Jean-Pierre Blaise , un camionneur belge dans le top 10 européen !

écrit par admin
le 14/06/2008
Jean-Pierre Blaise

Après être passé par tous les championnats belges pour voitures de tourisme, Jean-Pierre Blaise a goûté pour la première fois aux courses de camion il y a trois ans. En 2008, le Malmédien a replongé et il dispute entièrement le très relevé Championnat d’Europe. Avec succès, d’ailleurs, puisqu’il occupe actuellement une superbe 9e place au championnat !

Imaginez un peloton de 28 camions de 5,5 tonnes bourrés de chevaux, lancés à 160 km/h vers un premier virage que la plupart des concurrents vont prendre en dérive complète, parfois même en jouant des coudes et en frictionnant les carrosseries… Les courses de camion, c’est ça ! Discipline hyper-spectaculaire, les courses de camions ont comme compétition phare le Championnat d’Europe, officiellement reconnu par la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA). Après y avoir goûté brièvement en 2005, un pilote belge a décidé de disputer l’entièreté du championnat en 2008.

« Les camions, c’est ma grande passion, sourit Jean-Pierre Blaise. Pourtant, j’ai commencé la compétition en caisse à savon (rallycross), avant de passer sur circuit. J’ai évolué en provincial, en Belcar, en Procar, avec un titre de champion de Belgique à la clé face à Fanny Duchateau, et en BTCS. Mais comme je roule en camion toute la journée, je ne pouvais qu’être impressionné par ces monstres qui venaient une fois par an à Zolder, lors du Truck Super Prix. Un jour, je me suis donc arrangé pour monter en tant que passager lors d’une opération de relations publiques. Ce fut la révélation ! »

Contrairement à une idée préconçue, les camions de course n’ont plus rien à voir avec des bahuts de série. Disposant d’une quantité infinie de réglage, équipé d’un système d’acquisition de données et de pneus spéciaux, ces engins affichent des performances à peine croyables. « Ce qui est le plus impressionnant, estime Jean-Pierre, c’est le freinage. A Zolder, je freine avec mon camion au même endroit qu’avec une voiture de tourisme traditionnelle. Mais il faut ralentir plus de 5 tonnes ! Ce qui est étonnant aussi, c’est de voir qu’un camion de course se conduit presque comme un kart. A une exception près : il est indispensable de provoquer la glissade pour aller vite. Au niveau du pilotage, c’est donc un bonheur intégral ! D’ailleurs, il n’est pas étonnant de retrouver dans le championnat des pilotes de voiture confirmé. Je pense par exemple à Jean-Philippe Belloc, ancien vainqueur des 24 Heures de Spa, qui s’amuse comme un fou en camion (et à Antonio Albacete double championt sortant????). »

Après quelques courses en 2005 avec un camion loué à une équipe française, Jean-Pierre a décidé de disputer toute la campagne 2008 avec sa propre équipe. Il a donc fait l’acquisition se son propre camion. « C’est un MAN qui fut vice-champion d’Europe en 2005, explique-t-il. C’est un bon camion, mais il n’est bien sûr pas aussi performant que les engins alignés par les différentes usines. Quand je l’ai acheté, son ancien propriétaire m’avait dit que, en tant que privé, ce serait bien si je pouvais rentrer une ou deux fois dans les points, c’est-à-dire dans le top 10. C’était mon objectif du début de saison… »

Mais après les courses de Barcelone et de Misano, les ambitions de ce Malmédien de 37 ans doivent déjà être revues à la hausse. En Espagne comme en Italie, Jean-Pierre Blaise fut en effet la bonne surprise du peloton. Sous la pluie catalane, Jean-Pierre se classait déjà 9e de la Course de Coupe, une course plus courte déterminant la grille de départ de la Course du Chamiponnat et attribuant déjà des points pour le championnat. L’objectif était déjà atteint… Mais le meilleur restait à venir, lors de la Course de championnat (proprement dite). Auteur d’un excellent départ, le Belge contrôlait parfaitement son MAN sur la piste détrempée du premier tour, à l’inverse de bon nombre de ses rivaux. Si bien qu’il se retrouvait rapidement en 3e position ! S’il rétrogradait finalement au 5e rang, Jean-Pierre ne pouvait que se réjouir. « Non seulement j’ai déjà marqué des points, jubilait-il, mais signer un top 5 dans le Championnat d’Europe en tant que pilote privé est déjà un exploit ! C’est génial ! »
Le lendemain, après une nouvelle 9e place en Course de Coupe, il devait s’élancer des stands suite à un problème de turbo. Mais une remontée de la 33e à la 17e place venait confirmer sa bonne performance du samedi.

A Misano, c’est cette fois un soleil de plomb qui attendait la caravane de l’European Truck Racing Championship. Dans le top 10 dès les essais qualificatifs, Jean-Pierre Blaise se classait à la 8e place de la Course de Coupe, puis terminait 7e de la Course du samedi, au milieu des camions d’usine. De nouveau un résultat de choix… Dimanche, le Belge remettait le couvert avec une 9e place en qualif et une 8e place dans la Course de Coupe. Mais alors que des gros points se profilaient, Jean-Pierre commettait une petite erreur lourde de conséquences. « J’étais en bagarre pour la 6e place avec les deux Renault d’usine, explique-t-il. J’étais plus rapide qu’eux, mais il me manquait toujours un peu de puissance pour les doubler. J’ai alors pris des risques en tendant au maximum une trajectoire. Pas de chance pour moi, la pile de pneus placée à l’intérieur du virage avait bougé. Blotti dans le sillage de mon adversaire, je m’en suis rendu compte un rien trop tard et je l’ai percutée… La pile de pneus s’est alors glissée sous mon camion et je me suis retrouvé bêtement avec les roues arrière qui ne touchaient plus le sol. C’était une bête erreur que je ne commettrai probablement plus… Mais c’est le risque qu’il y a à jouer avec les pilotes d’usines. »

Quoi qu’il en soit, le bilan de ces deux premières courses est plus que satisfaisant. Jean-Pierre a déjà fait beaucoup mieux que de marquer un ou deux petits points. Il occupe en effet la 9e place du championnat d’Europe et se montre, de loin, le meilleur des privés. « C’est d’ailleurs mon problème actuel, explique Jean-Pierre. Je dois composer avec un budget limité alors que les pilotes contre qui je me bats ne se tracassent pas trop pour la carrosserie puisque c’est l’usine qui paie. Ils n’ont pas peur de venir au contact… Mais bon, je ne vais pas me plaindre de me retrouver dans une si bonne position. J’ai prouvé que la pointe de vitesse est là et j’espère qu’avec l’expérience je pourrai confirmer ces résultats. »

En juin, Jean-Pierre et sa petite équipe du BJP Racing se rendront en Espagne, à Albacete, puis sur le circuit français de Nogaro. Autant d’occasions pour le petit Belge de faire encore beaucoup parler de lui dans ce Championnat d’Europe !

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