La technique des Pays-Bas pour contrer le coronavirus est différente de la nôtre : aberration ??

écrit par francois.detry
le 18/03/2020
Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte  ( photo Sud Info )

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a déclaré lundi vouloir favoriser le développement d’une immunité collective aux Pays-Bas, où, a-t-il averti, la plupart de ses compatriotes seront contaminés par le nouveau coronavirus. Il a exclu un confinement total de la population.
« Il n’y a pas de message facile pour vous ce soir (…) La réalité est qu’une grande partie de la population néerlandaise sera infectée par le coronavirus. C’est ce que les experts nous disent », a déclaré M. Rutte d’un air grave dans un discours télévisé.
Le gouvernement néerlandais a ordonné dimanche la fermeture de l’ensemble des écoles, bars, restaurants, maisons closes ou encore coffee shops jusqu’au 6 avril.
Dans son discours à la nation lundi, le Premier ministre a annoncé que son gouvernement voulait parvenir à une « immunité de groupe » dans l’attente d’un vaccin, laissant les personnes les moins vulnérables attraper le virus tout en protégeant les personnes âgées et les malades, ce qui pourrait prendre « des mois, voire plus ».

Il a souligné qu’à la différence de l’Italie, de l’Espagne ou de la France, qui ont imposé des mesures fortes pour enrayer la propagation du Covid-19, les Pays-Bas n’envisageaient pas de confinement total.
« Dans ce scénario, nous devrions fermer notre pays pendant un an ou même plus, avec toutes les conséquences » que cela implique, a-t-il expliqué, ajoutant que le virus « pourrait réapparaître immédiatement si les mesures étaient retirées ».
Selon le dernier comptage des autorités, 1.413 cas de contamination par le nouveau coronavirus ont été détectés aux Pays-Bas, dont 24 décès. ( Sud Infos 17-03-2020 )

Le coronavirus à nos frontières
La carte de la province du Limbourg hollandais ( reprise en annexe ) montre 33 cas à Maastricht (197 au total pour cette province où on relève 6 décès). L'âge de malades décédés à Maastricht varie de 59 ans pour le plus jeune à 94 ans pour l'aîné.
211 malades ont été dénombrés dans l'agglomération d'Aix-la-Chapelle. Il y en à 100 pour la ville d'Aix-la-Chapelle. On y parle de deux décès (un homme né en 1940 et un autre décédé à l'hôpital d'Eschweiler né en 1936).

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- Réponse de Philippe OLISLAGERS, professeur à la Haute Ecole de la Province de Liège
Je comprends l’inquiétude vis-à-vis des Néerlandais, d'autant plus qu'ils sont nos voisins immédiats et que notre gouvernement a opté pour une autre méthode : la distanciation sociale (commencée un peu tardivement à mon avis).
Mais nous ne savons pas qui aura le moins d'effets mortel : eux ou nous ?
La technique des Pays-Bas se base aussi sur une approche d'experts qui tablent sur une autre façon de procéder : laisser la maladie envahir le pays (95 % des Néerlandais, comme 95 % des autres européens d'ailleurs, finiront à terme par être touché par le virus. C'est inéluctable. Et heureusement la grande majorité ne s'en rendra même pas compte (les asymptomatiques - 80% si mes données sont exactes) alors que 20 % seront malades (les symptomatiques - 20% si mes données sont exactes). La majorité des malades le seront plus ou moins, et guériront. Seul un % en mourront pour plusieurs raisons…
Parmi ces raisons il y a la capacité de nos hôpitaux publics ou privés à faire face à une arrivée massive de cas sévères, aux urgences.
Notre stratégie est d'espérer qu'il n'y aura pas trop de cas sévères en nos urgences, qui seraient submergées par manques d'agents de soin (la faute à qui ?) ou de matériel spécifique (la faute à qui ?). Alors les urgences seraient obligées de réaliser une "médecine de guerre", laissant mourir les uns quand on choisit d'essayer de sauver les autres. C'est là qu'il risque d'y avoir plus de victimes (la faute à qui ?).
Les Pays-Bas tablent sur une "vaccination naturelle" du plus grand nombre qui auraient le même effet qu'une distanciation, le virus ne trouvant plus assez de personnes pour se répandre. Leur logique est là.
Nous ne savons pas dire aujourd'hui si leur pari ou le nôtre sera le meilleur.
Le seul problème pour nous, c'est la proximité, dans le BENELUX, de deux méthodes différentes… Et là, oui, ils ont fait cavaliers seuls, persuadés d'avoir fait le bon choix. La Grande Bretagne avait fait le même choix, d'ailleurs.
Quoi qu'il en soit, ne croyons pas que nous seront épargné par le virus en Belgique. Il frappera simplement plus tard, laissant à nos structures hospitalières le temps de guérir plus de personnes en fonctions de notre nombre de lits disponibles. C'est donc pas gagné, mais c'est notre choix !

© François DETRY
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