Frédéric Francois en concert au Wex de Marche en famenne le 7 decembre

écrit par admin
le 26/11/2014

Frédéric François, le chanteur d'amour de retour dans la région
Le dimanche 7 décembre, Frédéric François était de passage au Wex de Marche-en-Famenne pour la dernière date de sa tournée 2014.

Durant près de deux heures, le chanteur italo-belge originaire de la région liégeoise a ainsi ravi ses nombreux (et surtout nombreuses) fans ayant parfois fait plusieurs heures de trajet pour venir l'applaudir.

C'est donc une petite dizaine de minutes plus tard que nous avons eu l'occasion de rejoindre cet artiste au grand cœur dans sa loge, le temps d'une interview...

Lorsque tu enregistres ton premier disque en 1969, c'est sous le nom de Frédéric François. As-tu choisi ce nom de scène toi-même?

Dans les années 70, en pleine époque peace and love, j'habitais dans un quartier populaire et j'allais au conservatoire. A ce moment-là, on ne savait pas comment on allait déboucher pour faire un disque. Puis un jour, comme dans un conte de fées, une voiture rouge décapotable s'est arrêtée devant chez nous, dont est sorti un impresario. Il vint alors frapper à la porte et dit à mon père "j'ai entendu parler de votre fils, j'aimerais qu'il me mette des chansons sur une cassette, et si ça me plaît, je l'enregistre". Il est donc devenu mon manager et m'a demandé comment je m'appelais; je lui ai répondu Francesco Barracato, et il m'a dit qu'avec un nom comme ça, ce ne serait pas facile. Je lui ai alors répondu que je voulais garder mon prénom, mais que je voulais bien prendre un pseudonyme, et comme la mode était au double prénom, voilà comment est né Frédéric François.

Ta carrière a toujours été suivie en grande partie par la gente féminine…

Oui! Depuis le début, mon option était très simple: c'était de chanter des chansons d'amour. Parce que je pense que le thème de l'amour est un thème universel qui nous véhicule, car on fait tout par amour, et ce sont des chansons qui sont très proches de nous. De plus, mon père ne me chantait que des chansons d'amour, et comme je me suis calqué sur lui… Mais je pense qu'il n'y a pas que l'amour "je t'aime", "tu m'aimes"… Il y a l'amour universel, l'amour familial… Il y a mille façons de chanter l'amour, pour moi. D'ailleurs, toutes les chansons qui restent dans le monde sont toutes des grandes chansons d'amour.

Et justement, l'idée de changer de thème ne t'a-t-elle jamais traversé l'esprit?

Jamais, parce que je pense qu'aujourd'hui plus que jamais avec ce monde qui tourne à l'envers, les gens ont besoin de rêves, de bonheur, de points de repère dans leur vie. Pour moi, c'est une façon de ne jamais refermer le livre de notre vie, c'est-à-dire que rien ne meurt, rien ne disparaît. Ces souvenirs réapparaissent et font en sorte que ça te donne de l'espoir. Par exemple, la chanson "Mamma" que j'ai chantée aujourd'hui, c'est la chanson que mon père chantait aussi le dimanche, car émigré, il pensait à sa mère, ses parents, car il était loin d'eux et ne les a revus que deux ou trois fois dans sa vie. Il avait donc besoin de chanter cette chanson pour se rapprocher de sa mère, et quand il la chantait, il y mettait tout son cœur, donc sa mère était près de lui. Ce sont ça les chansons d'amour, des chansons qui ne meurent jamais.

Durant ton spectacle, j'ai été surprise de remarquer que tu faisais une pause dans celui-ci afin d'interagir avec ton public. Fais-tu cela depuis longtemps?

C'est la troisième année que je le fais, je crois. Je le fais toujours dans l'idée de faire connaissance, de parler avec elles, car elles ne s'y attendent pas, puisque pour elles, jamais elles ne me parleront de leur vie. Et donc, c'est un grand moment, c'est inattendu. On se dit bonjour, on échange quelques mots, elles choisissent une chanson, et puis il y en a d'autres qui racontent leur vie et disent des choses magnifiques qui font rire tout le monde.

Sur tes plus de 350 chansons, lesquelles étaient le plus attendues ce soir, selon toi?

J'ai écrit beaucoup de chansons, c'est vrai, mais j'aime celles qui font partie de la vie des gens, celles que j'appelle les incontournables qu'ils veulent entendre coûte que coûte. Je pense à "Laisse-moi vivre ma vie", "Chicago", "Viens te perdre dans mes bras", "Mon cœur te dit je t'aime", "Je t'aime à l'italienne"… Puis dans les nouvelles: "Et si on parlait d'amour"… "Une rose dans le désert" va rester aussi à mon avis, mais il y en a tellement… En fait, à partir du moment où mes chansons sont des tubes, on dirait qu'elles ont une deuxième vie. "Je t'aime à l'italienne" n'était pas un plus gros succès que "Mon cœur te dit je t'aime", et voilà que cette chanson reprend le dessus, donc elle a une deuxième vie. Dans les années 80, avant "Je t'aime à l'italienne", on associait le nom Frédéric François à "Laisse-moi vivre ma vie". Pour chaque décennie, le public a ses chansons. Je pense que ces chansons qui sont des tubes vont se transmettre de génération en génération et là, ça nous dépasse, on n'est plus maître de ce que va devenir la chanson.

Et si tu ne devais en choisir qu'une seule?

J'en choisirais une ou deux par décennie… "Laisse-moi vivre ma vie" dans les années 70, "Mon cœur te dit je t'aime" dans les années 80, "Est-ce que tu es seule ce soir" avec "Fou d'elle" dans les années 90, et dans les années 2000, "Et si on parlait d'amour" et "Une rose dans le désert". Ce sont des chansons phares.

Tu as plus de quarante ans de carrière. Parmi ceux qui ont débuté en même temps que toi, très peu continuent de sortir des disques et de remplir les salles comme tu le fais. Qu'est-ce qui a fait la différence, selon toi?

D'abord ma croyance, puis ma liberté. Ma croyance parce que je crois en ce que je fais, donc je vais travailler, je vais donner le meilleur de moi-même, je vais essayer d'aller le plus loin possible pour essayer de sortir la chanson qui va leur plaire. Je ne sais pas comment on fait un tube… J'écris des chansons qui me touchent, qui me donnent les frissons, que je fredonne, que l'on fredonne autour de moi. Tout ça avec la liberté. La liberté, ça veut dire qu'en 1993, j'ai choisi d'être libre et de créer mon propre label. A partir de ce moment-là, je n'étais plus dirigé par une maison de disques, je ne voulais plus me retrouver dans un système où l'on vous balaie, où si vous êtes performant, on s'occupe de vous, et si vous ne l'êtes pas, on vous met de côté. C'est moi qui choisissais donc mes chansons, c'est moi qui écrivais ce que je voulais. Il n'y avait personne pour me dire "non, pas tel arrangement, tel texte, tel parolier, telle couleur". J'étais livré à moi-même, ce qui signifie beaucoup de travail, mais toutes les chansons depuis 1993, je suis le seul à en décider, le seul à me dire "voilà, tu t'es planté ou tu as encore réussi". C'est formidable.

Si tu ne devrais retenir qu'un seul moment dans ta carrière, lequel serait-il?

Des moments, il y en a eu plein. Il y a des grands moments. Le premier Olympia était un grand moment. Mon père avait fait un seul voyage dans sa vie, Palerme-Liège, puis le voilà avec ma mère pour le deuxième grand voyage, Liège-Paris. Le premier disque d'or était également un grand moment… La naissance de Victoria alors que j'étais sur la scène de l'Olympia en 1990 aussi. J'avais installé un téléphone en coulisses, raccordé directement à la clinique, et à chaque sortie, je demandais "et alors?". Vers 2h30, j'ai chanté "Je t'aime à l'italienne", puis on m'a dit que c'était une petite fille. Je dois beaucoup à mon travail, à mon père qui y croyait et a mis tout en œuvre, et je dois beaucoup à ce public, comme si c'était une histoire d'amour qui va durer jusqu'au dernier jour, peut-être. C'est quelque chose de magique, je ne sais pas comment expliquer…

Ton envie de chanter est-elle toujours intacte après autant d'années?

Elle est toujours intacte, oui. Chaque fois que je chante mes chansons, je ne les change pas, je m'interdis de les changer. Je ne veux pas en faire une deuxième version, je veux que les gens qui ont dansé, rêvé, se sont approprié cette chanson, la retrouve dès les premières notes. Et moi, quand je la chante, je suis un passionné, donc je vais chanter toute ma vie comme si c'était la première fois que je chantais.

D'après toi, vers quoi te serais-tu tourné si tu n'avais pas connu un tel succès?

Sûrement vers plein de choses… Je ne sais pas… Au conservatoire, je pouvais devenir professeur de musique, déjà… Avant d'enregistrer mes premiers disques, je donnais des cours de guitare, donc j'aurais été professeur de musique, de guitare. Puis je faisais de la déclamation, de la phonétique. Ca m'aurait sûrement permis de rentrer dans une radio ou être présentateur, je ne sais pas… S'il n'y avait pas eu tout ça, je me serais en tout cas passionné pour un métier et je l'aurais fait à fond, mais j'ai consacré toute ma vie à la musique, donc je ne pouvais pas sortir de cela.

Le mot de la fin pour les lecteurs d'Ardennes Magazine?

Là, on approche des fêtes, donc je ne peux que leur souhaiter un très joyeux Noël, une très bonne année, et qu'ils aient tout ce qu'ils désirent dans leur vie. Que de bonnes choses, tout le bonheur du monde…

© Amandine Raths
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