Humour. Quatrième samedi des gilets jaunes

Karl Lagerfeld supporte les Gilets jaunes.

08.12.2018. Quatrième samedi des Gilets jaunes. Humour.
La ville de la Haute couture*
Paris est vraiment la ville de la Haute couture* : toute la journée sur les chaines d’info en continu, les journalistes n'arrêtaient pas de dire
qu'on y est en train d'en découdre*.
"Nous ne détricoterons* rien de ce qui a été fait depuis dix-huit mois" avait encore clamé le président il y a quelques jours, tiré à quatre épingles* dans un de ses impeccables costumes* gagnés à la sueur de son travail.

Sur le fil du rasoir*
Pourtant, que le montage des taxes allait s’effilocher*, c’était cousu* de fil blanc*.
On voyait sur le fil* du rasoir, au sommet de la république, le beau linge* s’emberlificoter* dans un tissu* de mensonges aux bords mal surfilés*. On se prenait les pieds dans les moquettes* neuves à velours* bouclé* point* de Bruxelles.
Et au fil* des semaines et de fil* en aiguille* s’est imposé le constat : la France s’est choisi un mauvais patron*.

08.12. Champs Élysées 9 heures du mat.
Le cul moulé* dans des jeans* collants* les Gilets jaunes, comme à une mise en croix*, sont uniques* : ils n’ont point de couture*.
Les voici, les gilets, assis en tailleur* sur les pavés des Champs.
Endroit contre endroit*, la maréchaussée fait face. Pour la police, c’est un jour où gagner du galon*. Peut-être même avec des franges*.
La journée se passa pour ainsi dire sans accrocs*. Les forces républicaines n’eurent guère de fil* à retordre*.
Paniqué suite aux échecs des samedis précédents, le pouvoir avait sévèrement froncé* les sourcils : la police avait-elle enfin trouvé la martingale* pour se jouer des manifestants ? Une victoire se gagne parfois sur un coup de dés*, pour autant qu’ils ne soient pas à coudre*.

Les casseurs ont des burettes*
Mais dans la pénombre entre chien et loup le défilé* béjaune mode Street style fashion* va se faire biaiser* par des casseurs retors*. C’était tellement prévisible que ça ne faisait pas un pli*.
Les casseurs se rencardent* sur la toile*.
On a beau dire que ce sont des individus de sac* et de corde*, ils ont des burettes*.
Spécialistes dans le prêt à porter* des coups partout, ils ne font ni dans la dentelle* ni dans la soie*. Instruits, ils connaissent leurs classiques: La guerre des boutons* et Terminator donne-moi tes fringues*. Les plus aguerris vous mettent le mobilier urbain en charpie* et en moins de deux, et s’il est des gros bras qui vous allongent un pandore par un brutal crochet*, il est d’habiles petites mains* qui vous taillent* des boutonnières* avec un Opinel en un zip de fermeture éclair*.

L’art de se faufiler*
Sûr que ces enragés sont accros* à d’autres substances que de la Kro en canettes*. Et que leurs oreillettes conditionnent leur encéphale avec d’autres artistes que Charlélie Couture* ou Winnaretta Singer* aux orgues de St-Eustache.
Comme ils se sont infiltrés dans la zone de manif ainsi que des chameaux par le chas* d’une aiguille*, de même ils ont le flair pour pressentir ensuite les coups de filet* et s’en échapper par les plus petites mailles*.

22 heures. Conférence de presse d’Édouard Philippe et de Christophe Castaner
Ces deux-là ont une bobine* comme d’identiques appareils à carder* la laine. Personnellement je ne les distingue que lorsqu’ils sont côte à côte.
Et c’est le grand, le Premier ministre, qui conclut la journée en communiquant les paroles qu’il venait à l’instant de recevoir du chef de l’État par un coup de fil* crypté.
« Il faut retisser* l'unité nationale. »

René Dislaire © Houffalize, le 9 décembre 2018

(1) Kro: Kronenbour
Présentation. 08.12.2018. Quatrième samedi des gilets jaunes en colère dans Paris. Reportage farci de métaphores couturières dignes de la capitale de la Haute couture.

Lien vers un article en relation:
* Humour noir et Gilets jaunes. Brèves... Décembre 2018

Du même auteur : Liens vers les publications de l’auteur en 2018
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