“Danses en Indonésie – Magnum Photos”, à Liège, jusqu’au 14 Janvier

1949/Ubud/Avant la Danse Baris (c) Henri Cartier-Bresson/"Magnum" 1949/Batubulan/Kris Dancers (c) Henri Cartier-Bresson/"Magnum" 1949/Batubulan/Kris Dancers (c) Henri Cartier-Bresson/"Magnum" 1949/Ubud/Avant la Danse Baris  (c) Henri Cartier-Bresson/"Magnum" 1969/Patjung/Avant la Danse Barong (c) Burt Glinn/”Magnum 1969/Jogjakarta/Danse du Cheval (c) Burt Glinn/"Magnum" 1969/Jogjakarta/Danse du Cheval (c) Burt Glinn/"Magnum" 1969/Denpasar/Avant la Danse Legong (c) Burt Glinn/"Magnum" 1969/Denpasar/Danse Legon (c) Burt Glinn/"Magnum" 1969/Patjung/Avant la Danse Barong (c) Burt Glinn/”Magnum 1969/Mas/Offrandes (c) Burt Glinn/"Magnum" 1969/Mas/Offrandes (c) Burt Glinn/"Magnum" 1953/Ubud (c) George Rodger/"Magnum" 1953/Bedulu (c) George Rodger/"Magnum"

Depuis 1969, “Europalia” nous permet de découvrir, en Belgique, mais, désormais aussi, dans d’autres pays européens (Allemagne, France, Pays-Bas et Pologne) les arts et les cultures des pays membres de l’“Union Européenne”, … mais aussi de contrées nettement plus lointaines, comme c’est le cas pour cette saison 2017-2018, avec l’Indonésie, après avoir accueilli la Turquie, en 2015 ; l’Inde, en 2013 ; le Brésil en 2011 ; la Chine, en 2009 ; …

La Ville de Liège – accueillant, jusqu’au 21 janvier, pour la première fois, une exposition du Festival “Europalia”, dans le cadre de son nouveau “Musée de la Boverie” , à savoir : “Archipel, les Royaumes de la Mer”, … qui, selon nous, de toutes les expositions organisées par “Europalia Indonesia” se révèle être celle qui bénéficie de la scénographie la plus lumineuse – a monté, à cette occasion, via son département des “Musées de Liège”, l’exposition « Danses en Indonésie – Magnum Photos », avec le soutien de la “Fondation Henri Cartier-Bresson” et en partenariat avec l’agence “Magnum Photos” .

Ainsi, au “Grand Curtius”, jusqu’au 14 janvier, nous pouvons découvrir, pour la première fois réunies en une même exposition, une cinquantaine de superbes photographies, en noir-et-blanc et en couleurs, d’Henri Cartier-Bresson (Fra./1908-2004) et George Rodger (U.K./1908-1995), tous deux co-fondateurs de l’ “Agence Magnum”, ainsi que de Burt Glinn (U.S.A./1925-2008), ancien président de cette même “Agence Magnum”, qui, en 2017, fêtait son 70ème anniversaire.

Les photographies sélectionnées s’échelonnent sur 20 ans, de 1949 à 1969, ayant été réalisées sur les îles de Bali, Sumatra et Java, durant ces danses fortement théâtralisées que sont les danses Baris, Barong, du Cheval, du Kriss, Legong et Ketjak. Ainsi, Cartier-Bresson a réalisés ses photos exposées en 1949, George Rodger en 1953, et Burt Glinn en 1969. A noter que la plupart de ces danseurs ne sont aucunement professionnels, ainsi ce portrait, en noir-et-blanc, de Anak Agung Ngurah, étant un fermier, préposé à la récolte du riz, ce cliché ayant été capté par George Rodger, en 1953, à Ubud,

Pour Henri Cartier-Bresson, notons que sa première épouse, d’origine indonésienne, étant, elle-même une danseuse, connue sous le nom d’artiste était Ratna Mohini, lui facilita la tâche lors de la réalisation de ses reportages sur les danses traditionnelles, pour lesquelles il tirera un livre “Danses à Bali”, en 1954. republié en 2013 (broché/ 22€). Parmi ses photos exposées à Liège, notons celles, impressionnantes des “Kriss Dancers”, ces derniers entrant en transe, en utilisant ce poignard assymétrique, le “kriss”, à l’esthétique soignée, dont la fabrication est chargée de vertus magiques et qui, depuis 2008, figure sur la liste du “Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité de l’UNESCO”.

Une autre danse amenant ses exécutants à entrer en transe, est celle “du Cheval” (“Horse Dance”), qui voit ses danseurs, une fois possédés dans leurs corps par les esprits, résistent aux douleurs physiques lorsqu’ils avalent … du feu ou des morceaux de verre brisé, cette danse bénéficiant d’excellentes photos de Burt Glinn…

Dans un registre de danses fort différentes, Burt Glinn, nous offre toute la grâce des danseuses balinaises exécutant la danse Legong, très codifiée, basée sur des mouvements des pieds, des postures du visage et des yeux, des gestes des doigts, tandis que se joue la musique du gamelan, notamment au Temple Tamjung Bungkak, à Denpasar.

Danse masquée, aussi, avec la danse du Barong (“géant”, en balinais), animal, qui, animé par deux danseurs cachés sous un équipement de cuir, est extrêmement populaire sur l’île de Bali, étant porteur d’une tête de lion aux yeux exorbités et à la machoire articulée, il représente un seigneur de la forêt protecteur bienvaillant des villages… Nouvelle danse masculine, la “Ketjak”, interprêtée par des hommes accomplissant une série de mouvements synchronisés, émettant des vocalises, sans aucun accompagnement musical. Reprenant un épisode du “Ramayana”, l’un des textes fondamentaux de l’hindouisme, Clara Malraux (1897-1982) décrivit cette danse, en 1963, pa ses mots : “Assis à même le sol, en cercles multiples, qui s’emboîtaient les uns dans les autres, le torse nu, devenus réellement les singes qu’ils figuraient, une centaine d’hommes se balançaient, levaient, comme en transe, leurs bras poussaient des appels sauvages … tchac-tchak-tchak…”

Ouverture : jusqu’à ce dimanche 14 janvier, de 10 à 18h. Prix d’Entrée (incluant un petit carnet de présentaion) : 5€ (3€ pour les étudiants, les demandeurs d’emploi, les seniors et les membres d’un groupe // 1€25 pour les “Article 27” // 0€ sur présentation d’un billet d’entrée à l’ exposition “Archipel, les Royaumes de la Mer” et pour les enfants, jusqu’à 11 ans inclus). Prix combiné avec l’exposition de “La Boverie” : 12€ (réductions prévues). Site web : www.lesmuseesdeliege.be/europalia-indonesie-danses-dindonesie-magnum-pho....

Au sein de ce même “Musée du Grand Curtius”, les “Musées de Liège” nous présente une petite exposition didactique, à l’entrée gratuite, nous apprenant toute la valeur financière que les épices avaient à une certaine époque, étant acheminées vers l’Europe depuis l’Antiquité.

Et pour compléter notre connaissance de l’Indonésie, à découvrir à “Bozar”, à Bruxelles : “Ancestors & Rituals”, jusqu’au 14 janvier, and “Power and other Things”, jusqu’au 21 janvier. A noter, aussi, jusqu’au 11 mars : “Dieux de cuir, Héros de Bois”, au “Musée international du Carnaval et du Masque”, à Binche, ainsi que jusqu’au 21 janvier : “Comics in Indonesia(1929-2017) – Equatorial Imagination”, à la “Bibliotheca Wittockiana”, à Woluwe St.-Pierre, une occasion de découvrir la BD indonésienne, appelée “Cergam”, dès 1929, l’année où “Hergé” (Georges Remi/1907-1983) créa “Tintin”… Soulignons que la “Cergam” se veut être une représentation visuelle d’une imagination populaire de l’Indonésie, … un véritable voyage à la découverte d’un art qui se veut être l’expression d’un peuple uni dans sa diversité…

Et pour les passionnés du “7ème Art”, notons enfin, que jusqu’au 23 janvier, 51 films indonésiens sont au programme du “Vendôme“, certains longs-métrages défiant la domination patriarcale, d’autres questionnant le rôle des femmes dans l’Indonésie contemporaine, critiquant l’ordre social, réfléchissant sur les complexités de la religion, célèbrant des rêves d‘enfants ou se penchant sur la vie d’individus uniques.

Yves Calbert.