LE LIVRE ATTENDU SUR L’ART NOUVEAU BELGE À TRAVERS LES ARTS APPLIQUÉS

Le 28 novembre dernier est sorti le premier volume d’un ensemble de quatre tomes scientifiques consacré à l’Art nouveau belge à travers les Arts Décoratifs publié aux Éditions du Musée Horta, « Belgian Art Nouveau: Vision, Design and Cr aft », une première mondiale.

Volontairement ambitieux, celui-ci entend renouveler en profondeur et sur le long terme le regard posé sur la production dans les arts décoratifs en Belgique à la fin du XIXe siècle, à l’occasion de l’émergence de l’Art nouveau.
S’inscrivant dans la continuité de l’exposition ‘Collection de collectionneurs’ organisée au Musée Horta au printemps 2019, ce programme de publications intitulé Belgian Art Nouveau: Vision, Design and Craft est mené en collaboration avec toute une série de chercheurs issus du paysage muséal et universitaire belge comme international.
Le premier volume, à l’instar des trois autres tomes, met en lumière un petit groupe d’artistes de la période et ouvre le bal avec le célèbre architecte et designer belge, Vict or Horta.

LE PREMIER VOLUME, AUTOUR DE VICTOR HORTA
Le premier volume du projet Belgian Art Nouveau: Vision, Design and Craft, dont la sortie est programmée pour l’automne 2019, s’articule autour de Victor Horta. Car si son oeuvre architecturale continue
d’être régulièrement au centre de l’attention, il en va tout autrement de ses innombrables créations dans le domaine des arts décoratifs, qu’il s’agisse de quincailleries, de pièces de mobilier, de moulages
en plâtre ou encore de cadres en bois ; à l’heure actuelle, il n’existe en effet encore aucune publication scientifique qui fasse le point sur ce sujet de façon complète et raisonnée. Il en va d’ailleurs de même
pour les réalisations de Georges Hobé (1854-1936), Fernand Dubois (1861-1939), Paul Du Bois (1859-1938) et Léon Ledru (1855-1926).
Pour chacun de ces cinq artistes, en regard avec un catalogue des oeuvres présentes dans la collection, un chercheur livrera un article scientifique assorti de références bibliographiques et d’illustrations, souvent inédites. L’on trouvera également dans ce premier volume une préface rédigée par le Pr. Paul Greenhalgh, directeur du Sainsbury Centre for Visual Arts (Norwich), ainsi qu’un texte introductif de la main de Françoise Aubry (ancienne conservatrice du Musée Horta), intitulé “Gustave Serrurier, Victor Horta, Paul Hankar et Henry van de Velde : créer un nouveau mobilier à la fin du XIXe siècle”.
Chercheur infatigable, Horta s’éprit progressivement de pureté et de sobriété dans le mobilier qu’il créait pour ses clients, le plus souvent fortunés et avides de nouveautés. Pour faire le point sur sa contribution
aux renouvellement des arts décoratifs à partir de la dernière décennie du XIXe siècle, en vertu notamment d’une collaboration intense avec l’atelier de l’ébéniste Henri Pelseneer (1847-1909), personne n’est mieux placé que Françoise Aubry, référence incontestée dans l’étude de l’Art nouveau belge et spécialiste internationalement reconnue de l’oeuvre d’Horta.
Autodidacte et grand concurrent d’Horta, l’architecte Georges Hobé connut un succès considérable de son vivant en Belgique, avant de tomber peu à peu dans l’oubli. Le renouveau de nos connaissances autour de son oeuvre, architecturale comme décorative, doit énormément aux travaux du Pr. Raymond Balau (ENSAV La Cambre), à la foi architecte, urbaniste, critique d’art et d’architecture et chercheur dans le domaine de l’architecture du XXe siècle en Belgique ; dans le cadre du projet Belgian Art Nouveau: Vision, Design and Craft, ce dernier se penchera plus particulièrement sur deux manifestations où Horta et Hobé
furent aux avant-postes, à savoir le compartiment belge de l’Exposition internationale des Arts décoratifs modernes de Turin 1902 et la section des Arts décoratifs modernes du pavillon de la Belgique à l’Exposition
internationale de Milan 1906.
Tour à tour sculpteur, graveur et médailliste, Fernand Dubois collabora avec Horta dès 1893, à l’occasion du projet de l’Hôtel Tassel où il réalisa entre autres un encadrement de porte. Bien qu’Horta l’ait considéré
dans ses Mémentos comme un créateur possédant non seulement “l’âme artiste, mais le cerveau notablement meublé”, il connut une fortune critique comparable à celle réservée à Hobé. À la tête
du Musée Horta lorsqu’une rétrospective lui fut consacrée en 1988, Françoise Aubry tâchera donc d’inverser cette tendance à partir de pièces inédites.
Le constat est à peu près similaire pour Paul Du Bois : si ses talents de sculpteur classique et de médailleur restent aujourd’hui reconnus, l’on a pratiquement oublié qu’il fut l’un des pionniers de l’Art nouveau belge, via notamment la réintroduction du travail de l’étain. Professant la propagation du “Beau partout, par tous, pour tous”, Paul Du Bois verra sa production de petits objets mise en perspective par Églantine
Lebacq, directrice du Centre Daily-Bul & C° à La Louvière et auteure en 2003 d’un mémoire consacré au rôle joué par cet artiste dans le renouveau des arts décoratifs à la fin du XIXe siècle.
Pour terminer, Anne Pluymaekers, directrice du pôle Culture du Cerfav (Centre européen de recherches et de formation aux arts verriers) à Vannes-le-Châtel (France), se chargera d’investiguer le corpus inédit
formé par une petite dizaine de vases de Léon Ledru. D’origine parisienne, ce dernier fit partie de la galaxie d’artistes révolutionnaires en contact avec Horta via ses fonctions de directeur de l’atelier de décoration au Val Saint Lambert, où il lui offrit des moyens de production hautement qualitatifs ; ce dont profitèrent également Philippe Wolfers et Henry Van de Velde.

Date de la sortie de la version française du premier volume : le 28 novembre 2019
Prix : 69 euros
Langues : français, néerlandais, anglais
Nombre de page : 288
Nombre d’illustration : 330
Graphisme : Graphic-design by Songe s.p.r.l
Code ISN version FR : 978-2-9602021-2-0 9782960202120