« Fleurs de la Chance de la Loterie Nationale », à Jambes, jusqu’au 26 Août

"Etude pour la Foire commerciale a Liege"/Armand Rassenfosse "La Pensee"/Raymond Peynet "La petite Fortune"/Johann-Amadeus Prestel Pendentif/Germain Raps et Lucien Falize "Monnaie Lisa"/Patrick de Froidmont "Chance de Mai"/Jean Effel Brin de Muguet sur un 1/10eme de la "Loterie Coloniale"/Jacques Richez "Assemblage"/"Panamarenko" (c) Richard Frippiat Chat Noir et Trefle a 4 Feuilles "Loterie Coloniale"/J. Binet Un "Kakeloroum" (c) Richard Frippiat Jeu de la Cavagnole De parallepipede de l Inde Les Tambours d un Tirage/1934 Tranche speciale du Printemps/Francine Sommers Tirage 9ieme et 10ieme Tranches/Vanoudenhove "Joueurs de Cartes dans une Taverne" /David Teniers le Jeune

Ancienne propriété, jusqu’au 14ième siècle, des Princes Evêques de Liège – où vécut, dès 1285, jusqu’à son décès, en 1291, l’Evêque liégeois Jean de Flandre -, la « Tour d’Anhaive », sise sur le territoire de Jambes-Namur, nous présente, jusqu’au 26 août, « Les Fleurs de la chance dans les collections de la Loterie Nationale », une sélection de ses affiches, jeux de table, sculptures et objets divers.

Dès notre entrée, nous découvrons une aquarelle d’Armand Rassefosse (1862-1934), « Etude pour la Foire commerciale à Liège » (30 x 24 cm/1925), la déesse Fortune détenant une corne d’abondance, symbole de richesse et d’abondance. Face à cette oeuvre, deux affiches signées Raymond Peynet (1908-1999), de sa série « Le Langage des Fleurs » (1954), l’une évoquant « La Pensée », l’autre « Le Myosotis », toutes deux portant, sous une jupe créée en billets de mille francs français, la : « Pensez à moi, achetez d’abord un billet de la Loterie Nationale ».

Dans une vitrine, nous trouvons une eau-forte, « La Petite Fortune » (1771-1775), de Johann Amadeus Prestel (1739-1808), d’après Albrecht Dürer (1471-1528), posée aux côtés d’un pendentif, avec la déesse Fortune flanquée de deux cornes d’abondance, en nacre, or émaillé polychrome, avec des émeraudes et un diamant de 2 carats, une création des joailliers Germain Bapst (1853 -1921) et Lucien Falize (1839-1897).

Dans la salle voisine, nous sommes accueillis par … « Monnaie-Lisa » (2014), … une « Mona-Lisa » revue par l’artiste contemporain Patrick de Froidmont, au sourire en fer à cheval, portant un nombre 13 dans ses bras. A ses côtés, « Chance de Mai » (1965) de Jean Effel (1908-1982), où nous pouvons lire : « envelopper un brin de muguet dans un billet de banque », ce motif printanier étant, tout naturellement, repris sur des billets et 1/10ème de la « Loterie Coloniale », dessinés par Jacques Richez (1918-1994).

… Et concernant ces brins de muguet, un texte, nous apprend que le 1er mai 1509, le Roi Charles IX passant dans la Drôme, se vit offrir un brin de muguet. Séduit par cette attention, il décida d’en instaurer la tradition à la cour, offrant aux dames un brin porte-bonheur… Quant à la Mythologie, elle nous révèle que c’est le dieu Apollon qui aurait créé les muguets, afin de réaliser un tapis doux et parfumé, pour rendre la marche de ses nymphes plus agréable.

Sous vitre, notre attention est attirée par un autre porte-bonheur, les trèfles à quatre feuillles de l’artiste anversois « Panamarenko » (Henri Van Herwegen/°1940), une création (2009) en techniques mixtes, encadrée dans une boîte en plexiglas. Davantage connu pour ses engins volants et et ses machines fascinentes, l’artiste, ici, se souvient de son enfance. Son père lui ayant dit que les trèfles à quatre feuilles n’existaient pas, il fut tout heureux d’en trouver un en 1963… C’est le début de sa collection, … qui l’amène, 46 ans plus tard, à la réalisation d’ « Assemblage »…

Paré d’un trèfle à quatre feuilles, le Chat noir, sur un fond de fleurs, devient un porte-bonheur, pour la tranche spéciale de Pâques, de la « Loterie
Coloniale », en 1955, grâce au talent de Jacques Richez, déjà cité, qui dessina, aussi, des billets et 1/10ième.

A noter, en Belgique, que cette « Loterie Coloniale » fut créée, en 1934, son nom disparaissant, tout naturellement, à l’indépendance du Congo, en 1960,, pour devenir « Loterie Africaine », puis « Loterie Nationale », dès 1962. Aussi, pour cette « Loterie Coloniale », J. Binet, en 1934, réalisa une lithographie originale, faisant de la déesse romaine Fortune, une Africaine de race noire…

Gagnant le second bâtiment, nous trouvons, au rez-de-chaussée de nombreux jeux de tables, d’un Jeu de l’Oie (1934) de la « Loterie Coloniale », peint à la main, au « Kakelorum » (vers1850), en faïence, dans le goût de Delft, décoré de motifs en bleu, rouge et or, papillons et guirlandes de fleurs étant présents.

Cartes de Tarot, Lotto des Fleurs, Nain Jaune, Roue de la Fortune, … sont offerts à notre attention, ainsi que le « Jeu de Cavagnole » (d’origine génoise/ vers1735/dit « des crieurs de rue de Paris »/avec ses 40 cartons peints à la gouache/ chaque zone étant délimitée par de délicates guirlandes de fleurs multicolores), sans oublier la pièce la plus ancienne, présentée dans cette exposition, datant du 4ième siècle, nous venant d‘Inde, un dé parallépipède, en os, à quatre longs côtés décorés de pétales numérotés de 1 à 4, que nous découvrons aux côtés d’un marqueur de whist japonais, de l’ère Meiji (1868-1912), incrusté de pierres semi-précieuses, où papillons et fleurs symbolisent le printemps.

Au 1er étage, des photographies, en noir-et-blanc, témoignent de l’intérêt des Namurois pour les tirages publics de la « Loterie Coloniale », les gradins du « Théâtre de Verdure » ou les fauteuils du « Théâtre Royal » étant combles, avec Bourgmestre et Echevins au premier rang, alors qu’une autre photo nous montre une file de Bruxellois, devant la Bourse, désireux d’aquérir un billet, … un vendredi 13…

Tirage 9!ème et 10iièm Tranches/Vanoudenhove
Des affiches encore, dont celle d’une grande fraîcheur, mettant en scène un agneau, un papillon et deux jonquilles, réalisée à l’occasion de la « Tranche spéciale du Printemps »(1965), due à Francine Sommers ou celle du « flower power » (1972), dessiné par Vanoudenhove, nous montrant un « hyppie » entouré de marguerites, les fleurs symbolisant l’idéologie non violente, un écran vidéo nous permettant de voir d’autres pièces non exposées à Jambes, comme une peinture à l’huile sur panneau, de David Teniers le Jeune, « Joueurs de Cartes dans une Taverne »(1644-1645), que l’on peut voir à la
« Snijders & Rockox Huis », à Antwerpen, la collection du « Musée de la Loterie » comptant plus de 100.000 pièces, la plus ancienne étant une Amphore grecque (vers 500 avant notre ère).

… Et même si ces deux dernières pièces citées ne sont visibles que sur un écran, tant d’autres sont rassemblées pour notre plus grand plaisir, toutes les pièces présentées à la « Tour d’Anhaive » ayant un lien, proche ou lointain, avec les fleurs, ces dernières n’ayant cessé d’inspirer les créateurs d’art, toutes spécialités confondues.

Ouverture : du mardi au vendredi, de 13h30 à 17h30 (fermé le mercredi 15 août), les samedi et dimanche, de 14h à 18h. Entrée gratuite. Site web : www.anhaive.be.

A voir également à l’occasion de l’événement namurois « Fleurs », les expositions présentées au « Musée provincial Félicien Rops », au « Musée provincial des Arts anciens du Namurois » (« TreM.a ») et au « Musée des Arts décoratifs-Hôtel de Groesbeeck de Croix », un billet combiné, donnant accès, aussi, aux collections permanentes, est proposé au prix de 10€ (6€ pour les étudiants, seniors et membres d’un groupe / 0€ jusqu’à 17 ans inclus, pour les
« article 27 », les membres de groupes scolaires, ainsi que, pour tous, le dimanche 02 septembre).

A Jambes, à la « Galerie Détour », jusqu’au samedi 25 août, l’exposition « Penser Fleurs » nous propose, présentés dans dans une scénographie originale, les céramiques, dessins, peintures, photographies, sculptures et vidéos, de nombreux artistes. Ouverture : du mardi au vendredi, de 12h30 à 17h30, le samedi, de 14h à 18h. Entrée libre.

Yves Calbert / Photos : (c) « Musée de la Loterie Nationale » (sauf indications contraires).