Houffalize. Offensive. Prémonition de l'Officier allemand

écrit par ReneDislaire
le 25/01/2020
Andre Charles et Nelly Simon, deux temoins oculaires des bombardements disparus il y a peu.

OFFENSIVE. 150e anniversaire.
Flash-back pour les nuls…
Le 6 juin 1944 a lieu le Débarquement en Normandie. Le Débarquement, ce sont les Alliés : les Américains et les Anglais, auxquels on incorpore les Canadiens et les Australiens (Commonwealth). Commandant en chef des Alliés : l’Américain Eisenhower. Noter que les Français (De Gaulle) ou les Belges, négligeables, n’en font pas partie au sens strict.
Après le Débarquement les Alliés pourchassent les Allemands vers l’Allemagne. Ça s’appelle la Libération (des zones soumises à l’Occupation par les Allemands).
Libération de la France, de la Belgique, des Pays-Bas.
La Libération de Houffalize. On considère que Houffalize a été libérée le dimanche 10 septembre 1944 (pour protéger leur fuite les Allemands avaient fait sauter le pont de la route de Liège, dit « pont Lanham », qui fut aussitôt reconstruit en 45 minutes par des artisans houffalois).
Le lundi 18 décembre est admis à Houffalize comme le premier jour de l’Offensive des Ardennes : le retour des Allemands, donc la fin de la Libération.
La Libération a donc duré du 10 septembre au 17 décembre 1944 (mais ces dates sont flottantes à un ou deux jours près).
La liesse de la Libération
Libérée en septembre, Houffalize fêta follement l’évènement. Les Alliés (américains) défilèrent sous les acclamations. On leur offrit ce qu’on avait encore comme victuailles, café, chocolat ; les femmes cuisaient des gâteaux, les hommes débusquaient les bonnes bouteilles de derrière les fagots.
On couvrait les Américains de fleurs et … de baisers.
Les bals se multiplièrent, où l’allégresse des jeunes filles le céda bientôt à la légèreté, selon les constats du clergé, Le relâchement du respect de la bonne conduite justifia une intervention auprès d’un commandant américain qui répondit, en substance, qu’il faudrait s’habituer aux mœurs plus évoluées des libérateurs...
Nous avons repris ce type de considération dans les récits du Doyen Georges, réécrits par Sœur Aurélie. Sœur Aurélie ? Tous les Houffalois et Houffaloises de deux générations s’enorgueillissent d’avoir appris à lire et à écrire, dès l’âge de 4 ou 5 ans, à l’école de la grande pédagogue que fut l’inoubliable Sœur Aurélie.

La prémonition de l'Officier allemand
Le mercredi 20 décembre (Offensive) les Allemands qui avaient reconquis la ville organisèrent dans les rues de Houffalize une entrée qui n'avait rien d'un péplum, si ce n'est en présentant avec leurs Panzer, leurs tanks redoutables.
C’est au cours de ce défilé que « le bourgmestre fut convoqué à l'hôtel de ville et cette phrase lui fut servie par l'officier en chef allemand : En septembre, vous avez couvert les Américains de fleurs, eux vous couvriront de pierres.
Cinq jours plus tard, les premières victimes des bombardements alliés à tombaient à St-Roch : la prémonition de l’officier allemand commençait à s’avérer.

René Dislaire Houffalize, le 27 décembre 2019

Photo
Les époux René Charles (19/05/1929 - 18/06/2019) et Nelly Simon (18/08/1929 - 10/03/2016) furent des témoins historiques de l'Offensive.
La mère de René, Éléonore Remacle, a été la première victime des bombardements. Elle habitait à St-Roch. Les hauteurs de Houffalize furent les première cibles de l'aviation anglaise: c'est là que les Allemands avaient tout naturellement installé leur défense antiaérienne, à neutraliser en priorité.
La deuxième victime, le même jour de Noël, fut Charles Cawet, qui mourut exsangue chez le docteur Verheggen où on venait de le transporter.

  • Andre Charles et Nelly Simon, deux temoins oculaires des bombardements disparus il y a peu.
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