Ce 05 juin, événement cinématographique, à Namur : "Vacancy"

Beverly, une mere abimee par la drogue Manuel, un ancien chef de gang La Californie, vue d une fenetre d un Motel californien L enseigne d un des Motels Alexandra Kandy Longuet, realisatrice de "Vacancy" (c) "Cinergie"

Ce mercredi 05 juin, au "Caméo", à Namur, à 20h, projection événementielle de "Vacancy" (Alexandra Kandy Longuet/Bel./2018/80'/film lauréat du Prix de la Critique, du 11ème « Festival du Film Documentaire Millenium », attribué, le vendredi 29 mars 2019, par un Jury de l' "UCC" {"Union de la Critique de Cinéma"} et de l' "UPCB" {"Union de la Presse Cinématographique Belge"}, au meilleur Film belge), cette projection étant suivie d'une rencontre avec la réalisatrice.

Synopsis : « 'Vacancy' plante le décor du motel à l’abandon et brosse le portrait des déshérités de la société américaine, les oubliés de l’ « American Dream », qui trouvent refuge dans ce lieu sordide. Le motel apparaît comme une métaphore des Etats-Unis en déliquescence économique. Il renvoie à la situation financière d’une population à deux vitesses où l’écart se creuse entre les riches et les pauvres et où la classe moyenne disparaît de plus en
plus… »

Ayant déjà réalisé "Nouvelle-Orléans, Laboratoire de l'Amérique", cette réalisatrice parisienne, formée en Belgique, poursuit, ici, son exploration des Etats-Unis, avec ce nouveau documentaire, tourné en Californie., qui, en 208, avait déjà remporté le « Prix du meilleur Documentaire », en République tchèque, au 22ème « Jihlava International Documentary Film Festival ».

Alicia del Puppo, pour "Les Grignoux", écrit : "En partant d’un lieu qui évoque de nombreux fantasmes, le motel américain, "Vacancy" nous transporte sur les traces des personnes qui y trouvent refuge… Un documentaire sensible sur les oubliés de l’ 'American Dream'... On comprend très vite qu’ils ont chacun, à un moment charnière de leur vie, basculé – pour des raisons intimes ou financières, mais souvent un peu des deux – du côté de la précarité, d’une marginalité s’appliquant désormais à leur mode de vie. Car ces motels, souvent situés en zones périphériques, loin des grandes villes ou des banlieues urbaines, sont aussi devenus ces dernières années le territoire des âmes déchues, ces individus que les circonstances ont poussés à s’extraire de la société, et qui vivent aujourd’hui dans ces chambres louées à la semaine, coincés dans une vie où l’avenir n’est rien de plus qu’une notion incertaine."

"Alexandra Kandy Longuet s’est longuement imprégnée des lieux avant d’y rencontrer ses trois principaux protagonistes : Beverly, une dame à l’âge indéterminable tant son corps et son visage sont marqués par des années de débrouille, des épreuves personnelles qui l’ont menée à s’installer de manière prolongée dans un motel aux abords de l’autoroute ; Many, un ex-détenu aux multiples tatouages ; et Vern, un ingénieur du son ayant sombré dans une folie douce, vivant au milieu d’un désordre permanent. Tous deux habitent le même hôtel décrépit, aujourd’hui à l’abandon..."

"Pour ces oubliés de l’ 'American Dream', le motel, aux États-Unis, abrite toute une population de laissés-pour-compte, d’humains à la dérive qui, de crise en crise – économiques et personnelles, se sont vus dépossédés de tout. Il y a ceux qui ont tout perdu. Il y a ceux qui ont tout quitté. Ceux qui ont tout oublié. Ceux qui rêvent encore. Aspirés par la survie quotidienne, chacun tente de se refaire dans ce nid précaire, à la marge du monde."

"La Californie, ses plaines désertiques, ses nationales rectilignes, ses enseignes lumineuses et ses motels typiquement américains qui fleurissent le long des grands axes de communication. De notre côté de l’Atlantique, ces paysages évoquent tout un univers lié au cinéma et à la littérature américaine : une lumière crépusculaire, une chaleur étouffante, des personnages solitaires qui essuient leurs peines à l’intérieur de bars dépeuplés… Il y a tout ça dans 'Vacancy', mais on y éprouve aussi le désespoir latent, la fragilité ambiante, la violence sociale qui touche aujourd’hui des milliers d’Américains forcés d’investir ces espaces autrefois réservés aux touristes en transit..."

Par ailleurs, sur le site de la "Ligue des Droits de l'Homme" (http://www.liguedh.be/vacancy-les-motels-de-longue-duree/), nous trouvons cette appréciation : "Les personnes rencontrées dans ce documentaire tentent de se raccrocher à un dernier rêve : celui de mener à nouveau une vie normale et de retrouver leurs familles. À travers les images, les spectateurs vivent le quotidien monotone et angoissant de ces exclus. Une vie où les nuits se passent dans l’incertitude de pouvoir régler la note de la chambre et où les matins se déroulent dans la solitude. Ainsi, nous retrouvons, dans le pays le plus riche du monde, Beverly, une mère abîmée par la drogue ou encore Manuel, un ancien chef de gang qui a tout perdu. Leur point commun ? Ils vivent tous deux une exclusion sociale et se sont installés dans une précarité à long terme."

" 'Vacancy' est un film qui pointe du doigt les effets négatifs de notre société et donne la parole à ces laissé·e·s pour compte, dépossédé·e·s de tout. Ce documentaire nous interroge sur plusieurs aspects qui sont également d’actualité en Belgique : quelles sont les différentes facettes de la pauvreté ? Cette pauvreté peut-elle uniquement se réduire à des aspects économiques ?"

A Bruxelles, le Jury de "Millenium" avait souligné le fait que "ces protagnistes s'étaient confiés à la caméra d'Alexandra Kandy Longuet, avec humanité et pudeur".

Un documentaire à ne pas manquer, si éloigné des films mettant en scène des super-héros hollywodiens ! ...

Yves Calbert.