Anthony Kavanagh: "Mon spectacle est un striptease émotionnel"

Anthony Kavanagh - Show Man Video - Anthony Kavanagh @ Casino 2000

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Alors qu’Anthony Kavanagh est en tournée avec son spectacle « Show Man » depuis un peu plus d’un an en Europe francophone, il sera de passage au Casino 2000 de Mondorf-les-Bains ce jeudi 26 janvier.

L’occasion de discuter avec lui de ce nouveau spectacle rempli d’humour et d’émotions, dans lequel l'humoriste québecois de 47 ans se livre comme jamais. Du rire aux larmes, il n’y a qu’un pas! Interview!

Vous vous êtes pris de passion pour la scène dès l’âge de 14 ans. D’où vous est venue l’envie de frôler les planches la toute première fois?

Mes amis m’ont poussé à m’inscrire au spectacle d’étudiants. A l’âge de 13 ans, je n’aurais pas eu le courage de le faire, puis à 14 ans, on m’a presque tordu le bras pour que je m’inscrive, et je l’ai fait. J’ai reporté les auditions tellement j’avais peur, jusqu’à ce qu’on me dise qu’il n’en restait qu’une et que je ne ferais donc pas partie du show. Je n’avais jamais écrit un numéro d’humour, donc je ne savais pas comment m’y prendre. La veille, comme je n’y arrivais pas, j’ai écrit cinq thèmes différents sur une fiche, et je me suis dit que j’allais improviser. C’est ce que j’ai fait le lendemain, puis j’ai été choisi. Le show live, ça a été une évidence. En sortant de scène, je savais que j’avais trouvé ma voie.

Votre spectacle « Show Man » tourne maintenant depuis plus d’un an. Vous y faites d’ailleurs référence à l’émission « Danse avec les stars », à laquelle vous avez participé. Vous êtes-vous donc totalement inspiré de votre expérience personnelle dans l’écriture de celui-ci?

Tout ce que je dis est vrai, à part un truc…

Lequel?

Vous le verrez dans le spectacle! (rires)

Comment le résumeriez-vous en quelques mots?

C’est un hommage à la vie. Le spectacle commence après ma mort, mais n’ayez pas peur, tout va bien! (rires) Je me retrouve dans une salle d’attente avec des âmes, en l’occurrence le public, parce que j’en suis redevenu une. Ce que je réalise, c’est que ce sont des âmes qui vont descendre sur Terre, et moi, je ne sais pas où je vais. Je leur file des tuyaux, leur dis ce qui les attend en bas, et leur raconte ce qui m’est arrivé. Je leur parle de ma vie, de mon métier, du corps, des communications, des émotions… Je parle vraiment de toute la vie d’un être humain, et c’est très drôle sur scène. C’est un ascenseur émotionnel, donc on rigole, mais c’est émouvant en même temps. Ce ne sont pas juste des vannes pour faire des vannes, c’est vraiment un striptease émotionnel parce que je me base toujours sur des anecdotes de ma vie. Le but, c’était de faire le grand écart, de faire rire, mais d’émouvoir les gens aussi. Il y en a beaucoup qui pleurent à la fin.

Vous tournez en général beaucoup en Europe, mais également au Québec. Le public belge ou français réagit-il différemment du public québécois?

C’est surtout différent chaque soir. Chaque ville, chaque représentation est différente. Les Belges en Europe sont le meilleur public! En France, il y a plusieurs villes très chaleureuses comme Nantes, Montpellier, Toulouse, Strasbourg… Encore une fois, ça dépend des soirs, et chaque ville peut être super chaude. Il y a de tout, mais en général, le nord de la France, c’est là où la plupart des humoristes sont d’accords, c’est un public très chaleureux. Le Luxembourg, je ne sais pas parce que ça fait une dizaine d’années que je n’y suis pas allé. J’attends que les Luxembourgeois soient au taquet!

Y a-t-il une soirée en particulier qui vous a marqué?

Oui, il y a plusieurs soirées qui m’ont marqué dans ma vie. Ce sont des soirées où il y avait toujours ou un enjeu, ou un truc qui est arrivé. Je vous donne un exemple… En Avignon il y a un an et demi, pendant qu’on faisait ce spectacle, l’alarme incendie a retenti pendant une bonne heure et a coupé toute l’électricité. Les trois-quarts de mon public sont sortis parce qu’on disait qu’il y avait le feu, mais ce n’était finalement pas le cas, donc on les a faits rentrer. J’ai d’abord improvisé pendant vingt minutes en attendant que l’alarme s’arrête, mais elle avait coupé le système électrique et on ne pouvait pas le faire redémarrer, donc je n’avais plus de son ni d’éclairage, hormis l’éclairage d’urgence. Plus de clim non plus, alors que c’était en plein été et qu’il faisait quarante degrés. Je n’avais presque plus de voix à force de crier, mais les gens étaient là et s’étaient déplacés, donc j’ai continué le spectacle. J’expliquais au public quand j’avais normalement tel son ou telle musique, puis je leur demandais de le faire avec moi. Il s’est passé un truc, j’étais en totale connexion avec eux. C’était une soirée magique, l’une des plus belles de ma carrière! J’en ai plusieurs des soirées qui ressortent comme ça, c’est bien d’en avoir encore après toutes ces années.

Cela fait maintenant une petite trentaine d’années que vous êtes dans le milieu…

Oui, une petite parce que ça ne fait pas encore 30 ans! 27 et demi exactement... (rires)

N’y a-t-il pas eu un moment dans votre carrière où vous vous êtes dit « j’en ai marre, j’arrête tout! »?

Si, bien sûr! Il y a des périodes comme ça où l’on se dit « j’en ai marre, j’arrête tout, j’ai envie de faire autre chose ». Ca m’est arrivé, comme tout le monde. On a envie d’ouvrir un restaurant de plage quelque part au soleil, mais l’envie revient ensuite. Quand c’est comme ça, c’est qu’il faut juste faire un break. Il y a des périodes où il y a trop de routes, trop de spectacles, et pas assez de vie normale.

Vous êtes humoriste, comédien, animateur, chanteur…

Et papa! (rires)

Oui, sans oublier papa! Vous avez également prêté votre voix pour différents films d’animation. La casquette d’humoriste est-elle celle qui vous colle le plus à la peau?

Si vous m’obligez à choisir dans ce que vous venez de mentionner, je suis obligé de prendre humoriste parce que l’humour est un choix conscient. Quand j’ai commencé, je savais que l’humour allait être une espèce de tremplin ou allait me donner accès à plein de domaines différents. J’allais pouvoir faire de la radio, de la télé, animer des soirées, faire du cinéma, chanter… Quand tu es humoriste, tu n’es pas obligé d’attendre comme un acteur, d’attendre que le téléphone sonne. Tu écris, puis tu vas sur scène, mais faire rire les gens, c’est ce qu’il y a de plus difficile à faire dans le métier. C’est plus facile de dire « je vais prendre ma guitare, puis je vais aller chanter des reprises dans un bar ». Même si les gens ne te regardent pas et ne t’écoutent pas, ils écoutent la musique, donc tu peux te cacher derrière elle. En tant qu’humoriste, il faut les faire rire, il faut écouter, il faut se concentrer… On ressent la musique, mais on comprend l’humour. La musique, c’est un truc émotionnel, l’humour, un truc intellectuel.

Vous arrive-t-il de regarder les spectacles d’autres humoristes ou même d’en être inspiré?

Ha oui! Il faut regarder les spectacles des autres. Je regarde beaucoup de spectacles anglophones, mais contrairement à plusieurs humoristes français qui ont tendance à plagier les Américains, je ne copie pas. C’est un truc qui est très mal vu au Québec. En 18 ans en France, c’est quelque chose qui m’a toujours attristé et dérangé. Après, ils disent « de toute façon, les Français ne connaissent pas », mais je leur réponds « tu vois, tu sais à quel point c’est dur de faire ce métier, d'écrire des vannes, et toi, tu vas les voler ». Tu les achètes ou tu demandes la permission… Mais c’est juste en humour que c’est accepté parce que ça ne se fait pas avec des chansons, une pièce de théâtre ou un livre puisque tu es tout de suite dénoncé.

Vous êtes très présent sur les réseaux sociaux. Est-ce important pour vous d’être proche des gens qui vous suivent?

Oui, absolument! Internet, ça permet d’être près de son public et d’être même découvert par un autre. Par exemple, sur Facebook et Twitter, ce sont deux publics différents. Sur Twitter, il faut être un peu plus caustique, alors que sur Facebook, il faut être un peu plus familial et gentil. L’avantage et le désavantage d’internet, c’est que c’est le seul endroit où on a la totale liberté, où on peut dire et faire ce qu’on veut sans être formaté, mais il faut aussi faire attention parce que tu peux te manger des commentaires désobligeants ou racistes qu’il faut prendre avec une certaine distance, et ce n’est pas toujours évident. Sur scène, c’est moi qui me censure, mais tous les youtubeurs, pourquoi ils ne veulent pas faire de la télé? Parce qu’ils sont libres sur internet. Ils se réveillent le matin, ils ont une idée, ils la tournent l’après-midi, puis elle est postée début de soirée. Ils ont créé une autre industrie qui rapporte, et ça a démocratisé internet. Ca a permis à plein de mecs qui n’auraient pas eu accès, ou difficilement accès, ou accès beaucoup plus tard au grand public via la télé ou la radio, d’avoir accès au public tout de suite. Tous les gens qui les regardent, ce n’est que du cœur de cible, c’est-à-dire des gens qui les ont aimés, qui se sont abonnés à leur chaîne… Alors que quand tu passes à la télé, tu as trois millions de personnes qui regardent, mais sur les trois millions, il y a seulement un million qui t’aime. Les autres, ce n’est pas qu’ils ne t’aiment pas, mais ils regardent plutôt parce qu’ils aiment l’émission.

Vous continuez donc à tourner avec « Show Man » en 2017. A côté de cela, quelles sont les autres projets à venir?

Il y a des choses qui ne sont pas encore signées, donc je ne peux pas en parler, mais il y aura peut-être un projet cet été… Je peux simplement vous dire que la tournée continue dans les pays francophones jusqu’à fin juin, et je pense qu’on va ajouter des dates, car il y a encore de la demande. Mais ça devrait normalement être le Canada à partir de cet automne, puis début 2018. Canada time!

Merci beaucoup, Anthony!

C’est moi qui vous remercie!

Vous faites partie des moins chanceux n'ayant pas pu décrocher leur place pour la représentation de ce jeudi 26 janvier? Retrouvez ci-dessous la liste complète des dates à venir!

- 4 février: Marseille (13) - Le Silo - Réserver vos places
- 11 février: Veauche (42) - L'Escale - Réserver vos places
- 18 février: Royan (17) - Salle Municipale de Spectacle Jean Gabin - Réserver vos places
- 21 février: Toulouse (31) - Casino Théâtre Barrière - Réserver vos places
- 4 mars: Lestrem (62) - Espace Culturel Jean de La Fontaine - Réserver vos places
- 9 mars: Beziers (34) - Zinga Zanga - Réserver vos places
- 10 mars: Palavas (34) - Salle Bleue - Réserver vos places
- 22 mars: Monaco - Grimaldi Forum - Réserver vos places
- 24 mars: Andard (49) - Au Restau-Théâtre - Réserver vos places
- 28 avril: Clermont Ferrand (63) - Maison de la Culture - Réserver vos places
- 18 mai: Festival International du Rire de Rochefort - Centre Culturel des Roches - Réserver vos places
- 20 mai: Gala du 10e anniversaire - Maxi Rires de Champery (CH) - Palladium - Réserver vos places
- 1 juin: Riaz (CH) - Salle Polyvalente - Réserver vos places

© Amandine Raths
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