"Cycling Legends", à l' "Autoworld", jusqu'au 25 Août

Emmanuel Dehan, pave-trophee de Paris-Roubaix, velo et maillot de Roger De Vlaeminck (c) "L Avenir" "Draisienne" de 1819 "Grand Bi" Tricycle de competition En "Draisiennes", avec hauts de formes Course de "Grands Bi" Maillot Jaune porte en 1919 Au sein de l espace "Maillots Jaunes" Bernard Hinault et son maillot du "Combine" Un maillot rose du "Giro" Velo jaune unique pour tous (1930) Eddy Merckx "forever", en jaune durant 111 etapes (96 jours), record absolu au "Tour de France" En haut, a droite, l affiche du "match du siecle", qui allait opposer Eddy Merckx a Rik Van Looy Evocation d un ancien record du monde officieux, sur route, derriere moto Evocation d un ancien record du monde officieux, sur route, derriere une voiture Velo sophistique et maillot de Champion du Monde sur Piste de Chris Boardman Photo non exposee : l ancien recordman mondial de l heure, Sir Bradley Wiggins : 54,089 km (c) "Belga" Photo non exposee : l actuel recordman mondial de l heure, Victor Campenarts : 55,089 km (c) "AFP" Reconstitution d une caravane publicitaire Bidons de course et autre petit materiel Interet porte a un derailleur Ancien trophee Plaque commemorative Le "Grand Match" entre Buffalo Bill, a cheval, et un coureur cycliste Sebastien de Baere, le Directeur General d Autoworld, Herman De Croo et Emmanuel Dehan, le 20 juin 2019 Eddy, Eddy, Eddy, ...

En 1902, les halles qui, aujourd’hui, hébergent l’ « Autoworld », à Bruxelles, ont été le cadre d’un premier « Salon du Cycle ». En 2019, 117 ans plus tard, ce musée du « Cinquantenaire », dédié à l’automobile, revient au vélo, en accueillant l’exposition « Cycling Legends », nous présentant toute l’histoire de la bicyclette, de ses origines à nos jours, à l’occasion du « Grand Départ » du « Tour de France » de la capitale européenne, qui, à l’origine, fut otganisé par un journal intitulé…« L’Auto »,… qui était imprimé sur du papier jaune, … ce qui serait l’origne de la couleur choisie pour le maillot porté par le
« leader » du « Tour », depuis le 19 juillet 1919……

Autre rapport à l’automobile, la marque « Peugeot », qui posséda lontemps son équipe cycliste, qui compta, notamment, parmi ses coureurs,deux anciens recordmen du monde de l’heure, les Belges Ferdinand Bracke (48,093 km/Rome/1967) et Eddy Merckx (49,431 km/Mexico/1972), qui, ex-eaquo, furent les lauréats, en 1967, du« Trophée National du Mérite Sportif ».

Le plus incroyable est que tous ces affiches, bidons, carricatures, couvertures de « Miroir du Cyclisme », découpures de presse, dérailleurs, maillots, pédales, peintures, photos, trophées, vélos,… font partie de l’impressionante collection d’un seul grand amateur de cyclisme, Emmanuel Dehan, qui nous propose, ici, près de 800 pièces, récoltées durant 30 ans de recherches.

Avant tout, ce sont, bien sûr, les différents types de bicyclettes qui attirent notre attention, d’une draisienne de… 1819, il y a 200 ans (ce vélocipède ayant été inventé, en 1817, par un Allemand, le Baron Drais von Sauerbronn {1785-1851}), aux actuels vélos sophistiqués de nos grands champions, belges et étrangers.

Outre plusieurs maillots de champions du monde et nationaux, ainsi que des firmes pour lesquelles courraient tous ces cyclistes, nous trouvons plus de trente maillots jaunes, qui furent portés par Louison Bobet, Jacques Anquetil, Louison Bobet, Alberto Contador, Cadel Ewans, Chris Froome, Miguel Indurain, Greg Lemond, Louis Ocana, Bernard Thévenet, …, sans oublier, bien sûr, Eddy Merckx, qui le porta durant 111 étapes ou demi-étapes (96 journées), record absolu, à l’heure où nous fêtons, en 2019, les cent ans du maillot jaune et les 50 ans de la première victoire du Baron Merckx (né Edouard Louis Joseph Merckx, à Meensel-Kiezegem, le 17 juin 1945), reconnu comme meilleur cycliste du XXe siècle, par l’« UCI » (« Union Cycliste Internationale »).

A noter, l’intérêt particulier que nous pouvons porter à d’anciennes affiches, comme celle nous montrant « Buffalo Bill » (William Frederick Cody/1846-1917), en chapeau de cow-boy, la barbe au vent, à cheval, opposé à un coureur cycliste…

C’est le peintre belge Pierre Alechinsky qui disait : ‘L’affiche, c’est comme un tableau, c’est une création, c’est une oeuvre en soi », Dominique Allard, directeur de la« Fondation Roi Baudouin » nous ayant déclaré, à la « Tour d’Anhaive », à Jambes-Namur, à l’occasion de l’actuelle exposition « Walthéry s’affiche » : « L’affiche n’est qu’éphémère, ne vivant que ce que vivent les roses. Par contre, l’affiche étant collectionnée, conservée, l’événement devient éternel, le spectacle pérenne. »

Parmi les nombreux vélos exposés, notre attention se porte sur les plus anciens, qu’ils soient à deux ou trois roues, sachant, de fait, que des compétitions furent organisées, autrefois, entre coureurs utilisant des vélocipèdes disparus depuis bien longtemps. Ainsi, nous découvrons, à « Autoworld », des
« Grands Bi », de… 1868 et 1886, ainsi qu’un ancien tricycle de compétition.

Illustrant l’histoire du cyclisme, parcourant les différentes salles, nous trouvons de nombreux maillots exposés, souvent dédicacés, notamment de champions du monde, mais aussi de champions nationaux d’Afrique du Sud, d’Algérie, du Brésil, du Canada, d’Estonie, d’Ethiopie, de France, de Grèce, d’Italie, d’Irlande, du Maroc, de Pologne, du Portugal, de Suisse, …, sans oublier ceux de Belgique, qui furent portés par Tom Boonen, Philippe Gilbert, Walter Godefroot, Axel Merckx, Tom Steels, Ferdi Van Den Haute, Lucien Van Impe, Roger De Vlaeminck,… , voire même régionaux, tel celui de Flandre Orientale de Freddy Maertens…

Bien sûr, un espace particulier est réservé aux maillots jaunes, dont l’un fut porté en 1919, ce dernier étant exposé avec un boyau aux épaules, comme le voulait la tradition au début du XXe siècle, aucune voiture d’assistance n’étant prévue à l’époque, les coureurs devant eux-mêmes changer leurs pneus, voire réparer leurs vélos...

... C'est ainsi qu'en 1913, le Français Eugène Christophe (1885-1970), alors 2e du classement général, dû trouver une forge, au village de Sainte-Marie-de-Campan, afin de pouvoir réparer sa fourche, lui-même, recevant même une pénalité de trois minutes, pour avoir reçu l'aide d'un enfant, pour actionner la machine à percer du forgeron...

A noter que si le 1er « Tour » fut remporté, par le Français Maurice Garin (1871-1957), en 1903, le 1er maillot jaune, livré avec cinq jours de retard, il y a tout juste cent ans, ne fut porté que le 19 juillet 1919, par le Français Eugène Christophe (1885-1970/le plus âgé des cyclistes à avoir porté ce maillot, à 37 ans et 162 jours, le plus jeune étant le Belge Eric Vanderaerden, à 21 ans et 139 jours). C’était à Grenoble, à… 1h30 du matin, le départ de l’étape étant donné à 2h, le Wallon Firmin Lambot (1886-1964) étant le premier coureur à remporter le « Tour de France », à Paris, avec le « maillot jaune » sur ses épaules.

L’attention des visiteurs est attirée par le fait que quatre coureurs remportèrent chacun 5 « Tours de France » : les Français Jacques Anquetil (1934-1987/« Tours » remportés en 1957-1961-1962-1963-1964) et Bernard Hinault (1978-1979-1981-1982-1983), l’Espagnol Miguel Indurain (1991-1992-1993-1994-1995) et, bien sûr, le « canibale » belge, Eddy Merckx (1969-1970-197-1972-1974).

Quelques statistiques du quotidien « Le Soir », concernant ce maillot jaune , arrêtées au 18 juillet 2019 : depuis le 19 juillet 1919, 2.095 maillots jaunes ont été portés, par 266 coureurs (de 24 pays différents), 67 ne l’ont revêtu que durant une journée (voire 12 minutes, pour Patrick Sercu {1944-2019}, le temps d’un chrono par équipes de 9 km, en 1974), 16 coureurs ont quittés le « Tour » alors qu’ils portaient le maillot jaune, 8 hommes différents l’ont porté dans un seul et même « Tour » (en 1958 et en 1987), 3 coureurs l’ont revêtu de la 1ère à la dernière étape (l’Italien Ottavio Bottechia {1894-1927}, le Luxembourgeois Nicolas Frantz {1899-1985} et le Belge Romain Maes {1912-1983}), 3 hommes ne l’ont décroché que dans la dernière étape (le Français Jean Robic {1921-1980}, en 1947, le Néerlandais Jan Janssen, en 1968, et l’Américain Greg Lemond, en 1989), le populaire Français Raymond Poulidor ne l’ayant jamais porté, échouant de 8 dixièmes de seconde, lors du prologue, en 1973 {derrière le Néerlandais Joop Zoetemelk}, terminant 2e du classement général, en 1964, 1965 et 1974, 3e, en 1966, 1969, 1972 et 1976.

Notons encore que l’Italien Gino Bartali (1914-2000) fut celui qui, entre 1937 et 1944, durant 12 ans et 11 jours, fut celui qui détient le record de longévité entre son premier maillot jaune et son dernier… Par ailleurs, le plus petit écart, 8 secondes, sépara, en 1989, deux équipiers, le vainqueur, l’Américain Greg Lemond, de son second, le Français Laurent Fignon (1960-2010)... Quant au plus grand écart, ce fut dès le 1er "Tour", à nouveau entre deux équipiers, le Français Lucien Pothier (1883-1957) terminant à 2h59min.2s. de son compatriote Maurice Garin... Cette année là, il n'y avait que 6 étapes, dont 4 dépassaient les... 400 km, la 1ère étant longue de 467 km et la denière de 471 km...

Quelques maillots verts (classement par points), à pois (de la montagne) et blancs (du meilleur jeune) sont également exposés, de même qu’un maillot multicolore, n’existant plus, mais qui fut porté par Bernard Hinault et Eddy Merckx, celui du combiné, le coureur bruxellois étant le seul à avoir remporté, à son arrivée finale, au vélodrome parisien de « La Cipale », tous les classements de l’époque du « Tour de France », y compris celui par équipes, avec ses équipiers de la « Molteni ».

Notons que des maillots jaunes d’autres épreuves sont également présentés, tels ceux qui étaient portés à la « Vuelta » (« Tour d’Espagne ») ou qui le sont toujours, depuis 2008, à « Paris-Nice », ainsi que des maillots roses du « Giro » (« Tour d’Italie »).

Revenons au « Tour de France », où réagissant à une firme de cycles qui bloqua l’épreuve, en 1929, l’année suivante, Henry Desgranges (1865-1940), le patron du « Tour », nationalisa la course, remplaçant les équipes de marques par des équipes nationales, qui, toutes reçurent, de l’organisation, un même vélo, de couleur jaune… C’est ainsi que naquit la « caravane publicitaire », créée afin de pouvoir compenser financièrement cet important changement…

Outre les courses officielles, pour l’anecdote, « Cycling Legends » ne pouvant ignorer l’« Empereur d’Herenthals », Rik Van Looy, évoque, derrière un vélo « Eddy Merckx », par une affiche, l’organisation du « match du siècle, homme à homme » (sic), un omnium sur piste, en cinq épreuves, mettant aux prises deux champions belges d’exception, coéquipiers, à l’époque, l’un, le futur « canibale », entammant sa carrière, l’autre la terminant…

Toujours au niveau de la piste, des affiches promotionnent le« keirin » – cette spécialité devenue olympique, qui, dans son pays d’origine, le Japon, se dispute sous l’attention des parieurs, à l’image de tiercés hypiques – et le « demi-fond », discipline aujourd’hui pratiquement oubliée…

Cette spécialité fit la gloire, notamment, du Belge Léon Vanderstuyft (1890-1964), champion du monde en 1922, qui détint un record du monde sur route derrière moto, établi en 1928, à une vitesse de 122,771 km/h, une affiche présente à l’ « Autoworld » annonçant même 125 km/h, alors qu’une photo nous montre le Français José Meyffret (1913-1983), qui fut le premier à dépasser les 200 km/h en vélo… C’était en 1962, derrière une « Mercédès 300
SL », atteignant 204,778 km/h, ce qui l’inspira pour rédiger son livre « Mes Rendez-Vous avec la Mort »…

Un autre record du monde, tout à fait officiel, reconnu par l’ « UCI » (« Union Cycliste Internationale ») est évoqué, celui de l’heure, avec la présentation du vélo du Britannique Sir Bradley Wiggins, qui, à Londres, parcourut 54,526 km dans l’heure, sur piste, le 07 juin 2015, … une performance venant d’être améliorée, ce 16 avril 2019, à Aguascalientes, par le Belge Victor Campenarts, portant l’actuel record de l’heure à 55,089 km…

Evidemment, ni le Belge Rik Van Steenbergen (1924-2003), ni le Français Louison Bobet (1925-1983), ni le Suisse Ferdi Kübler (1919-2016), ni surtout, ce coureur de légende que fut l’Italien Fausto Coppi (1919-1960/lauréat de 5 « Tour d’Italie » {1940-1947-1949-1952-1953} et 2 « Tours de France » {1949-1952}, dont nous fêterons, le 15 septembre, le centenaire de sa naissance) ne sont pas oubliés, chacun, comme bien d’autres, possédant un panneau, qui leur est personnellement dédié.

De même, en fin d’exposition, certaines anciennes courses de prestige sont évoquées, comme Bordeaux-Paris, une classique de près de 600 km, dont le départ était donné à… 2h du matin, disputée entre 1891 et 1988, partiellement courue derière dernys, dont le record de victoires revient au Belge Herman Van Springel, avec 7 succès, entre 1970 et 1981.

Encore plus démesuré, nous trouvons des témoignages de l’organisation de « Paris-Brest-Paris », qui ne compta que 7 éditions, en 60 ans, entre 1891 et 1951, la 1ère édition ayant été remportée par le Français Charles Terront (1857-1932), qui parcourut les… 1.200 km, en 71h22…

Parmi les anecdotes citées, photos ou matériel à l’appui, notons la sacoche au guidon du Français Octave Lapize (1887-1917/vainqueur du « Tour », en 1910), qui contenait son casse-croute, bien éloigné de l’actuelle diététique des sportifs, et du… vin rouge, mais oui)…

Outre la présentation du célèbre chapeau colonial de Jacques Goddet (1905-2000), sympathique clin d’oeil à celui qui fut le directeur général du « Tour », de 1936 à 1987, nous découvrons de nombreux trophées de différentes époques…

Si les vélos anciens et contemporains, qui furent utilisés par nos plus grands champions, le petit matériel est également propsé à notre attention, des pédales aux bidons, les dérailleurs pouvant intéresser au plus haut point les passionnés de la « petite reine »…

Avec près de 800 pièces exposées, révélant tout ce qui concerne le cyclisme, durant deux siècles, depuis sa préhistoire, dès 1819, jusqu’aujourd’hui, en 2019 – en passant par les premières courses officielles, en 1869, et les premiers « ville-à-ville », ancêtres des « classiques », dès 1891 -, voici, assurément, une exposition – « Cycling Legends » – qui mérite une visite à l’ « Autoworld », où, dans le même temps, nous pouvons découvrir l’exposition consacrée aux voitures « Citroën » !

Ouverture : sept jours sur sept, de 10h à 18h. Prix d’entrée pour l’exposition « Cycling Legends » : 5€ (3€, pour les enfants de 6 à 12 ans, étudiants et seniors / 0€, pour les moins de 6 ans). Prix combiné, incluant les collections permanentes et l’exposition « Citroën 100 Years » : 15€ (10€, pour les seniors / 9€, pour les étudiants / 5€, pour les enfants de 6 à 12 ans / 0€, pour les moins de 6 ans). Site web : http://www.autoworld.be.

Yves Calbert.