Thierry Bosquet au Château de Chimay du 3 mai au 18 novembre 2018

écrit par VandenHende
le 09/06/2018
Thierry Bosquet au Château de Chimay du 3 mai au 18 novembre 2018

En 2017, Thierry Bosquet crée un nouveau décor de scène pour le Théâtre. Le fond de scène jusqu’alors utilisé était une copie de l’original vu l’état d’usure de ce dernier dû aux innombrables manipulations inhérentes à sa fonction. Vous pourrez découvrir ce nouveau décor dès l’ouverture de la saison 2018.

Thierry Bosquet à Chimay, texte de Marcel Croës
« Le souvenir inconscient est la force motrice de l’imagination » : cette phrase que je découvre par hasard dans un livre récent de Pierre Assouline, n’est-ce pas à Thierry Bosquet qu’elle s’applique idéalement ? On a dit à quel point son milieu familial – un grand-père directeur du Théâtre de la Monnaie, des parents passionnés de musique – avait pu nourrir dès son plus jeune âge une envie de création. Mais je me persuade qu’il y avait déjà dans son ADN cette aspiration vers le beau qui a orienté toute sa vie. Car un des premiers traits qui m’ont frappé, dès notre rencontre il y a une cinquantaine d’années, c’était cette aimantation vers tout ce qui parle à l’âme « sa douce langue natale » (Baudelaire). Qu’il s’agisse d’un concerto de Mozart, d’un dessin de Tiepolo ou d’une phrase de la Recherche du temps perdu, tout requérait aussitôt son attention et sa ferveur.
Chez Thierry, cet amour du beau va de pair avec un refus de la laideur qui pour autant n’a rien de violent. Essaie-t-on de l’amener à certaines formes d’art moderne (théâtre, musique ou film) où dominent le convulsif et le strident, il se détourne sans verser pour autant dans la polémique. J’ai parfois l’impression de l’entendre murmurer : « J’ai trop à faire avec ce qui m’exalte pour m’encombrer de ce qui m’alourdit ». Car l’âpre dispute, l’acrimonie, l’agressivité ne sont pas dans son caractère. J’observe d’ailleurs qu’au fil des années je ne l’ai jamais entendu proférer une méchanceté à l’égard de qui que ce soit. Certes, les médiocres et les fâcheux l’insupportent, mais il se contente en général d’un haussement d’épaule ou d’un mot ironique pour signifier qu’il n’est pas dupe de leur logorrhée.
Un autre trait qui m’a toujours enchanté chez lui, c’est son indifférence aux modes. Thierry a été témoin, depuis ses années d’apprentissage, de toutes les évolutions du langage artistique en Occident : expressionnisme, abstraction lyrique, post-modernisme, militantisme politique, que sais-je encore. Jamais il n’a dévié de sa ligne. Le jeune garçon qui avait découvert Versailles à onze ans et s’émerveillait de Venise à 16 ans avait trouvé son idée du beau. Pour lui, le XVIIIe siècle a atteint un point d’équilibre indépassable. Il a senti que la pompe versaillaise cache une réelle profondeur, et que l’élégance d’un Watteau recèle un monde d’émotions. Mais, j’y insiste, c’est une attitude qui n’a rien de passéiste. Qui donc avait lancé cet aphorisme : « Il faut suivre sa pente, pourvu que ce soit en montant » ? Dans le cas de Thierry, cela signifie que sans renoncer au décoratif il a épuré sa manière, comme en témoignent par exemple ses évocations rêveuses de Versailles disparu ou de Marly, où chaque paysage est un état d’âme.
Enfin, ce qui me touche encore davantage, c’est que derrière une certaine légèreté feinte (car dans la vie sociale il ne faut pas être pesant), je trouve chez Thierry une grande générosité. Avec ses amis,il est attentif sans jamais être envahissant. Un mot, un geste témoignent qu’il partage votre joie ou vos soucis. Et avec quelle jubilation ne vous détaille-t-il pas les subtilités d’un portrait de Bronzino aux Uffizzi, ou la courbe parfaite de la ligne vocale dans un air de Così fan tutte ? Artisan plutôt qu’artiste (car ce dernier terme lui paraît trop solennel), il n’est pas non plus jaloux de ses secrets de métier. « La technique, dit-il, donne une assurance et un sens à ce qu’on fait ». Cette technique, il a eu à cœur de la transmettre et c’est dans l’enseignement qu’il trouve toujours, ces dernières années, un bonheur sans cesse renouvelé. On envie ses élèves de côtoyer ainsi un créateur dont la vie et l’œuvre illustrent magnifiquement la parole de Baudelaire : « L’imagination est la reine du vrai ».

Biographie
Né à Bruxelles en 1937.
Petit-fils de Corneille de Thoran, directeur du Théâtre Royal de la Monnaie, et de Emile Bosquet, pianiste. Il étudie la scénographie à la Cambre. A l’age de 21 ans, il fait son premier décor à la Monnaie ( Le barbier de Séville), où il exercera ses talents pendant plus de 20 ans, tant pour les décors que les costumes, et comme un des collaborateurs privilégié de Maurice Béjart.
Parallèlement, il réalise décors et costumes dans la plupart des théâtres et opéras de Belgique et à l’étranger dont entre autres : Lyban – Festival dé Baalbek ; Italie – Palerme, Rome, la Scala de Milan ; Allemagne – Opéras de Munich, Cologne et Stuttgart ; USA – San Francisco et New York ; Canada – Toronto ; France – Paris, Lyon, Marseille et Nantes ; Russie -Saint Petersbourg ; Autriche – Vienne et Innsbruck ; Suisse – Genève et Zurich
Il a réalisé les costumes du film “L’allée du Roi” de Nina Companèse, et les décors et costumes des opéras “Don Juan”, “Louise” et “La Veuve Joyeuse” à l’opéra de San Francisco, ainsi que diverses autres productions pour des théâtres belges.
Outre ses près de 200 décors et 6000 costumes, il a réalisé de nombreuses peintures murales et décorations privées en Belgique, Italie, France et Angleterre, il a fait de nombreuses expositions de peintures et a illustré un livre sur Versailles disparu. A la suite duquel on lui demanda d’illustrerLa vie sous Louis XIV dans Le Grand Parc de Versailles. Ce qui lui valu d’être décoré de l’ordre du mérite Artistiques par le ministre de la culture Mr Mitterand. Depuis toujours sa passion est la réalisation de maquettes d’intérieurs imaginaires.

Pour toute informations : www.chateaudechimay.be
Rue du Château, 14 à B-6460 CHIMAY
Tél :32 60 21 45 31
info@chateaudechimay.be

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