« Silence ». la BD de Didier Comès au cinema

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Jeudi 6 juin à 20h, Salle Prume, Abbaye de Stavelot
La BD de Didier Comès transposée à l’écran et illustrée musicalement « Silence » avec Nicolas Hanlet : claviers | Gérard Malherbe : guitare | Albert Moxhet : récit

L’historie
L'histoire se déroule à Beausonge, village imaginaire des Ardennes. « Silence », un jeune homme muet et simple d'esprit, est l'homme à tout faire de l'odieux et brutal Abel Mauvy, riche agriculteur très influent dans le village. Il fait la connaissance d'une sorcière aveugle qui lui révèle le secret de ses origines, ainsi que les raisons qu'ils ont tous deux de se venger d'Abel Mauvy... Le célèbre album de Didier Comès est ici projeté, case par case, sur grand écran et illustré musicalement. Une illustration musicale originale et improvisée qui enrichit la lecture, ouvre vers une nouvelle dimension et entraîne le spectateur dans un univers envoûtant. 
Un projet original et unique. Le spectacle est précédé d’une conférence de 35’ donnée par Albert Moxhet sur l’œuvre de Didier Comès, sur le chamanisme et les pratiques magico-religieuses. L’album est projeté, case par case, sur un écran et est illustré musicalement par deux
musiciens confirmés.

L’apport musical
L’illustration musicale donne une autre dimension à l’oeuvre Comès. Elle enrichit la lecture, apporte une sensibilité accrue et entraîne le spectateur dans un univers envoûtant. Assurément, ce type de lecture permet de redécouvrir l’oeuvre différemment. Les musiques choisies sont variées et bien adaptées.
De très larges séquences sont originales et improvisées.

Le projet
Didier Comès est né en 1942 à Sourbrodt, petit village des cantons de l’est. Son père parlant allemand et sa mère wallon et français, il se définit lui-même comme étant un « bâtard de deux cultures », caractéristique dont on retrouvera la trace dans son imaginaire.
En sortant de l’école à 16 ans, il sera dessinateur industriel dans une entreprise textile de Verviers. En même temps, il s’initie à la musique. Il s’intéresse surtout au jazz, s’essayant aux percussions, et ne viendra à la bande dessinée que plus tard. En 1969, il écrit Hermann, une série de gags humoristiques publiée dans les pages Jeunesse du Soir. En 1973, Pilote publie le premier épisode d’Ergun l’Errant, Le Dieu vivant, dont le deuxième épisode, Le Maître des Ténèbres, ne paraîtra qu’en 1980 chez Casterman. En 1975, celui qu’on considère déjà comme l’héritier spirituel d’Hugo Pratt, écrit L’Ombre du Corbeau. C’est en 1980 que Casterman publie Silence, album qui consacre Comès et pour lequel il abandonne la couleur pour la technique du noir et blanc. Ensuite viendront La Belette (1983), Eva (1985), L’Arbre-Coeur (1988), Iris (1991), La Maison où rêvent les arbres (1995), Les Larmes du tigre (2000) et Dix de der (2006).
« Il n’y a pas une mais des Wallonies et différentes façons de parler. Seule la recherche d’identité est commune. Et aussi l’attachement à la terre, aux racines, à certaines valeurs du passé. Et aussi l’entêtement et l’indépendance, propres à toutes les minorités. Petit, j’ai été nourri de légendes allemandes, inquiétantes, peuplées de nains, de sorciers, qui ressemblaient à certains contes bretons. La Wallonie demeure très celtique. C’est une terre de brumes et de mystères. »

Silence
« Silence » est publié dans le mensuel (À SUIVRE) en 1979. Il est sorti en album l’année suivante chez Casterman, dans sa version originale en noir et blanc. Débutant comme une chronique paysanne, l’histoire verse bientôt dans l’onirique et le fantastique. Succès public et critique, Silence a obtenu l’Alfred du meilleur album au Festival d’Angoulême 1981. Il a permis à Comès, alors âgé de 38 ans mais n’ayant publié qu’un album, de s’affirmer comme un auteur majeur de la bande dessinée francophone de son époque.
En 2001, la maison d’édition belge a édité une version colorisée par Marie-Noëlle Bastin et découpée en deux tomes.

Les musiciens
Nicolas Hanlet et Gérard Malherbe sont deux musiciens verviétois issus du jazz et de la variété. Compagnons de longue date de Jean Vallée, ils ont accompagné celui-ci au gré des tournées nationales et internationales. Passionnés de jazz depuis de nombreuses années, ils se sont également produits avec des jazzmen belges de renom tels que Steve Houben et Guy Cabay.

Albert Moxhet
Albert Moxhet, né le 2 novembre 1940, est un écrivain belge, auteur ou coauteur d’une quarantaine d’ouvrages, romaniste, critique d’art dans la presse écrite, la presse audio et sur Internet, licencié en philosophie et lettres, agrégé de l’Université de Liège.
Également auteur de contes, de nouvelles et d’oeuvres théâtrales, créateur de catalogues pour des expositions d’art, Albert Moxhet est aussi conférencier, réalisateur de courts métrages, de scénarios et de montages relatifs au patrimoine légendaire pour des émissions audiovisuelles.
Il effectue des reportages, rédige des communications pour divers colloques, des préfaces, des chroniques artistiques hebdomadaires et apporte sa participation à des ateliers d’initiation aux légendes ».
« Encrage » avec un « e », c’est le titre d’un ouvrage que le theutois Albert Moxhet consacre au dessinateur waimerais Didier Comès, décédé en 2013.
Un ouvrage qui se veut le premier tome d’une série et qui s’intéresse plus particulièrement à la sorcellerie et aux croyances magico-religieuses dans l’oeuvre de l’auteur de « Silence » ou de « l’Arbre cœur » notamment. Ces thèmes liés aux croyances anciennes ont été abondamment exploités dans l’oeuvre de Comès et il en subsiste encore des éléments actuellement, comme le précise l’auteur Albert Moxhet.
« On retrouve ce thème dans la toponymie par exemple ou dans les pratiques superstitieuses souvent aménagées par le Christianisme. On sait que certains lieux de dévotion l’étaient souvent bien avant. Les fontaines curatives sont généralement accolées aux noms d’un Saint mais ces fontaines
étaient déjà renommées avant. Si on prend Noël, elle était déjà la fête d’un certain renouveau dans l’antiquité préchrétienne. La symbolique est fondamentale ».

Une organisation du centre culturel dans le cadre de l’exposition temporaire « Didier Comès, l'encrage ardennais », qui se déroule du 20 décembre 2018 au 5 janvier 2020 à l’Abbaye de Stavelot.

Info et rés : 080 88 05 20 ou via la billetterie en ligne www.ccstp.be
PAF : 12 € | Prévente : 10 € | Art. 27 : 1,25 €