois de plus l’audace et la pertinence du Triangle Bleu à inviter plusieurs artistes dont les œuvres cohabitent dans l’espace et transcendent ainsi le cadre conventionnel…nous ravira !
Marie-Laure V.

  • Exposition au Triangle Bleu de Stavelot: Le-chancre-de-Anthony-Duchene
  • Exposition au Triangle Bleu de Stavelot- Clara-et-le-macaque
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