Restauration de deux bas-reliefs du Pont des Arches. LIEGE

Monument pont des Arches Monument pont des Arches Monument pont des Arches Monument pont des Arches

Dans la dynamique de valorisation de l’art public, la Ville de Liège a entrepris la restauration des deux bas-reliefs de part et d’autre du Pont des Arches, côté Outremeuse (quais des Tanneurs et de Gaulle). Elles enrichiront les Fêtes du 15 Août d’un éclat renouvelé !
Il s’agit de deux oeuvres en petit granit de Sprimont, datant de 1949, deux ans après l’inauguration du « nouveau » Pont des Arches. L’une représentant la Nativité et le Cheval Bayard est signée Louis DUPONT. L’autre, oeuvre du sculpteur Adelin SALLE, figure des scènes populaires liégeoises.
Après une étude sanitaire préalable, la restauration a été entreprise par le service des Tailleurs de pierre de la Ville de Liège. Vingt quatre pierres ont été démontées partiellement et restaurées en atelier durant l’hiver tandis que les parements sculptés ont été restaurés in situ dès le printemps 2018.

La Nativité
Il s’agirait de l’illustration du Mystère de la Nativité adapté par la romaniste liégeoise Rita Lejeune et mis en scène à Liège en 1935.
On peut donner au sujet une portée plus générale et le mettre en rapport avec l’importance du culte marial en Outremeuse, depuis la célébration des Fêtes du 15 août jusqu’à sa présence dans le traditionnel théâtre de marionnettes (Lî naissance).
Le choix du Cheval Bayard fait, quant à lui, allusion à la version liégeoise de la légende des frères Aymon : entravé et jeté par Charlemagne du haut du pont des Arches, l’animal fantastique se libère miraculeusement et gagne la rive du fleuve.
En plaçant le cheval Bayard dans la partie galbée du bahut de pierre, le sculpteur insuffle à sa figure un mouvement et donne, conformément au récit légendaire, l’impression que l’animal surgit du fleuve.
C’est un symbole de liberté évoquée par Louis Dupont au travers de l’allégorie ailée porteuse de flambeau dans le dessus de sa composition.

Scènes populaires liégeoises
Par contraste avec l’oeuvre de Dupont, Salle aborde la joie de vivre du bon peuple d’Outremeuse. De la courbe d’extrême gauche surgit Tchantchès, vêtu du sarau traditionnel, coiffé d’une casquette de soie et portant sabots. Il s’en va d’une grimace facétieuse.
A ses côtés, trois personnes dansent en un « cramignon » au son de l’accordéon dont joue une figure masculine nue enturbannée et dotée d’une queue de coq, référence au coq wallon.
D’abord se rencontre une femme vêtue à l’antique et coiffée du bonnet phrygien. Ce serait l’évocation de Marianne et la Liberté, laquelle tient particulièrement au coeur de tout habitant d’Outremeuse.
A sa gauche, un ivrogne nu, un chapeau claque sur la tête, le nez orné d’un poireau et gonflé sous l’effet de l’alcool, brandit une bouteille en tenant un gobelet...
Entre celui-ci et l’accordéoniste, Nanesse, dans son costume régional, claque du sabot.
Lampions, « saurets », jambonneau et litres de « pékêt » pendent au haut du relief.
La jovialité des personnages et leur aspect caricatural alliés aux symboles de la Liberté et de la Wallonie donnent un caractère pittoresque et naïf à l’oeuvre.