Chiens pour aveugles

écrit par admin
le 19/05/2014
Chiens pour aveugles

Ce 24 mai à 15h, s'est tenu la cérémonie des 25 ans d’Entrevues au Palais des Princes Evêques, Place Saint Lambert à Liège, dans le cadre du Salon du Volontariat organisé par la Province de Liège.
Cette cérémonie comprenait la remise officielle de quatre nouveaux chiens guides offerts à des bénéficiaires malvoyants…
Kilan offert à Cédric, Komette à Michel, Laos à Robert et Lewis à Jérôme…

Remise officielle de quatre nouveaux chiens guides offerts à des bénéficiaires malvoyants durant la cérémonie des 25 ans d’Entrevues au Palais des Princes Evêques, Place Saint Lambert à Liège, dans le cadre du Salon du Volontariat organisé par la Province de Liège.

L’asbl Entrevues a pour mission de former et d’offrir des chiens guides aux personnes déficientes visuelles.

Autonomie et sécurité dans les déplacements
Inclusion sociale, scolaire et professionnelle grâce à un auxiliaire poilu.
2 ans de formation rigoureuse supervisée par des moniteurs professionnels.
25 ans d’existence Plus de 80 chiens guides mis en service en Wallonie et à Bruxelles.
Ecole de chiens guides agréé par l’AWIPH, l’ADEu et L’IGDF *

* AWIPH (Agence Wallonne pour l’Intégration de la Personne Handicapée), ADEu (Assistant Dog Europe), IGDF (International Guide Dog Federation)
Historique :

L’asbl Entrevues, initialement Centre de Chiens pour Aveugles, a vu le jour en 1989 à l’initiative de Monsieur Benoît Carton.
Benoît, ingénieur agronome, passionné d’éducation canine, s’est intéressé au monde du chien guide, devant lui-même faire face à l’annonce de ce terrible handicap. Fort d’une formation rigoureuse et de collaborations précieuses, il a mis au point un protocole d’éducation qui permit d’offrir de nombreux chiens guides aux personnes faisant appel à ses services.

Initialement installée à Namur, l’ASBL, rebaptisée Entrevues – Chiens guides et mobilité, s’installe en 2002 à Liège, au sein de l’Institut Royal pour les Handicapés de l’Ouïe et de la Vue, grâce au soutien des échevinats des travaux et de l’instruction de la Ville de Liège.

Durant ces 25 années, Entrevues a pu se construire, s’installer solidement dans le paysage associatif et offrir un service stable et compétent aux bénéficiaires. Toujours soucieuse de se perfectionner et d’offrir un soutien optimum, l’association s’est dotée d’un personnel compétent et s’est ouverte à des collaborations nationales et internationales utiles à son développement.

En 2007, Entrevues participe à la création d’une Fédération nationale, le BGDF (Belgian Guide Dog Federation).
En 2012, elle rejoint l’ADEu et L’IGDF en 2014.

Les protocoles mis en place par Monsieur Carton ont été peaufinés, améliorés, forts d’une expérience acquise et des apports extérieurs.

Les missions du chien guide :

Le chien guide mène rapidement son conducteur où il le souhaite (maison, lieu de travail…) en se plaçant mentalement à sa place. Non seulement, sous harnais, il empêche les collisions, mais on a vu des chiens en liberté revenir dare-dare vers leur maître se promenant sur une plage ou une pelouse, pour l'écarter d'un parasol ou d'une tondeuse dont il s'approchait dangereusement. Le chien manifeste une véritable conscience de son rôle. Chez le chien aussi, il y a l'intelligence, la volonté, la mémoire… et le sentiment !

Le chien guide suit les « rives » (trottoirs, sentiers, accotements…) : il effectue les parcours en apportant confort et sécurité. Au besoin, il tire, repousse ou fait reculer. Il donne la certitude d'arriver là où on veut, par où on veut.

Le chien guide signale et passe convenablement les obstacles  (bordures, poteaux, véhicules mal stationnés, etc.). Il cherche bien entendu d'abord à éviter, mais il propose une alternative (descendre sur la chaussée…) si son compagnon est dans l'impossibilité de poursuivre son chemin (trottoirs encombrés…).

Le chien guide désigne les éléments demandés (passages pour piétons, sièges libres, escaliers, portes, boîtes aux lettres, comptoirs…).

Le chien guide obéit à une quarantaine de commandements : ces « ordres » auront un objectif de commodité domestique (assis, silence, etc.) ou seront propres au travail de guidance (en avant, à droite, retour, le passage…).

Le chien guide refuse une demande dangereuse telle que « avance » devant un trou.

Le chien guide est un formidable compagnon.
Il doit être à l'aise dans toutes les situations mais aussi être propre, respectueux des meubles et des objets, etc. Etant amené à rencontrer beaucoup de monde, il est évident qu'il doit être de nature conviviale !
Les relations que le conducteur déficient visuel entretient avec son chien sont porteuses d'une très grande charge affective. Très rares sont les cas où le chien n'est considéré que comme une machine à conduire rangée dès qu'on n'en a plus besoin.
La plupart du temps, après quelques moments passés ensemble, une sorte d'osmose vitale s'établit. Le soulagement qu'éprouve la personne déficiente visuelle grâce à « quelqu'un » d'aussi disponible qui voit, procure un sentiment de liberté indéfinissable et provoque un attachement à priori sans mesure avec le compagnon canin. Pour accepter de se faire conduire, il faut tout d'abord s'accepter mutuellement, se faire confiance, …

Le chien guide est un compagnon de vie et de route pour son maître non voyant, une vie en perpétuelle évolution et face à laquelle on n'est pas trop de deux !

Comment devient-il chien guide ?

Étape 1
Les chiots sont sélectionnés au sein de portées dont nous connaissons les origines. Il est vérifié que l’élevage s'effectue dans de bonnes conditions :
- contacts quotidiens et de qualité avec les humains
- vie en maison
- présence de la maman auprès des chiots jusqu'à 8 semaines
 
La sélection portera sur la santé et le tempérament du chiot qui doit se montrer stable, à l'aise avec l'humain, curieux et courageux.
Les races fréquemment utilisées sont le Retriever (Golden, Labrador, Flatcoated, etc..), le Berger ou des croisements entre ceux-ci.

Étape 2
A huit semaines, le chiot est placé dans une famille d'accueil bénévole qui a pour mission de le socialiser (l'emmener partout, lui faire découvrir divers environnements, etc.) et d'assurer sa primo éducation (propreté, respect de la maison, obéissance de base…)
Les familles se rendent deux fois par mois à l'école de chiens guides pour une séance d'éducation spécifique;
l’occasion de faire le point sur l’évolution  et le développement du chiot, l'occasion aussi pour les familles d'accueil de partager avec les membres du groupe, leurs expériences et leurs questionnements.
Sans ce bénévolat important, la formation de chiens guides bien dans leurs poils serait impossible.

Étape 3
A l'âge d'un an environ, le chien, stérilisé et diagnostiqué indemne de pathologies entraînant une incapacité au travail (par ex : dysplasie des hanches), entrera en formation.
Il sera alors pris en charge par un moniteur professionnel durant six à dix mois et travaillera en milieu naturel : rue, ville, transports en commun, etc.
Il est important, à cette étape, que le chien soit éduqué par un moniteur spécifiquement formé et lié par un contrat de travail. Cela assure aux personnes déficientes visuelles le sérieux du dressage de leur chien et le suivi dans le temps de celui-ci.
L'éducation du chien est basée sur du conditionnement classique et opérant. Afin d'obtenir un chien capable de prendre des initiatives, nous cherchons à ce qu'il analyse et cherche une solution par lui-même.
Aucune forme de violence à l'égard du chien n'est tolérée durant sa formation et son utilisation.
On estime qu'environ 700 heures de travail sont indispensables à un moniteur professionnel pour former un chien guide.
 
Étape 4
Lorsque le chien satisfait à toutes les demandes techniques, il est confirmé par un moniteur sous bandeau ou par un utilisateur non voyant bénévole.
 
Étape 5
Le chien guide pourra alors rencontrer son futur utilisateur au cours d'un stage de deux ou trois semaines.
La personne désireuse de recevoir un chien guide peut faire directement appel à nous ou nous être adressée par un service social. Après une information complète sur le projet, elle participe à divers tests et observations nous permettant d'établir son degré de locomotion actuel, ses attentes, ses motivations, mais aussi le lieu d'accueil du chien.
Cette étape nous permettra de confirmer ou d'infirmer une candidature, mais également de choisir le chien guide qui lui conviendra le mieux.
La personne déficiente visuelle rencontrera son futur chien guide à la toute fin de la formation de ce dernier, au cours d'un stage intensif de deux à trois semaines.

Le candidat utilisateur doit apprendre à conduire le chien guide, utiliser les termes qu'il a appris, donner les bonnes indications corporelles via le harnais. L'équipe doit apprendre à travailler ensemble, se connaître, se faire confiance… Cela s'obtient par de nombreuses heures d'entraînement dans des endroits variés et une intimité qui se crée progressivement entre l'homme et le chien.
Lorsque l'équipe est prête, le moniteur s'efface. Le chien est placé chez la personne durant une période de trois mois, à l'essai. Au terme ce celle-ci, une épreuve certificative est organisée en présence d'au moins deux moniteurs.
Cette étape permet de vérifier que le tandem se déplace en parfaite autonomie et en toute sécurité. Le chien peut dès lors être remis officiellement à la personne.

Combien ça coûte ?

C'est une convention d'usage internationale d'offrir les chiens guides aux personnes déficientes visuelles.
Pour un organisme tel que le nôtre, il s'agit de trouver les moyens financiers de remplir cette mission.

L'éducation complète d'un chien guide demande environ 700 heures de travail réparties sur 2 ans.
L'ensemble des écoles appartenant à la Belgian Assistance Dog Federation estime que chaque chien mis en service coûte au minimum 17.600 euros.
Cette somme couvre les coûts salariaux (moniteurs et encadrement administratif), l'achat de chiens, leur hébergement, leur alimentation, leurs soins, les frais de déplacement, etc.
Le coût serait probablement doublé sans un bénévolat important, mais dont l'incidence exacte est difficile à estimer financièrement.

L'AWIPH (Agence wallonne pour l'intégration de la personne handicapée) rembourse 4700 euros le chien mis en service chez une personne déficiente visuelle.
Pour chaque chien que nous formons, nous devons donc trouver près de 13.000 euros.
En Belgique, sans l'action des volontaires, les dons ou les legs des particuliers, pas de chien guide !

www.entrevues.be

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