MEMOIRE ET REINCARNATION : Retour de Chine

Eva L’Hoest Babis Kandilaptis Emmanuel Dundic Alexandra Dementieva Ronald Dagonnier Comment ne plus rien voir, 2010. Christopher Bouts Alain Bornain Cathy Alvarez Michel Beine

Retour de l’exposition organisée en Chine au Centre culturel ADGY de Pékin en 2018.
25.05 > 07.07.2019

L’art interroge sur les relations que nous établissons entre la mémoire et le réel. La mémoire relève de notre esprit en tant que pensée qui garde le souvenir du passé. Or la mémoire est plurielle, elle relève de notre vécu personnel mais aussi d’une mémoire collective, somme imparfaite des mémoires de plusieurs individus. Elle est en évolution permanente, résultat d’oublis, de déformations, de reconstructions voire de manipulations. On ne peut pas raisonnablement affirmer qu’elle permet de fixer et conserver le passé en tant que réalité.
La création artistique reconstruit le réel, elle réincarne, elle transcende la(le) passé.
Nous avons choisi d’illustrer ce propos par une exposition rassemblant une dizaine d’artistes s’exprimant via des médias différents. Chacun d’entre eux alimente sa création par son vécu personnel, celui de sa famille ou celui de la société dans laquelle il évolue. Histoire vécue, histoire de familles, Histoire avec un grand H. sont évoquées et réincarnées dans leurs travaux.

Cathy ALVAREZ – Michel BEINE – Alain BORNAIN – Christopher BOUTS - Dominique CASTRONOVO et Bernard SECONDINI – Ronald DAGONNIER – Alexandra DEMENTIEVA – Emmanuel DUNDIC – Babis KANDILAPTIS – Mégane LIKIN – Eva L’HOEST - Selçuk MUTLU – Edouard PAQUAY – Charles-Henry SOMMELETTE – Gaëtane VERBRUGGEN

Retour de l’exposition organisée en Chine au Centre culturel ADGY de Pékin en 2018.

Cathy Alvarez (installation)
Cathy Alvarez élabore toute une série de petits travaux à partir de papier, crayon, fusain, picotage,
broderie, photo.
Elle ne dédaigne pas ce qui pourrait évoquer les « ouvrages de dames ». A travers ceux-ci, c’est
l’absence, l’évocation de la famille, la perte, la nostalgie, le souvenir, la mémoire…qui sont ainsi
traduits par de petits montages, des installations.

Sans titre, 12 photos miroir en cercle, 2017.

Michel Beine (photographie)
Michel Beine enseigne l’histoire de la photographie, la photographie contemporaine et le droit de
l’image en cours du soir à Saint-Luc Liège depuis 2004. Depuis 2017, il suit des cours de reliure à
l’École des arts et métiers à Liège.
Cet amoureux du cinéma et de la littérature américaine voyage à travers les Etats-Unis depuis de
nombreuses années et nous ramène des photographies à la vision frontale, au cadrage serré, à la
lumière aveuglante, au léger flou, aux couleurs passées.
Plus récemment, il a mené un travail de recherche plus introspectif sur ses origines. En effet, bien
que photographiant le Maroc depuis longtemps, c’est sous l’angle de son histoire personnelle qu’il
l’aborde aujourd’hui dans son livre d’artiste « Tanger Inn ».

Bar à jus, Agadir, Maroc, 2014

Alain Bornain (installation)
Plasticien, enseignant, il s’investit dans une pratique pluridisciplinaire et picturale autour des
questions de l’image et du langage.
Les principales préoccupations artistiques d’Alain Bornain sont la temporalité, la vanité et
l’existence.
Sculptures, installations, photos sont les supports de ces interventions, à travers elles, il évoque sa
propre histoire.

Blackboard, ardoises 2x (18x24 cm), s.d. (extrait)

Christopher Bouts (vidéo)
Jeune diplômé de l’Ecole Supérieure des Arts de la Ville de Liège, Christopher Bouts développe
dans ces vidéos des thématiques telles que la mémoire comme objet de modification, les souvenirs
d’autrui que l’on s’approprie pour se construire, les rituels donnant sens à la vie…
Impressions digitales, courts-métrages, gravures sur verre…les réalisations de Christopher Bouts
prennent de nombreuses formes au fil de ses recherches.

Erosion mnémonique #2, gravure laser sur verre, 22x17 cm

Dominique Castronovo et Bernard Secondini (vidéo)
Professeur de vidéo à l’Ecole Supérieure des Arts de la Ville de Liège, Dominique Castronovo
travaille en duo avec son compagnon Bernard Secondini.
Ensemble, ils dissèquent les images, les films, les textes avant de les recomposer. Ils se
réapproprient ces symboles par un travail de greffe. Ainsi, Dominique superpose par exemple son
visage sur celui de stars du cinéma en un fondu enchaîné rappelant que les notions de beauté,
d’apparence, d’individualité peuvent disparaître petit à petit.

Comment ne plus rien voir, 2010.

Ronald Dagonnier (vidéo-installation)
Photographe, vidéaste et professeur d’Arts numériques à l’Ecole Supérieure des Arts de la Ville de
Liège.
Ronald Dagonnier est un artiste engagé, il porte un regard critique sur les « monstres sacrés » de
notre société, sur les dérives d’un système économique qui ignore l’Humain. Projections
lumineuses, hologrammes, impressions 3D, il explore depuis quelques temps les « vanités » de
notre histoire par des recherches sur la re-matérialisation des images.

Memories, Psycho, Vidéo projection, 2018.

Alexandra Dementieva (vidéo-installation)
Les principaux intérêts d'Alexandra Dementieva se concentrent sur la psychologie sociale et la
perception du spectateur. Son travail vidéo intègre différents éléments, y compris la psychologie
comportementale, le développement de la narration à l'aide d'une «caméra subjective».
Ses projets d'installations interactives tentent d'élargir le potentiel de perception de l'esprit en
utilisant différents matériaux de production : ordinateurs, projections vidéo, bandes sonores,
diapositives, photographies…

Sleeper, 2017.

Emmanuel Dundic (peinture, installation)
Le travail d’Emmanuel Dundic possède un caractère évolutif (messages diffusés, transformation des
matériaux utilisés…). Jamais à sa place...il sera toujours un réfugié.
Ses installations sont empreintes de drame, de silence. Elles évoquent l’exil intérieur.
Peintre de formation, il collectionne des objets glanés à la manière d’un archéologue. Depuis
quelques temps, c’est la vie des châteaux qui retient son attention.

Sans titre, technique mixte, 2017

Babis Kandilaptis (peinture, installation)
Petit-fils de pope grec orthodoxe vivant à Liège, Babis Kandilaptis développe depuis le milieu des
années 80, un travail plastique métaphorique s’attachant à mesurer l’impact mémoriel des images
et leur cheminement au sein des imaginaires individuels et collectifs.
Il revisite l’histoire de sa famille et celle de la guerre civile des années 40 dans son pays d’origine.

Sans titre, 1996.

Eva L’Hoest (vidéo)
Jeune vidéaste issue de l’Ecole Supérieure des Arts de la Ville de Liège, ses oeuvres relèvent plus de
la mémoire que du documentaire.
Elle joue sur le pouvoir hypnotique des images où la force de surgissement de la lumière
questionne sur la nature des corps ou l’objet filmé. Dans ses oeuvres, les formes deviennent
presque abstraites. Eva L’Hoest développe également un goût prononcé pour le noir qui capte
l’attention du spectateur.

Under automata, vidéo, 2016.

Mégane Likin (peinture, dessin)
[…] En peu de touches, en à peine quelques traits esquissés, ils font naître un sentiment intime, une
émotion profonde. Étrangeté et familiarité, mélancolie et apaisement, concentration et relâchement,
tout d’une pièce. Des paysages, pourtant en apparence déserts et muets, vous saisissent comme
des portraits qui chuchotent. Aquarelles sur toile d’abord; puis techniques mixtes, tantôt mêlant
crayon et aquarelle, tantôt à la mine seule, sur bois à noeuds retors ou sous calque translucide,
disent la même contemplation, la même célébration, la même méditation. […]
À bien y regarder pourtant, et à mieux la connaître, on comprend peu à peu qu’il ne s’agit pas tant
de contemplation, et qu’il n’est même pas vraiment question de paysage dans le travail de Mégane
Likin ; elle peint des souvenirs, résurgences vagues et précises qui pourraient être les nôtres, qui
sont peut-être les nôtres, qui sont sûrement les siens. Et dont la fragilité et l’apparence
d’inachèvement nous font comprendre qu’ils émanent d’une matière changeante, évolutive. La
mémoire n’est pas faite d’instants gravés pour l’éternité, immuables, comme a parfois tenté de nous
le faire croire certaine pratique de la photographie. Elle est au contraire mouvante et ondoyante
comme un ciel que font et défont les nuages ; elle s’approche et repart comme une mer
renouvelée ; elle redessine et réécrit inlassablement, comme nous tous. […]
Emmanuel d’Autreppe

Embrasement, dessin, 11x11 cm, 2018

Selçuk Mutlu (peinture, installation)
L’artiste et poète turc Selçuk Mutlu vit et travaille à Liège. Qualifié de « dandy inquiet », son
inquiétude est issue d’un pessimisme obstiné et se traduit par une quête constante des moyens
d’expression, dessins, peintures, vidéos, installations, performances, poésies… .
Victoires et défaites, dans le labyrinthe du travail de l’artiste il faut sans cesse réaffirmer son choix.

Nature(s) morte(s) - Bloody lemons, sang sur papier, 2017

Edouard Paquay (peinture, photographie, vidéo)
Jeune diplômé de l’Ecole supérieure des Arts de la Vile de Liège.
Les créations d’Edouard Paquay parlent d’instants figés dans le temps, de fragments de vie, de
silence, de moments suspendus entre rêve et réalité, de l’illusion, de l’envie, du fantasme de l’audelà.
Au travers de ses oeuvres, il tend à illustrer une forme d’introspection, il cherche à capturer un
fragment d’éternité au coeur d’un instant, d’un souvenir, d’un regard.
Il développe ses recherches en travaillant sur plusieurs axes gravitant autour du subconscient : le
rêve, l’être, le temps…
Nostalgie, désir, confusion, les travaux d’Edouard Paquay représentent des souvenirs, des illusions,
des lieux…qui lui sont propres et auxquels il tient mais qui sont également une source de mystère.
Au fil du temps, l’expression de la couleur, la recherche de la mise en place d’une atmosphère et le
travail de la transparence ont pris de plus en plus de place au sein de son processus de création.
Aujourd’hui, ils sont aussi importants que le sujet de la toile en lui-même.

La présence de l’Absence, photographie, 30x40 cm, 2016

Charles-Henry Sommelette (peinture, dessin)
Jeune peintre, il réalise aussi bien de très grands fusains que de petites peintures, ou encore des
dessins de petits formats.
Les oeuvres de Charles-Henry Sommelette représentent des paysages familiers, des moments du
quotidien. Autant d’instants suspendus en noir et blanc ou de moments capturés en couleurs... Il
revisite ses sujets entre le réel et l’irréel, à la fois réalistes et rêvés. Ainsi, dans un décor bien réel
apparaît un élément égaré et tout devient extraordinaire. Il y a toujours un élément qui fait
basculer cette ordonnance trop parfaite.

Sans titre, fusain, 2016.

Gaëtanne Verbruggen (peinture, dessin)
Jeune diplômée de l’Ecole supérieure des Arts de la Ville de Liège, Gaëtane Verbruggen cherche à
extérioriser des souvenirs intraduisibles et fragiles, souvent un peu flous. Son intention n’est pas de
les développer clairement, mais de laisser parler l’esprit de chacun afin que le spectateur puisse
s’identifier aux tableaux, se remémorer un sentiment, une émotion, une réflexion…
Durant cette recherche sur ses propres souvenirs, Gaëtane Verbruggen s’est intéressée aux lieux
oubliés. Ces sites remplis de souvenirs, auxquels personne ne prête attention.
Les supports qu’elle utilise souvent dans ces créations sont des morceaux de bois retravaillés. Ces
derniers possèdent déjà une histoire, elle les récupère chez des voisins, des amis… Après une
première vie, elle les retravaille afin qu’ils deviennent de nouveaux objets à part entière. Elle leur
donne une nouvelle vie, mais en n’oubliant jamais ce qu’ils étaient avant et ce qu’ils représentent.

Sans titre, huile sur bois de récupération préparé, 2018

Informations pratiques
> Lieu
Chaussée de Ramioul, 19
Flémalle
> Contact
chataigneraie@cwac.be
04/275.33.30
> Site internet
www.cwac.be
> Dates
Du 25 mai au 07 juillet 2019
Vernissage le 24 mai à 18 :30
> Horaires
De 14h à 18h sauf le mardi de 14h à 17h, ou sur rendez-vous
Fermé les lundis, jeudis et jours fériés
> Tarif
Entrée libre
> La Châtaigneraie ce sont aussi des stages et des ateliers.
Plus d’infos sur www.cwac.be