Bastogne-Vielsalm. Le déshonneur de la police. Fiction

Yoann Blanc, qui incarne le personnage principal. L'honneur de la police.

Bastogne-Vielsalm. Le déshonneur de la police. Fiction
La Trêve, saison 2, feuilleton de la RTBF
Quand on découvre le cadavre d’une femme jeune au physique agréable, riche et vivant seule dans une villa isolée, clandestinement trash dans la haute côté cul et en trop bonne entente avec des punks qui squattent une clairière ardennaise, au caractère acariâtre de surcroît, qui flotte égorgée dans sa piscine, un scénario de dix heures peut charger de suspicions plausibles d’assassinat une vingtaine d’individus. Pratiquement tout le monde.
Ce qui est le cas dans la série belge « La Trêve » (saison 2) un projet commun de la RTBF et de la communauté Wallonie-Bruxelles présentée sur notre chaîne publique de télévision en prime time les dimanches du 11 novembre au 9 décembre 2018.

Tous coupable idéal
Chacun des personnages sera, à tour de rôle, le coupable idéal. Une œuvre de plus qui démontre que chaque membre d’une communauté peut raisonnablement passer à l’acte. Autrement dit, nous avons tous des propensions au meurtre dans nos gènes : merci la vie si aucune occasion ne se présente.
Dans cette série, tout le monde sera suspecté disons-nous, sauf la police.
Le spectateur s’identifiera à chaque coupable potentiel, une femme ou un homme normal avec tous ses mystères.

Quant à la police !
Le meilleur flic, le héros, est un inspecteur déchu qui va mener l’enquête en toute illégalité, usant de moyens inavouables pour obtenir des informations et diriger plusieurs enquêteurs. Ce ne serait rien si ce super flic ambigu n’était un grave et incurable malade mental. Plus grave tu meurs : il est d’ailleurs affecté d’une propension au suicide.
Deux autres flics sont des ordures. Un camion-benne d’ordures. Une décharge !
L’un est d’âge mûr, l’autre est jeune. On les exècre dès le départ.
Le premier a jadis sciemment et volontairement falsifié une enquête qui a fait condamner un innocent à sept ans de trou.
L’un et l’autre, c’est l’histoire du film, vont travailler de concert pour monter un deuxième dossier tout aussi faux et machiavélique pour l’y reconduire en le chargeant d’un second assassinat.
Une jeune policière est honnête. Mais effacée et nunuche, comme pour renforcer l’image écœurante de son collègue.
Un autre policier est de bonne composition. Un peu trop. Secret de l'instruction, connait pas. Une lopette, factotum soumis de l’inspecteur hors-la-loi. Pas très malin. C'est le Flamand de l'équipe.

Le décor ? L’Ardenne, entre les pôles de Bastogne et Vielsalm
Décor superbe avec ses vallons et vallées de sapins et de feuillus. De carte postale pour reprendre un cliché.
L’histoire prend appui sur un village fictif nommé Musso (qu'on ne verra jamais), évocation de Muno ou Musson pour un Luxembourgeois. Et une voiture de la police indique son appartenance au territoire Lesse et Semois. Toute cette toponymie passe au-dessus des connaissances des habitants hors province de Luxembourg.
Mais l’axe policier géographique de manœuvre est bien idéntifié : Bastogne et Vielsalm, cités et recités . (deux zones de police cependant distinctes dans la réalité).
C’est Bastogne le centre administratif et opérationnel des ripoux dans cette fiction.
Bastogne qui s’évertue dans la réalité de tous les jours à maintenir et promouvoir son image de capitale de l’Ardenne, avec tout ce que cela représente d'attractif notamment au point de vue économique, commercial, touristique, culturel, historique. Bastogne, tout le monde connait, et la série sera diffusée dans des dizaines de pays différents.
Vielsam, autre pôle touristique qui sortira de cette fiction avec une réputation pas très reluisante. Une bonne adresse pour plan Q prisée par un policier obsédé, soit, et après?
Houffalize peut être imaginée forcément entre les deux localités, bien que son nom ne soit jamais mentionné (ouf!). Le patronyme de beaucoup de citoyens de la cité de l'Ourthe est en tout cas porté par plusieurs personnages principaux du film.
Dans la présumée Houffalize un Portakabin modulaire sert de relais poulaga ridiculement fadasse plastifié paumé le long d’une route secondaire.
Soit dit en passant, cette cambuse à pandores est le symbole de l’institution régalienne de notre sécurité : un sale gamin va pourtant y tagger une énorme bite bien visible au début de l’histoire, qui y demeura jusqu’à la fin.
Quelle est l’utilité de cette bite ? Sinon de porter une atteinte inadmissible pitoyable supplémentaire à la respectabilité de la police.

La Gaume effarouchée, l’Ardenne consentante ?
C’st bien là le propos de notre critique.
La saison 1 de la série, dont le décor était manifestement la Gaume, avait fait l’objet de réactions virulentes notamment de la population locale pour avoir donné une image détestable d'eux-mêmes.
La série 2 prenant appui sur une intrigue aux flics impurs sordides sera dès lors déplacée dans le cadre ardennais de Bastogne-Houffalize-Gouvy-Vielsalm.
À l’indifférence générale, affublée de toutes les turpitudes et abjections, elle est belle notre police !

René Dislaire © Houffalize, le 10 décembre 2018.

Du même auteur : Liens vers les publications de l’auteur en 2018
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Présentation. Une série de la RTBF donne une image de turpitude à la police de l’Ardenne dans une zone fictive allant de Bastogne à Vielsalm. Sacrés ripoux !