La boîte aux lettres et le petit crépu

La boîte aux lettres et le petit crépu
C’était un p’tit garçon
Qui s’appelait Gaston.
Le matin son papa
Le prenait en vespa
Pour aller à l’école
C’est mieux qu’une bagnole.
Il s’agit d’Africains
Devenus Wavriens.
L’enfant était pourvu
De cheveux tout crépus (10)
Bien sûr ça va de soi
Quand on vient du Ghana.

Restée à la maison,
Faisant ses ablutions
La mère sous la douche
Sans aucune pudeur,
Se savonnait la mouche.
Où donc le faire à l’aise ?
Si ce n’est où on baise.
Mais voici le facteur. (20)
Qui tire à la sonnette.
Elle prend sa serviette,
Comme on fait chez les siens
La noue sur ses seins.
Sachez qu’elle ignorait
Que le facteur c’était.
Arrivée à la porte
La femme tout accorte
Sérieuse toutefois (30)
Fit d’une faible voix :

« Dites-moi qui vous êtes ? »
Croyant au garçonnet
En matant des frisettes

(Sachez qu’il regardait
Au travers de la fente
Qui était mi-béante
De la baie boîte aux lettres
Avare en centimètres
Et qu’il y croyait voir
Le frisé petit noir, (40)
Or c’était le pubis
Typique des tropiques
De la mère pudique
Qu’il regardait gratis -)

Le facteur dit, plaisant :
« Hé le p’tit crépu !
Longtemps que j’tai plus vu !
Va dire à ta maman
Que j’ai un r’commandé
Qu’ell’ doit venir signer ! » (50)

René Dislaire © Houffalize, le 17 février 2018

Présentation. C’est l’histoire classique du facteur qui a un recommandé pour une femme qui prend sa douche. Mais nous n’allons pas spoiler. Poème-express rimé de 200 mots répartis en 50 vers hexasyllabiques.