Cinéphile ou cinéphage, reste court, toi !

1 2=Ahendu nde Sapurkai 3=Silencio profundo 4 5 6 7 8

On connaissait les 12 mois de l’année, les 12 signes du zodiaque, les 12 apôtres et les 12 étoiles du drapeau européen. Niveau ciné, on connaissait aussi les « 12 hommes en colère », « Les 12 salopards », « L’armée des 12 singes » et « Ocean’s 12 ». Mais on ne connaissait pas encore le 12e Festival du court métrage de Bruxelles…
Ce sera bientôt ou est déjà chose faite – selon le moment auquel vous lirez ces lignes - pour les amateurs de films courts puisque celui-ci commencera le jeudi 30 avril, et prendra fin le dimanche 10 mai, soit environ 250 films plus tard ! Les lieux du Festival seront, comme chaque année, le Cinéma Vendôme, le Petit Théâtre Mercelis, le châpiteau dressé Place Fernand Cocq, et, c’est une nouveauté, le Palais des Beaux-Arts. Notez que les courts métrages primés seront projetés les 11 et 12 mai au Cinéma Vendôme.

photo 2=Le festival de Biarritz a sélection le court argentin « Ahendu nde Sapurkai » dans le cadre de sa Carte blanche

Niveau programmation, il y en aura pour tous les goûts puisqu’à côté des traditionnelles compétitions nationale et internationale (80 courts au total), viendront s’ajouter les séances suivantes : grands réalisateurs, best of international, courts mais trash, latinos !, Biarritz (Ixelles et Biarritz sont jumelés depuis 50 ans) et très courts.
Les festivaliers pourront aussi assister aux séances famille, UIP awards (14 films lauréats du Prix UIP dans autant de festivals européens de renom), 50 ans de l’IAD (Notre court de chevet, « Rien d’insoluble », de Xavier Seron, fait partie des films qui seront projetés pour fêter cet anniversaire), clips, nuit du court, seen on the net, 10 ans de Kino, la nuit du court, les kino kabarets,

photo 3=Le film mexicain « Silencio profundo » sera projeté dans la section Amérique latine

Pour plus d’infos: www.courtmetrage.be, info@courtmetrage.be et le 02/248 08 72 .

Bilan du 27e Festival du film fantastique de Bruxelles
Le 27e Festival international du film fantastique de Bruxelles s’est clôturé le 21 avril avec la projection du film « State of play », de Kevin Macdonald. Composé de Patrick Tatopoulos, Katsuhito Ishii, Lucky McKee et Pieter Van Hees, le Jury International a décerné le Grand Prix du Festival - « Le Corbeau d’or » - à « Let the right one in », de Tomas Alfredson.
« Le Corbeau d’argent » a été remis à la fois à « SAUNA », de Antti-Jussi Annila, pour l’originalité de sa vision, et à « The last house on the left », de Dennis Iliadis, pour la meilleure direction.
Le Jury du 7e parallèle a attribué le Prix du 7e parallèle à « Dream », de Ki-duk Kim pour son esthétique léchée et son symbolisme poétique.
« 8TH WONDERLAND », de Jean Mach et Nicolas Alberny, s’est vu remettre une mention spéciale pour son audace visuelle et ses idées véhiculées.
Le Jury Thriller a attribué le Prix du meilleur thriller 2009 à « The chaser », de Hong-Ji Na.
Brian Cox a reçu une Mention spéciale pour son rôle dans le film « Red ».

Le Jury Européen a attribué le Méliès d’argent à « Sauna », de Antti-Jussi Annila.
Une mention spéciale a été attribuée à « Sexy killer », de Miguel Marti pour son humour.
Enfin, le Prix du public du 27e BIFFF est venu récompenser « Sexy killer », de Miguel Marti.
Signalons aussi que Marie Davin a remporté le 1er Prix du 22e International Body Painting Contest.
Enfin, chez les amateurs, c’est Sandrine Lahou qui est sortie gagnante du 26e Make-up Contest, tandis que Caroline Trefois l’a emporté dans la catégorie semi-pros et Véronique Chitry, dans celle dédiée aux spécial FX.

Un dernier mot sur ce 27e BIFFF… Un Festival, c’est connu, c’est avant tout un lieu de rencontres. Le moins qu’on puisse écrire est que nous en avons réalisé de très belles. Beaucoup ont eu lieu dans ou près du stand de la librairie « The skull », où nous avons pu vivre de chouettes moments au contact de dessinateurs belges (Eddy Paape, Stuf, Yves Swolfs et Gérard Goffaux) ou français (Frank Margerin, qui a dessiné l’affiche du Festival). Toujours près de ce stand, nous avons rencontré un jeune dessinateur au trait à la fois un singulier et multiple dont le talent n’a d’égal que la gentillesse. Son nom est assurément à retenir : Miguel Zuleta.

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Sorties DVD

DRAME
Tous publics

LE FILM ***
LE DVD ÉDITION SIMPLE **
LE DOUBLE DVD ÉDITION COLLECTOR : PAS VU

LE SILENCE DE LORNA
Cinéart – RTBF éditions / Twin Pics – environ 1h40

De Jean-Pierre et Luc Dardenne (2008).
Avec Arta Dobroshi, Jeremie Renier, Fabrizio Rongione.
Mais aussi Alban Ukaj, Morgan Marinne.
Et la participation de Olivier Gourmet.

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Prix du scénario lors du dernier Festival de Cannes et nominé aux César 2009 du meilleur film étranger, « Le silence de Lorna » est un film sans bavure mené à une allure modérée. Cela permet de bien ressentir les émotions des différents protagonistes. Cette cadence se poursuit tout au long du film. Comme toujours avec les frères Dardenne, beaucoup de scènes sont tournées caméra à l'épaule, ce qui crée une intimité très forte et nous rapproche davantage encore des personnages. Avec ce film, les Dardenne attireront, c’est à parier, un public plus larges qu’avec leurs films précédents.
Parfois, les choses se passent comme on les avait prévues au départ. Parfois, les actes posés sont alors irréversibles. Parfois, il devient plus qu'impossible de revenir en arrière. Parfois... Lorna est une bombe à retardement susceptible d’exploser à tout moment, tant le silence peut s’avérer mortel. Ne parle-t-on pas, bien souvent - certes à tort et à travers - d’un « silence de mort » ? Ce silence tue et on se demande au final à qui il bénéficie.

On ne saurait que trop vous conseiller de vous procurer le double DVD édition collector. Là où le DVD simple ne propose qu’une interview des Dardenne, l’édition collector offre à voir un documentaire, une interview d’Arta Dobroshi ainsi qu’un digipack avec un livret de six pages.

COMÉDIE DRAMATIQUE
Tous publics

LE FILM ****
LE DOUBLE DVD ***

ENTRE LES MURS
Cinéart / Twin Pics – environ 2h05

De Laurent Cantet (2008).
Avec : François Bégaudeau et une pléiade de jeunes acteurs.

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« Entre les murs », c’est la Palme d’or surprise du Festival de Cannes 2008, dans la mesure où ce film était en compétition avec des métrages comme « L’échange », de Clint Eastwood, « Two lovers », de James Gray,« Un conte de Noël », d’Arnaud Desplechin, ou encore « Valse avec Bachir », d’Ari Folman. Notons que le film a également remporté le César de la meilleure adaptation.
Laurent Cantet dresse ici une chronique d’un collège parisien dont le quotidien n’est pas des plus roses. Une des grandes forces du film est de ne pas stéréotyper les comportements des jeunes des cités. Le scénariste joue avec beaucoup de justesse son propre rôle, celui d’un jeune professeur de français, pour ce qui constitue sa première apparition à l’écran.

Le réalisateur réussit avec brio à développer la personnalité des nombreux personnages de l’histoire, à commencer par les élèves de quatrième de François Bégaudeau. On se souviendra longtemps encore de la sympathique présence de tous les ados du film sur les marches du Festival.

En bonus figurent le making of du film (« Une année entre les murs »), des séquences commentées par Laurent Cantet et François Bégaudeau, des autoportraits au tableau, ainsi que des extraits du film (Les ateliers).

SÉRIE HUMORISTIQUE
Tous publics

LA SÉRIE ***
LE DOUBLE DVD ***

LE C?UR A SES RAISONS SAISON 3 – LES FEUX DE L’HUMOUR
France télévisions distribution / Twin Pics – envrion 4h45, soit 13 épisodes de 22 min.

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De Marc Brunet (2009).
Avec Marc Labrèche, Anne Dorval.
Mais aussi Jean-Michel Anctil, Pierre Brassard, Pascal Bussières, Stéphane Rousseau.

Coincés, sérieux à l’extrême, handicapés de la joie de vivre : s’abstenir !

La saison 3 de la série québécoise « Le c?ur a ses raisons » débarque en DVD et réussit son objectif : divertir. Au programme : amour, haine, passion, armes à feu, enlèvement, mensonge, trahison, kidnapping… L'histoire et le scénario en eux-mêmes n’ont pas vraiment d'importance. Disons d’emblée qu’ils sont inexistants ici, tout est prétexte aux gags, sans beaucoup de légèreté souvent, rappelant parfois le désopilant « Austin Powers » mais aussi l'humour des Nuls, des Inconnus, des Snuls et même le côté très kitsch qu'on retrouvait dans les poelvoordiens « Carnets de monsieur Manhattan ».

Cette saison 3 contient 13 épisodes qui seront difficiles à digerer d’une traite à moins que vous n’ayez dans le sang un fort taux d'alcoolémie ! Plus sérieusement (oserait-on, avec une série aussi décalée ?!), nous voici devant une bonne série déjantée à l'humour omniprésent qui mêle délires et absurdité et qui accrochera plutôt les ados et ceux qui ont su le rester. Nous en faisons clairement partie !

Le DVD contient plus d’une heure de bonus, notamment des scènes inédites et un bêtisier.

BIOPIC, DRAME
Tous publics

LE FILM ***
LE DVD ET LE BLU-RAY **

SÉRAPHINE
Cinéart / Twin Pics – environ 2h05

De Martin Provost (2008).
Avec Yolande Moreau, Ulrich Tukur.
Mais aussi Anne Bennent, Geneviève Mnich, Nico Rogner, Adélaïde Leroux.

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Avec huit nominations aux César 2009 et sept statuettes décrochées, « Séraphine » a quasiment fait carton plein, avec entre autres les César du meilleur film, de la meilleure actrice et du meilleur scénario.
« Séraphine » narre le destin d’une artiste que l’histoire a oubliée. Certes un peu lent, la beauté de ses paysages et l’excellent rendu d’une atmosphère surannée permettent à Martin Provost de nous plonger dans une ambiance empreinte de nostalgie et de nous propulser dans une machine à voyager dans le temps. Le réalisateur français a en effet choisi de situer le début de son récit en 1914.
Superbe photo, é-no-rme performance d’actrice de Yolande Moreau, photographie et musique de qualité font de Séraphine un objet filmique sobre et maîtrisé.

Tant le DVD que le BLU-RAY ne proposent, c’est bien dommage, que des entretiens avec Yolande Moreau et Martin Provost. On aurait aimé en apprendre davantage sur les autres « acteurs » du film et restons donc un peu sur notre faim à ce niveau-là.

COMÉDIE
Tous publics

LE SPECTACLE *****
LE DVD **

GÉRALD DAHAN - SARKOLAND
France télévisions distribution / Twin Pics – environ 1h55 (2008)

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Dans ce « Sarkoland », Gérald Dahan s’attaque férocement, mais toujours avec humour, au Premier des Français. On adhère très vite à son approche des choses et à sa manière d’imiter et de parodier les grandes personnalités du paysage audiovisuel français. Ses victimes sont quasiment toujours bien connues des Belges, ce qui permettra donc aux habitants de notre petit pays, du moins de sa partie francophone, d’être pour le moins réceptifs à son travail.

Celui qui est sans doute, après Laurent Gerra, le meilleur imitateur français actuel, donne aussi de la voix. Il montre ainsi à l’envi qu’il sait chanter, lui qui est propriétaire de cordes vocales qui rendraient jaloux plus d’un chanteur de variété hexagonale. Préparez vous à avoir mal aux zygomatiques pendant ces près de deux heures de spectacle, à regarder et à re regarder sans modération. C’est qu’avec Dahan, il est permis et même conseillé d’abuser des bonnes choses ! Et puis, n’est-il pas médicalement avéré qu’il faut avoir recours à beaucoup plus de muscles pour faire la gueule que pour rigoler ? Un conseil : travaillez à l’économie !

Les bonus du DVD sont très réduits. Ils se composent seulement d’un canular téléphonique voyant Dahan piéger Sarkozy (un must pour ce « Sarkoland » !) et d’une série de dessins qui viennent croquer le spectacle.

Un grand merci à Pierrot pour sa contribution à cet article !

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**** Très bon
***** Excellent

Bons films !

Jean-Philippe Thiriart
jeanphilippe_thiriart@hotmail.com