Les Biscuitières de Esparbec – Editions La Musardine.

écrit par patrickthibaut
le 15/05/2014
Les Biscuitieres de Esparbec   Editions La Musardine.

Charlotte arrive un beau matin, conduite par son père, dans la biscuiterie du comte Z. pour y entrer comme apprentie.

Elle travaillera sous la protection de Mélanie, la maîtresse du comte, qui règne en despote absolue sur les biscuitières. Initiée aux joies troubles du saphisme par Mélanie qui ne tarde pas à en faire sa poupée,

Charlotte est bien vite entraînée dans des jeux de domination particulièrement scabreux sur la personne du garçon de bureau, Philéas. Sans compter sur Rosalinde Darley, la fille du pasteur, une voyeuse impénitente, qui lui fait découvrir peu à peu tous les secrets de la biscuiterie et de ses biscuitières…

Le mot d’Esparbec :
Nous voici en l’an 2014, et si l’on en croit les médias, le sexe est devenu un divertissement parmi d’autres. Ni plus, ni moins. Ne cessent de fleurir aux devantures des libraires de gros tomes de « mammys pornos », où l’on voit de tendres jouvencelles quitter les pages des anciens romans roses pour s’aventurer, en compagnie de « princes charmants S.M. », dans les chemins de traverses de la sexualité bon chic bon genre. A la Musardine, nous visons une autre clientèle, celle du sexe tel qu’il est vécu, pas tel qu’il est rêvé par des mémères accrochées, faute de mieux, à leurs ordinateurs (des blogs, en veux-tu, en voilà, et la ménagère emplit son panier). Dans nos livres, le sexe n’est pas un conte de fée pour mémés lubriques, il est « vécu », et pas seulement dans les confessions : nos auteurs décrivent leurs tourments et leurs plaisirs. Ce qui n’empêche pas pour autant que s’y mêle de l’irréel : celui des fantasmes que nous poursuivons tous au long de notre vie. Et dont la plupart ont pris naissance dans notre enfance. Freud l’a dit mieux que je ne saurais le faire : les fantômes de notre enfance nous suivent éternellement. Et ce sont eux que souvent nous étreignons dans les bras de nos partenaires. Me voici pour mon compte parvenu à un âge où l’on se contente généralement de jouer à la pétanque ou de faire des mots croisés. Et pourtant, j’en suis le premier étonné, je continue, contre vents et marées, à écrire des bouquins de cul. Ne me demandez pas pourquoi ; je serais incapable de vous le dire.

Esparbec :
Après avoir pas mal roulé sa bosse en exerçant des métiers de fortune (projectionniste, directeur de cinéma, « débarrasseur » de caves et de grenier, brocanteur, nègre, correcteur, rewriter), Esparbec se retrouve dans les années 1980 directeur de collection aux éditions Média 1000. Ayant écrit une centaine de « romans de gare » et en avoir produit dans son « atelier » près d’un millier, cet auteur prolifique est remarqué par Jean-Jacques Pauvert qui lui consacre un long chapitre dithyrambique dans sa fameuse Anthologie historique des lectures érotiques et édite La Pharmacienne dans la collection qu’il dirige à La Musardine. En 1998, un récit autobiographique, Le Pornographe et ses modèles, attire l’attention de la critique. Quant à La Pharmacienne, il devient en quelques mois un véritable « livre culte ». D’autres romans vont suivre, où sa verve « démoniaque » se donne libre cours : La Foire aux cochons, Les Mains baladeuses, Amour et Popotin, Le Goût du péché, Monsieur est servi, La Jument, Le Bâton et la Carotte, Frotti-frotta et Fantasmes. À en croire Wolinski, fin connaisseur, personne encore n’avait écrit avec un tel talent ce genre de livres qu’on rangeait autrefois dans l’enfer de la bibliothèque. « Je suis stupéfait par son audace ! » s’exclame-t-il. L’iconoclaste Delfeil de Ton et le dessinateur satirique Wiaz ne sont pas moins élogieux.

www.lamusardine.com – 384 pages – 17,00 €.

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