MALMEDY Noël 1944 à Malmedy

écrit par francois.detry
le 20/12/2012
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Les fêtes de fin d’année rappellent de bien tristes souvenirs aux Malmédiens, surtout aux plus anciens d’entre eux. C’est avec beaucoup d’émotion qu’ils se souviennent de ce décembre 1944 qui vit s’abattre un enfer de fer et de feu sur le centre de notre cité.
En ce mois de décembre 1944, délivré depuis trois mois de l’oppression nazie, Malmedy s’apprête à fêter son premier Noël en liberté. Ce n’est pas encore l’abondance, la guerre a fait des victimes et certains sont toujours prisonniers mais, enfin, nous sommes libres et heureux. C’était sans compter sur la hargne et la fureur destructrice d’Hitler. A l’arrivée de l’hiver, profitant du ralentissement des opérations, celui-ci a rassemblé ses dernières troupes valides auxquelles il a joint vieux réservistes et jeunes adolescents. Massés dans les forêts ardennaises, ceux-ci vont déferler sur les alliés et les obliger à la retraite. Le moment de surprise passé, Américains et Anglais vont s’accrocher et défendre leur position avec acharnement. Bientôt, l’envahisseur est aux portes de Malmedy encombré d’une foule de réfugiés. Les 23, 24 et 25 décembre, Malmedy va être anéantie sous les bombes américaines. Le centre de la ville sera dévasté, de nombreux Américains tués, mais aussi beaucoup de civils ( voir la liste sur le monument dans le parc de l’abbaye ). Est-ce une erreur des aviateurs, ont-ils cru être en Allemagne ou, ces jeunes pilotes mal aguerris ont-ils été pressés de larguer leur dangereux chargement ? Le haut commandement allié n’a-t-il pas voulu bloquer la percée en détruisant les voies de communication et en sacrifiant notre petite cité ? Il n’y a pas, à ma connaissance, d’explications certaines. La question attend toujours sa réponse. ( A l’époque, l’objectif militaire justifiait beaucoup de choses et l’armée n’avait pas toujours à se justifier ). La plupart des cicatrices matérielles ont disparu. Courageusement, nos anciens ont reconstruit la cité, mais avec les disparus, une blessure profonde reste au cœur des Malmédiens. Voici quelques photos de l’époque. Après une pensée émue pour nos anciens, je vous souhaite un Noël dans la paix.

Photo 1 : Vue prise de la rue La Vaulx vers la rue du Commerce. Toutes les maisons entre ces deux rues ont été détruites, ce qui permet de voir d’une rue à l’autre. Le clocher de la chapelle des Capucins dépasse l’arrière des maisons de la rue du Commerce.

Photo 2 : Le Fa : emplacement actuel du parc. Que de ruines, que de drames vécus par les habitants. Seuls la cathédrale, l’hôtel de ville et la maison Villers émergent des décombres. Que de victimes malmédiennes enfouies sous les décombres !

Photo 3 : L’armée a dégagé les grands axes et quelques habitants hagards viennent aux nouvelles sur la place Albert 1er. On reconnaît l’obélisque et la maison du Docteur Petit ainsi que le début de la rue La Vaulx.

Photo 4 : Qui reconnaîtra la Chemin Rue ? Nous sommes au départ de la place de Rome. A gauche, la rue Steinbach et la piste boueuse, au centre, c’est ce qui reste de notre rue commerçante.

Photo 5 : La place Albert 1er. La vue est prise de la rue du Commerce vers l’hôtel de ville. On reconnaît l’obélisque, la mairie et on devine la maison Villers. Les maisons entourant la place sont anéanties. Quelques rares passants à la recherche de nouvelles ou de vivres

Louis DISLAIRE

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