La Gleize: Marche commémorative de la 82ème Airborne

écrit par RobertMARY
le 21/02/2010
Panneau informatif

La marche commémorative dédiée aux vétérans américains et spécialement à ceux de la 82ème division aéroportée, s'est déroulée le 20 février 2010 à La Gleize. Elle est organisée depuis 28 ans par le 82nd Airborne "All American" Jeep Group.
Le parcours retraçait la retraite du Kampfgruppe Peiper.
Nous sommes passés par les points suivants: La Gleize, La Venne, Brume, Chemin de terre de Rahier vers Monceau, Rahier et in fine à la ferme de la Vaux Renard.

Contexte historique

A La Gleize (point de départ et d'arrivée de notre marche), le colonel SS Peiper fut stoppé par la 30th Infantry Div. et le 740th tank battalion à Stoumont, il fut coupé de ses arrières par la 3rd Armored Div. et d’autres unités de la 30th Infantry Div. à Stavelot et à Trois-Ponts.
Le 20 décembre, le 504th Parachute Infantry Regiment de la 82nd Airborne Division reprit Cheneux au sud au cours d’un dur et sanglant combat avec comme résultat, l’encerclement complet du Kampfgruppe Peiper dans La Gleize.

A La Venne, Peiper regroupa ses 800 rescapés.

A Brume, les survivants allemands se cachèrent dans les bois.

Le chemin de terre (boueux en cette journée) de Rahier vers Monceau: tandis que les Compagnies B et C du 1st Battalion du 504PIR (Parchute Infantry Regiment) attaquaient Cheneux à partir de Rahier dans la soirée du 20 décembre, le lendemain, 3rd Battalion 504, commandé par Le Lt. Colonel Julian Cook exécutait une large manœuvre de contournement pour entrer dans le village par le sud par Monceau. Pendant ce mouvement, le 3rd Battalion emprunta ces chemins à travers ces bois.

Rahier : Lorsque la 82nd Airborne fut envoyée d’urgence de Reims dans les Ardennes, le 18 déc., ils avaient d’abord reçu l’ordre de se rendre à Bastogne. Ensuite, comme la menace était plus importante dans le nord, les ordres changèrent pour se rendre au carrefour de Werbomont où ils furent déchargés des camions pendant toute la nuit du 18 au 19 déc. Dès leur arrivée à Werbomont, chaque unité de la Division fut envoyée vers l’avant pour former une ligne défensive pour stopper l’invasion allemande. La première tâche du 504PIR fut de reprendre Cheneux et son pont pour empêcher le Kampfgruppe Peiper de l’utiliser dans le cas où il aurait reçu des renforts à La Gleize.
Dans la nuit du 19 décembre, le 1st Battalion fut envoyé à Rahier pour y établir des PC’s, des lignes de défense et pour préparer une attaque sur Cheneux le jour suivant. Les Compagnies B et C du 504PIR firent mouvement vers Cheneux, mais sur leur route, ils furent stoppés par une force estimée à un bataillon du 1er SS Panzer Grenadier de la 1ère SS Panzer Div. Tandis que le jour tombait, la bataille montait en intensité et il devint apparent que la colonne ennemie contenait plus de blindés qu’il avait été estimé. Subissant une violente contre-attaque, les paras US se replièrent à la nuit tombante sur leur ligne de départ. Le feu ennemi était le plus terrible jamais subi par les hommes du 504. La première de quatre vagues d’assaut fut littéralement mise en pièce et presque anéantie.
Lorsque les munitions s’épuisèrent, ils prirent les positions ennemies pratiquement imprenables à la baïonnette et au poignard. A la fin de la nuit, les parachutistes reçurent l’aide de deux Tank Destoyers M36. A l’aube, l’ennemi déversa une intense préparation d’artillerie et lança cinq contre-attaques successives pendant la journée qui furent toutes repoussées.
Un docteur allemand, un Major, était resté en arrière avec ses blessés et utilisait l’Eglise comme poste de secours. Ce combat est évoqué par la plupart des historiens comme le plus sanglant de la bataille des Ardennes.

La ferme de La Vaux Renard fut reprise par des éléments du 3rd Bn du 504PIR pendant la bataille de Cheneux et fut occupée par des blessés, tant Américains qu’Allemands.

Notre marche

Les participants payèrent un lourd tribut suite aux conditions hivernales (terrain glissant), j'ai assisté à un accident (une personne a un genou en piteux état, la Croix-Rouge a dû intervenir), une autre personne a eu le pouce retourné, une troisième de sérieux problèmes à une jambe. Ceci n'est pas l'apanage de cette marche, votre reporter a eu vent d'accidents similaires à Houffalize et a lui-même eu une côte fêlée lors de la marche de Bihain.
Les 15 premiers kilomètres de la marche se déroulèrent dans des conditions difficiles (montées et descentes sur sol soit neigeux et glissant, soit boueux), les 8 suivants furent nettement plus faciles mais la fatigue du début de la marche était bien là.
Chaque année, le parcours est différent, le parcours de l'an passé (sur les traces du 504th PIR) fut nettement plus facile.
Nous fûmes accompagnés par des "civils" (le parcours est heureusement ouvert à tous et spécialement aux citoyens américains) et ce ne fut pas facile pour eux non plus.
Les reconstituants étant équipés de matériel d'époque, il faut bien constater que celui-ci n'est pas aussi performant que le matériel de randonnée actuel (en particulier les chaussures), par voie de conséquence ces derniers n'en ont que plus de mérite d'être arrivés au bout des 23 Km...
Je ne saurais que trop vous conseiller d'utiliser des chaussures adaptées pour la prochaine édition.

Les participants portant l'uniforme venaient de différents groupes (82ème airborne, 28ème division d'infanterie, 101ème airborne Belgian Friendly -portant le badge de la 82ème airborne pour l'occasion-, Belgian Military Vehicles Trust, ...) et relevaient de nationalités diverses (certains Britanniques représentant la 82ème airborne étaient présents).

La marche relève en quelque sorte de l'exploit sportif (je confesse qu'il y a une pointe d'exagération dans mon propos) et je fus assez fier d'obtenir mon certificat de participation témoignant de la réalisation complète de la marche.
Comme chaque année, un excellent vin chaud (certes mérité) nous attendait à l'arrivée.

Autre performance, celle d'un ancien des forces spéciales, Gene Garren, lequel a fait toute la marche avec des béquilles. Ne le voyant pas arriver longtemps après les derniers, les organisateurs ont envoyé deux Jeeps pour le chercher. Lorsqu'ils l'on rencontré, il n'était pas encore à la ferme de La Vaux Renard, soit au 19,5 ème Km sur 23. Il a formellement refusé de monter en Jeep en déclarant qu'il voulait finir la marche. Ensuite quelques bénévoles sont partis à pied pour l'accompagner car le soir tombait. Il est finalement arrivé à la fin à 19H45, lorsque le banquet avait déjà commencé. Dès son entrée, il a été accueilli par une "standing ovation" par les 160 participants du banquet et les félicitations chaleureuses du Président du club et l'organisateur (Emile Lacroix). Il a déclaré avoir effectué cet exploit en hommage à tous ces braves qui ont souffert et sont tombés en Ardenne. Etant parti à 08H30 du matin, il a effectué cette marche en 11H30..... avec des béquilles.

Vivement la prochaine édition tout en souhaitant un prompt rétablissement aux personnes malheureusement blessées.

Un article en anglais à propos de cette marche (American Legion Web):
http://www.legion.org/news/7172/battle-bulge-routes-retraced

Le blog de l'organisateur de la marche (Emile Lacroix) au sein du 82nd Airborne "All American" Jeep Group:
http://82ndairbornemarch2010.blogspot.com/

D'autres photos de la marche réalisées par le site web de Robert Mary:
http://www.warmuseums.net
http://pegww2.net/Inthefootstepsofthe82ndAirborneDivisionLaGleizeBelgium/

GD

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