Média 10-10 Namur

écrit par jeanphilippe
le 31/10/2010
Exoticore

Média 10-10 Namur

Novembre 2010 ? Média 10-10 !

En guise d’introduction à la - déjà - 32e édition du Festival de courts-métrages namurois, nous avons choisi de revenir sur la Carte blanche octroyée l’an dernier à Nicolas Provost.

À vos agendas : Média investira une fois encore ce lieu magique qu’est la Maison de la Culture de Namur du mardi 16 au samedi 20 novembre 2010.

Génial court métragiste belge, Nicolas Provost propose un cinéma expérimental de très grande qualité. Il avait choisi de présenter au public namurois huit films dont six qu’il a lui-même réalisés.

Suspension

Suspension dans l’air de volutes de fumée ? Plongée de poudre dans l’eau ? Mouvements d’accélération ou de ralenti. Retours en arrière. Effets de symétrie... On est ici dans l’anti-gravité. Il y a bien un effet de miroir dans « Suspension » mais on ne peut que se demander comment Nicolas Provost est parvenu à obtenir un tel résultat. On se pose également la question de savoir à quelle échelle les choses ont été réalisées. Des questions auxquelles il est peut-être inutile de répondre. Laisser opérer la magie, ils disaient… Une magie graphique, c’est certain.

Induction

Comme toujours, Nicolas Provost est présent à quasi tous les postes dans ce court. Si on a un peu moins accroché à ce court, la musique nous néanmoins vraiment séduits. Très présente et stridente dès le début du court métrage, elle s’avère quelque part difficile à supporter, tant elle est oppressante. Mais c’est aussi ça qui fait son charme. La musique, toujours elle, rappelle l’atmosphère sonore de « Shining » et contribue à l’ambiance visuelle du film. Très abstrait, « Induction » est une suite de scènes, d’images non reliées entre elles, d’émotions.

Plot Point

Peut-être un peu long, cette sorte de « no comment » cinématographique crée une incroyable tension chez le spectateur. Provost a ainsi l’art de s’attacher à filmer, à Times Square, des gens qui passeraient quasiment inaperçus s’ils ne tombaient pas sous l’œil de sa caméra. Tout indique que la bande son est empruntée à certains moments de celle du « Mulholland Drive » de David Lynch. De façon hachée, il s’entend, les extraits étant bien sûr samplés et réarrangés à la sauce provostienne.

Papillons d’amour

Composé de scènes tirées d’un film de Akira Kurosawa, « Papillons d’amour » est tout à la fois poétique, émouvant et tragique. Il s’agit indéniablement d’un court métrage d’exception à voir une fois dans sa vie si possibilité vous en est donnée. Nous n’en dirons pas plus car c’est un film qu’il faut voir et non décrire.

Gravity

Le moins que l’on puisse écrire est que ce film en met plein la vue, dans le bon comme dans le mauvais sens. On commence par lequel ? Le mauvais ? OK. Nicolas Provost omet de mentionner que le film est à déconseiller fortement aux épileptiques. Succession d’images superposées à un rythme effréné, on a du mal à regarder jusqu’à la fin ce court super intéressant au demeurant. Et là, on en arrive donc à son bon sens, au terme. « Gravity », c’est un superbe hommage au cinéma hollywoodien lors de ses années fastes. Témoignant d’un vrai amour du cinéma, il s’agit du fruit d’un montage incroyable à l’effet stroboscopique. Le film est à cent lieues du pseudo-hommage complètement foireux soi-disant dédié au septième art par notre ami (faut le dire vite) Yann Moix dans son « Cinéman ». R.I.P. Yann, R.I.P.

Exoticore

« Exoticore » raconte l’histoire d’un Africain tentant vaille que vaille de s’intégrer dans un pays qui n’est pas le sien et ne le sera, dans sa tête et dans son corps, peut-être jamais. Il relate l’échange bien souvent impossible entre deux cultures éloignées. En proie aux moqueries des autochtones, il finira par chercher à échapper au regard des autres. Une série de flash-backs, parfois tirés tout droit de l’imaginaire du personnage principal, viennent rythmer le film.

Nous avons ensuite visionné les deux courts qu’il n’a pas réalisés : « Calling 911 », de Jan De Bruin, et « Transaction », de Jacques Thelemaque. Pas évident de passer d’une partie de l’œuvre de Nicolas Provost à ces deux films de qualité un peu moindre. On y retrouve néanmoins cette faculté de faire ressortir simplement les choses dures de la vie. Le premier fait d’ailleurs un peu penser à « Plot Point », le second nous rappelant l’univers des « Strip-tease ».

Quand ?

16-20 novembre 2010

Où ?

Maison de la Culture de la Province de Namur
Avenue Golenvaux, 14
5000 Namur

Infos :

www.media10-10.be
media10-10@province.namur.be
+32 81 77 67 86

Tarifs :

2 € la séance
Gratuit pour les étudiants, chômeurs et Art. 27

Bons films et… bon Festival Média 10-10 bien sûr !

Marjorie Le Bars, Pierre Bertens et Jean-Philippe Thiriart
jeanphilippe_thiriart@hotmail.com

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