Houffalize. La boulangerie Philippart : relève et extension

écrit par ReneDislaire
le 29/03/2016
Houffalize. La boulangerie Philippart

Une boulangerie comme il n’y en a pas deux
- Fondée en 1929.
- En activité ininterrompue depuis, sauf en décembre 1944, au plus fort de l’Offensive.
- Une dynastie : le grand-père Marcel et son fils Jean pendant plus de 40 ans chacun. Aujourd’hui, ses petit-fils Michel et Jean-Marc ont pris la relève, et non sans ambition.
- Le caractère familial : Successivement, les mères « Nita » et Zdenka au comptoir depuis 1929, et des collaborateurs consciencieux et fidèles, tels Louis Léonard, qui y apprit le métier, Eugène et Léon Devillers, tous deux pendant 27 ans au four ou dans l’estafette de distribution.

Un produit emblématique. Le pain
Cela va de soi direz-vous. Oui et non.
Jean : Mon père peut revenir demain à 4 heures du matin, il enfournera la pâte que son petit-fils a préparée, exactement la même que la sienne il y a 80 ans. Rien que du naturel : simplement de la farine, de l’eau, de la levure et du sel .
Cela fait donc de trois à quatre générations nourries avec exactement le même produit de base.
Du pain qu’on vient chercher de Bastogne, que des touristes emportent pour une partie de la semaine. Et les tournées chaque jour, dans la ville et les villages.

La tournée du boulanger
Comme dans toute dynastie, Jean connaît l’histoire de la Maison depuis ses origines.
Jean : Mon père Marcel a repris la boulangerie Coulon en 1929. C’était à l’endroit du petit parking au pied du rocher Kerger.
Oui, les tournées ont toujours constitué une grosse part de notre marché.
Avant la guerre, c’est l’oncle Fernand qui faisait la tournée, avec son cheval. Il allait jusqu’à Sterpigny : nous faisons toujours la même tournée aujourd’hui. Partir tôt le matin, rentrer tard le soir, épuisé. Heureusement, il pouvait dormir au retour : son cheval connaissait la route !
1939 : une camionnette. Mais l’oncle Fernand n’a pas voulu s’y mettre : tout le monde ne sait pas s’adapter au progrès !
C’est un autre oncle, du côté de ma mère cette fois, Léon Nélis, qui prendra le volant.
Pas pour longtemps : la camionnette va être réquisitionnée par les Allemands, et le cheval va se retrouver en service.
Après la guerre, comme l’atelier de mon père était le seul à n’avoir pas été détruit, la production a été au maximum, un travail de jour comme de nuit.
Nous avons eu trois camionnettes, trois chauffeurs en même temps. De tous ceux-ci, je garde de Josy Gaspard, de Cowan, le meilleur souvenir d’enfance
.
Question : Nous sommes en Ardenne. Et la période hivernale ?
Jean : « Quand il y avait beaucoup de neige, je me souviens qu’on confiait à Léon Dubru, le conducteur du tram, les pains à destination des villages sur la ligne de Bourcy.
Léon Devillers avait ses adresses pour dormir chez les gens, chaque fois qu’il était bloqué le soir dans un village.
Mais il ne faut pas en faire une époque héroïque ! il y a deux mois d’ici, mon fils Jean-Marc a été bloqué à son retour de Sterpigny ; il a dû rebrousser chemin jusque Gouvy, et de là prendre le train pour aller dormir à Liège !
»

Propos recueillis par René Dislaire mis en ligne le 29.03.2016

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