Offensive/Conte de Noël/Tribulations de Tonton Hans en Europe

écrit par ReneDislaire
le 10/01/2020

Offensive/Conte de Noël/Tribulations de Tonton Hans en Europe
Aujourd’hui je propose une petite histoire, un feuilleton en deux ou trois épisodes, qui peut être racontée aux enfants, même si elle se termine mal. Le début est une fiction où tout est vraisemblable, à but didactique.
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En 1939 Hans était tailleur à Hanovre, dans le nord de l’Allemagne. Un modeste tailleur bien vu dans son quartier. Il avait presque trente ans quand il eut son premier enfant, Greta ; il n’en eut jamais d’autre. Organiste à l’église luthérienne, le dimanche matin il initiait quelques garçons au solfège : il les préparait ainsi pour chanter ensuite dans la chorale.
En septembre 1939 Hans fut enrôlé dans la Wehrmacht, l’armée allemande, pour envahir la Pologne. C’était juste, avait dit le Führer Adolf Hitler, et Hans l’avait bien expliqué à Greta, pour y aller exploiter des mines de charbon, car l’Allemagne n’en avait plus sur son territoire pour se chauffer l’hiver. Greta était fière de son papa et elle trouvait beau le petit drapeau qu’il lui avait offert, une croix gammée noire dans un rond blanc au milieu d’un carré rouge vif.
C’est en Pologne que Hans vit pour la première fois des morts au combat de tout près. Des Polonais hurlants dont le sang giclait, déchiquetés par les bombardements de l’aviation allemande, la Luftwaffe. Il en eut des hauts le cœur, Hans qui aimait tant Beethoven, mais c’était pour la bonne cause qu’il faisait la guerre. Et comme tous les soldats, il se galvanisait ensuite en chantant au pas des marches guerrières.
Pendant 5 ans, Hans fut transbahuté dans les régiments de la Wehrmacht sur tous les fronts.
En mai 1940, sous les ordres du Feldmarschall von Rundstedt qu’il avait déjà servi en Pologne, il engageait le combat contre les Chasseurs Ardennais dans la région de Martelange (la campagne des 18 jours en Belgique), puis découvrit la mer du Nord aux environs de Dunkerque. Toujours victorieux.
Puis jusqu’en 1942, sous l’autorité du Generalfeldmarschall Rommel, la bataille du désert : des mois sous la chaleur torride du sec environnement saharien, où se faisait souvent rare le ravitaillement en eau, en nourriture et en médicaments.
En 1942 /1943, bataille de Stalingrad et du front de l’Est. Hans en sortit anéanti, survivant par miracle et au froid, et à la famine, et aux marches forcées plusieurs jours sans sommeil, et aux décharges permanentes de la formidable artillerie de l’armée russe. L’enfer durant des mois dans la neige qui n’était jamais blanche : noire de retombées des agressions et rouge du sang des hommes des deux camps. Des combats où les morts se comptent par dizaines de millions.
Il prit part à la bataille d’Italie.
Puis ce fut la débâcle de Normandie, après le débarquement du 6 juin 1944. Chassés de France par les troupes alliées de la Libération, Hans et ses compagnons regagnèrent le Heimat, le territoire de la mère patrie allemande. Le comble de l’humiliation pour le Führer qui, génie devenu fou, et contre l’avis de ses généraux conscients de ce que la guerre était perdue, décida l’Offensive des Ardennes.
Sous les ordres du Generalfeldmarschall von Rundstedt comme en Pologne et comme en Ardenne il y a cinq ans mais sans plus y croire, Hans entra à Houffalize, le mardi 19 décembre 1944, par la route de Bastogne.
Houffalize est une belle petite ville comme il n’en existe pas dans la plaine du nord de l’Allemagne. Un charmant décor de vallée enneigé traversée par une rivière que l’hiver avait rendue torrentueuse. Les piétons, bien emmitouflés, se déplaçaient au ralenti sur les trottoirs glissants de la dernière semaine de l’avent. C’était dans six jours Noël.
On remarquait des rares traces de la Libération en septembre, un pont provisoire, mais des sapins décorés ornaient les rues, les vitrines étaient garnies et celles des pâtissiers mettaient en appétit avec des bûches au chocolat américain, ce chocolat dont on avait été privé pendant cinq ans. Les cafés et les hôtels restaurants avaient fait provision de fûts de bière.

René Dislaire ©Houffalize, le 10 janvier 2020
(à suivre)

Houffalize. Offensive de 1944/1945. Conte.
Hans, Perpétue et Félicité. Liens vers les 7 chapitres.

* Houffalize. Offensive. Conte. Hans, Perpétue et Félicité. Chapitre 1. Les trtibulations de Hans en Europe
* Houffalize. Offensive. Conte. Hans, Perpétue et Félicité. Chapitre 2. Hans prend ses quartiers à Houffalize
* Houffalize. Offensive. Conte. Hans, Perpétue et Félicité. Chapitre 3. L’allemand Hans sous les bombardements
* Houffalize. Offensive. Conte. Hans, Perpétue et Félicité. Chapitre 4. Le SS doryphore
* Houffalize. Offensive. Conte. Hans, Perpétue et Félicité. Chapitre 5. Hans et la petite Perpétue
* Houffalize. Offensive. Conte. Hans, Perpétue et Félicité. Chapitre 6. Hans et Sepp croisent deux connaissances
* Houffalize. Offensive. Conte. Hans, Perpétue et Félicité. Chapitre 7. 6 janvier 1945. Fin

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