7ème Biennale internationale de la Photographie et des Arts visuels de Liège

écrit par admin
le 20/12/2009
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[OUT OF] CONTROL

La Biennale internationale de la Photographie et des Arts visuels de Liège, organisée par le Centre culturel de Liège – Les Chiroux, connaît sa première édition en 1997.
Construite à chaque édition autour d'une thématique, la Biennale combine une haute qualité de programmation artistique avec une accessibilité la plus large possible (prix d'entrée démocratique, dispositifs de médiation).
Elle a de même toujours soutenu les jeunes artistes émergents, en menant un important travail de prospection en Belgique et à l'étranger, et en invitant à Liège des créateurs de renommée internationale.
Chaque édition est l'occasion unique de découvrir la création du pays hôte d'honneur, invité à présenter une sélection de ses artistes à Liège. En retour, les créateurs de la Communauté française seront exposés dans l'institution partenaire, bénéficiant ainsi d'une vitrine internationale. La Biennale a noué ainsi des contacts avec le Chili, le Canada, le Brésil, la Pologne, la France, le Portugal.
On notera enfin l'important travail d'animations avec les publics des associations et des écoles de la région qui, durant l'année qui précède la Biennale, travaillent en workshops sur la thématique.

En 2010, un nouveau nom
La 7ème Biennale internationale de la Photographie et des Arts visuels de Liège sera dorénavant connue sous l'appellation BIP2010.
Ce nouveau nom se veut d'une part, l'expression de l'héritage des précédentes biennales et d'autre part, l'affirmation d'un aspect de nouveauté qui prend en compte les multiples facettes de l'image contemporaine. En effet, si l'abréviation BIP fait référence à l'identité historique de l'événement, soit la Biennale internationale de la Photographie, elle fait également écho au signal électronique, dénotant une ouverture vers les nouveaux médias que nous voudrions accentuer dans l'avenir.
L'heure est en effet au constat de l'hybridité des supports, des statuts, des formes et des positions de l'image. L'exploration de ces mutations devient incontournable si l'on veut prendre le pouls de la création visuelle actuelle. Dans ce contexte, si la photographie conserve évidemment une place pivot dans les expositions, la vidéo et les formes mixtes d'arts visuels seront aussi au rendez-vous de BIP2010.

Le thème
Cette année, la thématique choisie est (OUT OF) CONTROL.
A travers ce thème, nous voudrions explorer la tension entre les diverses formes de contrôle qui régissent nos vies et la perte ou l'absence de contrôle, comme conséquence, inertie ou résistance à celles-ci, en accordant une place particulière aux nouvelles formes de regard que cette tension induit.
Plus que jamais, comme l'avaient entrevu des philosophes tels Michel Foucault et plus tard, Gilles Deleuze, nous vivons aujourd'hui dans une société de contrôle. Le discours sécuritaire nous amène à être pris, souvent à notre insu, dans un ensemble de dispositifs de surveillance qui passe des caméras installées au coin de nos rues aux écoutes téléphoniques. Le souci de rentabilité, de profit et d'efficacité du système marchand construit également toute une série de procédures (carte de fidélité électronique archivant les achats, données privées capturées par l'informatique via les "cookies", etc.) qui aboutissent à de gigantesques banques de données dans lesquelles nos choix de vie et nos décisions de consommateurs sont classés, conservés et échangés pour "mieux nous servir"… L'hygiénisme ambiant et le discours scientifique se relayent également pour nous mettre en garde contre tous les excès et les abus que nous pourrions infliger à notre corps, martelant des mots d'ordre ("ne fumez pas", "ne buvez pas", "faites du sport", "mangez sainement",…) qui, dans leur répétition et leur systématisme, relèvent parfois plus du discours liberticide que d'un processus de conscientisation de la préciosité de la vie.
Dans cet ensemble de procédés et de discours de contrôle, le regard possède une place particulière. Sur le modèle du "voir sans être vu", diverses méthodes et appareillages ont été mis au point pour voir mieux, voir plus, voir plus loin… Du panoptique, ce dispositif architectural inventé par l'Anglais Bentham qui permettait de surveiller les prisonniers à leur insu, aux caméras de surveillance urbaines, ces pratiques visuelles posent question. Avec les questions éthiques de l'usage que l'on fait de ces images (notons à ce sujet que le "voir sans être vu" définit autant le voyeurisme que la surveillance), apparaissent aussi des interrogations sur les nouvelles formes de vision et de représentation auxquelles ces appareillages donnent naissance.
Ces quelques exemples de dispositifs de contrôle, et il en existe bien d'autres, dessinent donc autour de nous une grille invisible qui quadrille l'apparente liberté de chaque individu à disposer du temps, de l'espace et de son existence en toute autonomie.
Bien sûr, toutes les formes de contrôle ne sont pas négatives. Chacun des exemples donnés ci-dessus, pris séparément, pourrait d'ailleurs être perçu comme un progrès. Néanmoins, l'omniprésence de cette surveillance généralisée, de cette prévention poussée de plus en plus loin envers tous les aléas de la vie, de ces discours nous enjoignant sans cesse à être conformes à ce qui est préférable, amènent une impression diffuse d'emprisonnement qui contraste avec le sentiment d'émancipation que nous pouvons connaître sur d'autres plans, par ailleurs.
Dans cet arbitrage perpétuel du danger, quelle place donner alors aux dysfonctionnements, petits et gros, qui parsèment notre quotidien ? Aux accidents du quotidien, bienvenus ou malheureux ? A la marginalité sous toutes ses formes ? Au hasard et autres impondérables ? A la folie, douce ou furieuse ?
Aux excès que l'on s'autorise en dépit du raisonnable ? Au chaos et au désordre ?
Ces instants hors de contrôle, fortuits ou voulus, nous avons aussi voulu leur donner une place, comme contrepoint des instances contrôlantes qui nous entourent mais aussi, plus fondamentalement, comme preuve de la respiration incessante qui, à travers les mailles du contrôle, soulage nos vies de cette
prévisibilité dont on voudrait l'affubler, rend sa place à la nécessaire diversité du vivant et exprime les décalages qui nous font sourire ou réfléchir différemment.

Les expositions à Liège
Dès décembre 2009 et jusque fin avril, on pourra voir la spectaculaire installation The Chase (conçue par le collectif-fact, CH, 2008) présentée sur le rond-point Saint-Nicolas (quartier d'Outremeuse, place de l'Yser, juste en face du Théâtre de la Place).
Collectif Fact, installation The Chase, 2008 © Collectif Fact (simulation)
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L'EQUILIBRE ET L'ACCIDENT - Salle Saint-Georges du Musée d'Art wallon
Travaux de Nathan BAKER, Edouard LEVE, Anthony GOICOLEA, Thomas MAILAENDER, Julien BERTHIER, Roman SIGNER, Tilman
PESCHEL, Corinne MARIAUD, Sophie WETTHNAL, Achim LIPPOTH, Antoine VANOVERSCHELDE, Geert GOIRIS, Steve Mc QUEEN,
MESSIEURS DELMOTTE, Pierrick SORIN, Anne et Bernhard BLUME, Andrew SAVULICH, Lucie MALOU, Bas Jan ADER, Brice
BOURDET (et à confirmer : Alexandre PERIGOT, Kelly MARK, Francis ALYS)
Bas Jan Ader, photo de tournage de Fall II, Amsterdam (film 16mm, N/B, muet), 1970 © Museum Boijmans Van Beuningen «Pour avancer par la marche, l’homme se met en état d’équilibre sur un pied, provoque un déséquilibre vers l’avant, gère la dynamique de déséquilibre en avançant l’autre pied et en le posant sur le sol pour ensuite rétablir un état d’équilibre partiel dans une autre position que la précédente. Il a alors le choix de répéter cet exercice ou de préférer se maintenir en équilibre, suivant son choix il restera statique ou avancera»
Et on ajoutera que certains optent plus simplement pour la chute…
Ceux qui choisissent de tomber, de jouer à l’accident et de faire intervenir l’aléatoire chatouillent
volontairement l’équilibre de tout un système et vont chercher le hoquet burlesque et dramatique qui
ébranle le corps social et nous rappelle notre belle qualité de mortel.
Il y en a d’autres, à l’inverse, qui vont jusqu’au bout du point d’équilibre, jusqu’au bout de la prévisibilité,
du contrôle et de la protection. Poussées à l’extrême, ces pratiques révèlent la face inverse d'un objectif
identique : le ridicule et vain calcul pour échapper à la mort, pointée du doigt ici encore.
L’art consommé de la performance n’est évidemment pas loin. Que l’image soit fixe ou en mouvement, que
l’installation bouge ou soit immobile, les travaux présentés feintent le vivant, parent le coup et en rendent
un, symbolique cette fois, qui témoignent à la fois de la fragilité de l’image et de sa puissance
d’animation, de sa capacité à mobiliser, à mettre en mouvement la pensée par le péril ou le contrôle du
corps.
Que celui qui n’a jamais chuté jette la première peau de banane…
(Anne-Françoise Lesuisse)
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LE THEATRE DE L'AUTORITE – Hangar B9 – site de l'ESA St-Luc
Travaux de Trevor PAGLEN, Thomas DEMAND, Harun FAROCKI, Olivier MIRGUET, Nico BICK, Els VANDEN MEERSCH, Alphonse
BERTILLON, Mathieu PERNOT , Lucinda DEVLIN, Marc WILWERT, Simon NORFOLK, Claudio HILS, Ange LECCIA, , Peter GEENEN,
Anne MICHAUX, Anne DAEMS, Katja STUKE, Nicolas CLEMENT, Paul SEAWRIGHT, Ju.rgen KLAUKE, Willem POPELIER, Jacques
LIZENE, Philippe MESTE, une sélection de photos de presse d'explosions atomiques (Collection Galerie Daniel Blau, Munich), une
sélection des projets d'artistes internationaux rentrés dans le cadre de Câble 88 (Le Cirque Divers – asbl D'une Certaine Gaieté)
Nicolas Clément, Arnaud et Nitro, de la série "Sécurité partagée", Luxembourg 2007, 100 X 120cm, © Centre d'art Nei Licht
Alors que la science repousse sans cesse les limites du visible jusqu’à nous offrir les formes de l’infiniment
petit et de l’infiniment grand, alors que les satellites jouent à l’oeil de Dieu et remplacent les cartes de
géographie par des routes et des vallées pixellisées, alors que nos allées et venues à l’air libre sont
surveillées par des caméras et que la médiatisation généralisée des affaires du monde étale au vu de
chacun des vies dites « privées », le regard, sans s'en rendre compte, se charge de prothèses
Par l’intermédiaire des écrans qui nous entourent, nous avons en effet accès aujourd’hui à quantité
d’informations visuelles que nous consommons le plus souvent sans les vérifier, en oubliant qu’il s’agit
toujours d’images médiées, d’images choisies et diffusées et non d’une rencontre directe entre notre oeil
et ce qu’il découvre en parcourant le monde. Le phénomène, ce qui apparaît, est aujourd’hui pour la
majorité d’entre nous, du visuel de deuxième main, obscurément couvert et orchestré par un pouvoir
médiatique, politique ou scientifique.
Par l’intermédiaire des moyens de la surveillance policière, militaire et même privée, nous sommes
également l’objet des yeux borgnes de l’autorité, poursuivis par un regard anonyme et secret à travers les
rues, sans autre possibilité que de se laisser voir, passivement, sans moyen (sans envie ?) de se cacher.
Exhibitionnistes contre notre gré, nous subissons la présence de ces yeux noirs et mécaniques du contrôle
sans possibilité de retourner son regard au voyeur qui veille.
Mais que voit-on au juste lorsqu’on affronte cette autorité du visible d’aujourd’hui ? Qu’on le pousse dans
ses retranchements et ses contradictions ou, au contraire, qu’on se réapproprie sur ses objets un autre
regard ? C’est la question posée par les images présentées dans cette exposition. Par les moyens même de
cette vision mécanique, par la photo et la vidéo, elles viennent brouiller notre accès au visible et dévoilent
l’abstraction de ce qui se voudrait lisible.
Le tout du monde reste hors de portée…
(Anne-Françoise Lesuisse)
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LES INDOMPTÉS – Au Musée d'Art moderne et d'Art contemporain (MAMAC) et au Cabinet des estampes.
Travaux de François DE CONINCK, Patrick VAN ROY, Michel FRANCOIS, Collectif SMOKE, NEW CATALOGUE, Agnès GEOFFRAY,
Laure BERTIN , Gert JOCHEMS, Anke VAN IERSEL, Jessica LARANJO, Martin SCHOELLER,Roger BALLEN, Laure VASCONI, Koen
THEYS, Aurélie GARON, Joyce VLAMING, Melissa DESMET, Chantal MAES, Nathalie NOEL, Flavio CURY, Michel MAZZONI, Wesley
MEURIS, Thibault CORDONNIER, Lisa BRICE, Ed TEMPLETON, Olivier CULLMAN, Shahryar NASHAT,
(et à confirmer : Thomas RUFF, Jouko LETHOLA, Clément COGITORE, Claudia PASSERI)
Anke Van Iersel, de la série Complete me, 2004/2007 © Anke Van Iersel
Entre notre sauvagerie, nos pulsions, notre inconscient d'une part et nos peurs, les statistiques, le temps
qui passe, l’éducation, les lois de la science et des hommes d'autre part, nous voici tenant à bout de bras
nos contradictions au sein de la grande communauté humaine. Intimité mystérieuse et image publique
s’étreignent et se déchirent pour tenir ensemble cette identité où les bizarreries et autres débordements
secrets côtoient les interdits et les limites sociales.
La photographie de portrait trouve ici un magnifique territoire de diversité et d’expérimentations. Tenue
par le cadre bien qu’excessive, l’image de l’autre ne laisse pas d’échappatoire au regard. Mais la
représentation de l’altérité passe aussi par l’imaginaire, par la projection sur le vide, l’inanimé, le son. Les
vidéos et installations présentées creusent l’absence tandis que la photographie la déborde.
Nous sommes des solitaires grégaires, des intrus qui cherchons à être démasqués par nos semblables, des
hommes et des femmes en flottaison dans le grand bain du social et de notre monde intérieur.
Entrez, entrez, Mesdames et Messieurs!
(Anne-Françoise Lesuisse)
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ULTRA RÉEL – Centre culturel de Liège – Les Chiroux
Jean-Michel CRAPANZANO, Jeroen HOLLANDER, Béatrice BALCOU, Alexandra VERHAEST,
(et à confirmer : Pascal MOUGIN, Koen WASTIJN)
Alexandra Verhaest, image tirée de Diorama, installation vidéo sonore et interactive, 2009 © Alexandra Verhaest
Quand les dimensions solides du réel sont reproduites sur un mode seulement vraisemblable, quand
l’espace et le temps sont recréés ailleurs, quand le corps se disjoint du décor qui l’entoure pour en
rejoindre un autre, quand le manifeste repose sur des modélisations, quand le fantasme se met à exister
dans une image éventuelle, les repères qui fondent notre rapport à la réalité ne s’effacent pas mais s’en
vont ailleurs…
Dans un univers pas si éloigné de celui d’Alice au Pays des Merveilles, tout juste à la frontière du tangible
et du latent, nous sommes confrontés à la massive et indéniable existence du virtuel.
Où sommes-nous posés dans cet entre-deux ? Quel est notre statut en son miroir ? Quel contrôle avons-nous
de ces espaces intermédiaires et exponentiels ? Comment la force humaine de recréation qui fait exister un
monde à côté du monde peut-elle nous échapper ? La réalité augmente-t-elle pour de vrai ?
(Anne-Françoise Lesuisse)
ATTENTION : cette exposition n’est accessible que jusqu’au 24 avril inclus.
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(OUT OF) TIME - Espace d'art contemporain "Les Brasseurs"
En co-commissariat avec Dominique Mathieu et Emmanuel d’Autreppe
Travaux de François GOFFIN, Laurie POLSON, Laura BAUDOUX, Dominique CASTRONOVO et Bernard SECONDINI, Marine DRICOT, Nicolas
KOZAKIS, Jérôme MAYER, Katja STUKE, Sarah VAN MARCKE, Anne DE GELAS
(et à confirmer : Matthew PILLSBURY, Fiona TAN)
Jérôme Mayer, image tirée de Review 02:59:27:67, 2008, installation vidéo et sonore © Jérôme Mayer27:67
Le Temps, ce grand surveillant général et silencieux, ce dénominateur commun à tous les hommes qui
malgré la technologie, l’évolution de nos connaissances, le progrès scientifique continue à fuir
inexorablement. Le « grand horloger » évoqué par Voltaire sera donc au centre de cette exposition,
« l’ennemi vigilant et funeste », cher à Baudelaire, décliné par le biais de photographies, d’installations
vidéo et de films qui s’emploieront tous à cerner cette problématique cruciale qui régit l’existence de
chacun d’entre nous. Le temps : sujet inépuisable décortiqué par les philosophes, sublimé par les poètes,
transformé par les plasticiens, épousé par les vidéastes, ou saisi par les photographes… Ce temps qui est le
même pour tous, et qui pourtant s’écoule si différemment pour l’adolescent ou le vieillard, pour une
personne qui travaille ou une autre sans emploi, pour un Occidental, un Africain, un Esquimau, un
Amérindien. Si différemment pour l’amoureux transi qui guette son rendez-vous, pour l’historien qui scrute
les replis, pour l’astrophysicien qui épie les galaxies…
Le temps échappe, malgré nos ambitions, à tout contrôle. On peut tenter de l’apprivoiser, essayer de se
réconcilier avec lui, rêver de le retourner comme un gant, prendre le risque de le suspendre, le théoriser
et le dessiner en des formes géométriques… Perçu au fil même de nos propres vies individuelles, d’attentes
en déceptions, de bonheurs en traversées du désert, il aura en tout cas ressemblé à tout sauf à un long
fleuve tranquille, au cours immuable et régulier ; il aura même demandé à l’écrivain l’oeuvre de toute une
vie pour – paraît-il – se laisser retrouver… Par ailleurs, le temps est bien souvent le matériau même sur
lequel travaillent les artistes, et son contrôle, l’un des enjeux majeurs de leur technique, de leur savoirfaire
– ou de leur savoir-défaire.
Le XIXe siècle a réglé ses comptes avec l’espace, dit Chris Marker dans Sans soleil (1983), et l’enjeu du XXe
siècle (qui, sur ce plan au moins, se prolonge probablement dans le XXIe…) aura été, selon le cinéaste, la
cohabitation des temps. S’il ne s’agit pas, à travers l’exposition (Out of) Time, d’explorer l’infinité des
différences entre ces temps subjectifs, culturels, singuliers, il s’agit pour le moins de tenter d’approcher le
principe même, la vertigineuse fluidité, le fascinant écoulement de ce grand sculpteur, de cet inlassable…
brasseur !
(Dominique Mathieu et Emmanuel d'Autreppe)
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OUT OF CONTROL – BERLIN – Grand Curtius
Commissaires : Matthias Harder (Helmut Newton Stiftung) et Felix Hoffmann (C/O Berlin) dans le cadre
des échanges avec Berlin et l’Allemagne, pays hôte d’honneur de BIP2010.
Thorsten Brinkmann, Victoria Binschtok, Ulrich Gebert, Ricarda Roggan, Sebastian Stumpf, Frank Thiel, Tobias Zielony
(à confirmer)
Thorsten Brinkmann, Lady Glittersky, 2009, C-Print, 120 x 92 cm © KUNSTAGENTEN, Berlin
Ce groupe de jeunes artistes exploite les différents emplois de la photographie dans l’art contemporain. En
utilisant la force d’impact des images, ils essaient de thématiser de différentes manières le contrôle et la
perte de contrôle. L’intrication d’images statiques et mobiles démontre l’intensité avec laquelle la jeune
génération aborde les questions liées aux médias et combien leurs interactions sont perceptibles. Ils
explorent ainsi des thèmes tels que l’Homme/l’Espace/l’Architecture/le Corps/les Médias.
(Matthias Harder et Félix Hoffmann)
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BIPISWATCHINGYOU – Ancienne Eglise Saint-André
Comme à chaque édition, la Biennale associe des associations, des étudiants et des citoyens à la
réflexion sur la thématique via un travail créatif mené en accompagnement avec des professionnels de
l'action participative.
Cette année, BIP2010 a demandé au collectif OST (Oiseaux Sans Tête) de conduire les ateliers. Les OST
travaillent depuis maintenant plusieurs années à des projets publics autour de l'usage de la photographie et
de la vidéo. Grâce à des dispositifs mobiles et légers (cf. www.chezjacky.org ou www.studio-public.org), ils
invitent le public à être lui-même émetteur de messages visuels, en lien avec sa réalité propre. Les
membres de OST sont photographe, vidéaste, sociologue, graphiste, monteur, webdesigner, etc. Leurs
actions essayent de réinventer l'accès aux techniques audiovisuelles en ouvrant la dimension participative
et en invitant chaque participant à dire son identité propre et multiple tout en s'intégrant dans une
aventure qui, au final, devrait rassembler plus de 1500 personnes… Conçues comme un laboratoire
expérimental à dimension artistique et sociale, les actions mises au point par le collectif O.S.T. autour du
thème (OUT OF) CONTROL reposent sur un savant mélange de ludisme, de choix personnels et de
créativité, de sens critique et de compétence relationnelle. S'adressant à tous les publics, pour favoriser les
échanges et rassembler un maximum de diversité, les interventions des O.S.T. offrent à chacun de poser un
nouveau regard sur son quotidien et d'y déceler les instances de contrôle et les espaces de liberté, tout en
s'y ménageant un espace d'expression singulier.
En amont de BIP2010, les OST mènent, depuis l'été 2009, un travail d'ateliers avec des participants issus
des quartiers, des écoles et des associations de Liège. L'exposition qui présentera les résultats de ce travail
sera mise en scène par les membres du collectif et se voudra interactive et en mouvement permanent,
alimentée en continu par les interventions des spectateurs de BIP2010.
Le collectif O.S.T. se compose de Deborah Robbiano, Julie Guiches, Vincen Beeckman, Raphaël carette,
Mickaël Clémeur, Benoît Lorent, Jean-François Roversi et Nicolas Clément.
Plus d'info sur www.bip-liege.org et www.ostcollective.org
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Studio photo mobile « Chez Jacky »
Les expositions BIP2010 en Eurégio Meuse-Rhin
A l'invitation de BIP2010, plusieurs institutions culturelles de l'Eurégio vont présenter une exposition sur
la thématique (OUT OF) CONTROL. Ce réseau s'est mis en place grâce au soutien d'Interreg Meuse-Rhin.
DER ENTSCHEIDENDE AUGENBLICK / L'INSTANT DECISIF (photos de Alice Smeets, Christian Roosen,
Thomas Brenner et Willi Filz) – Ikob Museum fu.r Zeitgenössische Kunst Eupen
(Commissaire : Francis Feidler, directeur de l'IKOB)
L’exposition s’articule autour de l’instantané et de la photographie mise en scène, avec pour thème de
fond les mécanismes de contrôle entre chaos et folie de l’ordre.
« Il n'y a rien en ce monde qui n'ait d’instant décisif. » disait Henri Cartier-Bresson. Fixer l’essentiel d’une
situation signifiait pour le maître français de la photographie, « reconnaître en une fraction de seconde un
fait et l’organisation rigoureuse des formes perçues visuellement qui expriment et signifient ce fait ». Voilà
qui s’applique aux photographes Alice Smeets et Christian Roosen.
Thomas Brenner est un des représentants majeurs de la photographie mise en scène en Allemagne. Ses
oeuvres sont des récits qui rompent de façon surréaliste avec notre réalité, et dans lesquels les hommes
évoluent dans des mondes imaginaires relevant d’un système supérieur invisible.
Willi Filz met en scène des portraits où l’homme semble s’affirmer en tant qu’individu. Sur une plate-forme
scénographiée par une représentation personnelle, il ne peut cependant échapper aux mécanismes de
contrôle d’un ordre social.
www.ikob.be
DESIGN BY PERFORMANCE – Z33, Hasselt
(Commissaire : Jan Boelen, directeur du Z33)
On constate dans le monde du design un brouillage des frontières entre l’art et le design expérimental.
Avec « Design by Performance », l’attention porte sur la tendance aux performances dans le design
contemporain. L’accent n’est pas mis sur la présentation de produits terminés mais sur le processus de
production lui-même, sur les objets dont la réalisation est un processus continu, influencé ou modelé par
l’environnement, par la situation particulière dans laquelle ils se trouvent, ou par le visiteur. Processus et
performances sont une composante essentielle de cette nouvelle exposition, à laquelle ils confèrent un
caractère imprévisible et spontané, transformant un simple « espace d’exposition » en un espace
d’évènements, d’interventions et d’actions émanant de designers, d’artistes et du public.
www.z33.be
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FLUORESCENT ADOLESCENT - SCHUNCK*,Heerlen
(Commissaire: Stijn Huijts, directeur du SCHUNCK*)
Cette présentation de photographies contemporaines s’articule autour de l’approche expérimentale et
ludique de la génération montante, qui repousse en permanence ses frontières et par conséquent
inévitablement celles de son environnement. Il va sans dire que cela provoque régulièrement des collisions
et crée de nouvelles situations, parfois étranges. Rire et danger sont parfois étonnamment et étroitement
liés. Avec l'imprudence et le courage de l’innocence, on s’interroge sans cesse sur les risques encore
acceptables. Accompagnés, naturellement, de hauts et de bas nombreux. Seule solution pour limiter les
préjudices : une gestion des risques pertinente ; planifier d’avance pour avoir moins à réfléchir ensuite, et
pouvoir entièrement s’employer à panser ses plaies, nourrir ses rêves ou fêter ses succès.
www.glaspaleis.nl
ANDREAS FOGARASI – Ludwig Forum fu.r Internationale Kunst, Aachen
(Commissaire : Anna Sophia Schultz, commissaire au Ludwig Forum)
Andreas Fogarasi (1977, Vienne) aborde dans ses travaux les stratégies de rationalisation appliquées aux
espaces urbains. Il en épie les signes visibles, du banc public au logo en passant par les barrages de police.
Il archive, scrute et traite ensuite ces signes dans des installations, des photographies, des films, des objets
ou des études typographiques. Fogarasi rassemble par exemple des logos de villes, des inscriptions ou
pictogrammes marquants dont elles se servent pour élaborer leur profil marketing. Ramenés à une seule et
même taille et disposés de façon conceptuelle, ces objets deviennent très esthétiques, même si l’on
reconnaît encore leur fonctionnalité. Andreas Fogarasi a exposé en 2007 au pavillon hongrois de la Biennale
de Venise l'oeuvre Kultur und Freizeit [Culture et loisirs] et s’est vu décerner le Lion d’or pour ce travail.

L’exposition individuelle présentée au Forum Ludwig rassemblera autant des oeuvres connues que des
oeuvres nouvelles.
www.ludwigforum.de
SARAH VANAGT – Museum Het Domein, Sittard
(Commissaire : Roel Arkesteijn, commissaire au Musée Het Domein)
www.hetdomein.nl
BIP2010 – le Off
Comme chaque année, le moment de la Biennale sera l'occasion, pour le dense tissu des autres lieux
culturels liégeois, de s'associer à BIP2010 pour proposer des expositions indépendantes, en lien avec la
thématique.

Contacts et informations

dates de l'exposition: Liège et Euregio Meuse
Rhin du 28 février au 25 avril 2010
Vernissage le samedi 27 février.

www.bip-liege.org
BIP2010 est une organisation du Centre culturel de Liège "les Chiroux"

Coordonnées postales :
Centre culturel de Liège – "Les Chiroux"
Place des Carmes, 8
4000 Liège

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  • Thorsten_Brinkmann-Lady_Glittersky
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