Génération BOYS BAND (GBB), 20 ans après

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L'été dernier, trois membres d'anciens boys bands ont souhaité revenir sur le devant de la scène en formant un nouveau groupe, Génération BOYS BAND (GBB).

Frank Delay des 2Be3, Chris Keller de G-Squad et Allan Theo, rivaux à l'époque, ont aujourd'hui décidé d'unir leurs talents pour le plus grand bonheur des nostalgiques des années 90.

C'est au Libramont Exhibition & Congress, lors de "La 90's", que nous les avons rencontrés, quelques heures avant leur passage devant un peu plus de 2500 personnes. Heureux d'être là et plutôt blagueurs, ils ont répondu à nos questions avec plaisir et bonne humeur.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous reformer et qui en a eu l’idée?

Frank: J’en ai eu l’idée il y a maintenant deux ans. D’abord, c’était l’envie de remonter sur scène avant tout, puis je suis issu d’un groupe, donc je ne me voyais pas remonter sur scène et chanter mes chansons tout seul. Du coup, j’ai fait appel à mes meilleurs ennemis, comme je dis souvent. J’ai d’abord appelé Chris, puis on a appelé Allan. On s’est alors reformé pour fêter ensemble les vingt ans du phénomène boys band en France.

Vous avez sorti un premier single, « Medley ». C’est quoi la suite?

Allan: Là, on s’est vraiment concentré sur la scène. En fait, on a retravaillé des titres de boys band, que ce soit les nôtres ou non, et je pense qu’au bout du compte, ça fera un album, mais pour l’instant, on n’en parle pas vraiment. On veut monter quelque chose qui tienne la route, donc avoir du bon son, des chorégraphies, et une fois que tout ça sera en place, je pense qu’on mettra peut-être quelque chose en vente au niveau de l’album. Le medley, c’était vraiment pour nous présenter, pour présenter notre son, et puis montrer qu’on est là et qu’on veut faire quelque chose.

Avez-vous une stratégie pour durer dans le temps, ou souhaitez-vous avant tout vous amuser?

Chris: On en a sans en avoir, en réalité. On veut avant tout prendre du plaisir, mais on veut quand même faire quelque chose. C’est assez difficile d’allier les deux parce que c’est vrai qu’on a eu une notoriété et qu’on pourrait se reposer sur nos acquis et juste faire ce qu’on sait faire, mais on a envie d’aller plus loin. Aujourd’hui, nous sommes nos propres patrons et on fait vraiment ce qu’on aime. En fait, on ne se pose pas trop de questions à ce niveau-là.

A l’époque, on peut dire que vous étiez concurrents. A présent, vous êtes réunis… Cela vous fait quel effet de chanter ensemble?

Frank: Je suis content de chanter avec Chris et Allan parce qu’on n’a finalement pas pris le temps de se connaître dans les années 90. On se croisait souvent sur les plateaux télé, mais il y avait une sorte de compétition mise en place par les maisons de disque. Le fait de se retrouver vingt ans après, d’avoir connu le même phénomène et de parler de la même chose, ce n’est que du plaisir.

Allan: Puis même si on était exposé, qu’on chantait nos chansons et qu’on était hyper célèbre, les chansons des autres, on les connaissait aussi, mais on ne pouvait pas les chanter. Maintenant, on peut le faire, et c’est drôle parce que c’est comme si on s’imaginait dans le clip des 2Be3, des G-Squad, ou avec Allan Théo. Parfois, on s’éclate comme des fous, on fait des chorégraphies comme si on avait encore vingt ans. Si ça n’avait été qu’avec des chansons qu’on connaissait par cœur, ça n’aurait pas vraiment eu d’intérêt. Ce qui est bien, c’est que ça relance le truc parce qu’il y a toujours cette espèce de peur de vouloir bien faire, d’y arriver ou pas, et c’est tout l’intérêt de la scène.

Qui fait quoi dans le groupe? J’imagine que chacun à son domaine bien à lui…

Allan: Moi, je suis plus dédié à tout ce qui est son, mixe. Chris, il fait tout ce qui est photo/vidéo, présentation du groupe, … Tout le matériel visuel/audiovisuel, c’est Chris qui s’en occupe. Frank, il est très axé sur les contacts et sur tout ce qui est stylisme. On est donc hyper complémentaire. C’est comme si on avait un producteur divisé en trois, et ça fonctionne comme ça. A la base, ce n’était pas du tout prévu, on s’en est seulement rendu compte au fur et à mesure, et je pense que c’est pour ça que ça marche bien, parce que chacun s’appuie sur les compétences de l’autre pour avancer et faire avancer le groupe.

A l’époque, c’était l’hystérie. Vous avez eu peur parfois?

Chris: Moi, oui. On a très rapidement eu peur dans G-Squad, et on a dû très vite prendre des mesures pour palier à ce problème, qui était tout simplement le contact avec le fan, mais le côté fanatique, qui prend des proportions vraiment impressionnantes quand on n’a pas l’habitude. Il fallait toujours prévoir par où on arrivait et par où on repartait. Par moment, on a vraiment vécu des choses très compliquées à gérer parce que quand tu as une vingtaine de nanas qui sont folles furieuses et se jettent sur toi, ne serait-ce que pour avoir un bout de t-shirt ou de cheveux… Je ne suis pas violent, mais il faut se défendre parce que c’est vraiment dangereux. Par moment, on a été amené à vraiment jouer des coudes pour s’en sortir.

Avez-vous une anecdote par rapport à l’une de vos premières sorties en tant que célébrités?

Chris: Une semaine après avoir sorti notre premier single, on est allé à la Maison de la Radio à Paris et on se demandait si on allait avoir des fans ou pas. Vu le succès qu’on avait, c’était évident, mais nous, on ne connaissait pas le milieu ni la suite des événements, en réalité. Là-bas, on voit une vingtaine de nanas qui attendaient devant et on rigolait en s’imaginant que c’était pour nous. Effectivement, elles étaient là pour nous, et c’était vraiment l’une des premières expériences très flippantes où là, les filles se sont jetées sur nous. On ne savait pas quoi faire, ni si on devait se défendre. Finalement, des gardes du corps sont venus nous chercher et nous ont portés au-dessus des nanas jusque dans la Maison de la Radio. Cette expérience nous a vraiment mis au diapason et c’est à partir de là qu’on a compris qu’il fallait trouver une solution.

Allan: Moi, j’avais fait une séance de dédicaces dans une Fnac, et il y a eu tellement de monde qu’ils ont dû changer toute la moquette neuve après mon passage. Tu as du mal à croire que c’est juste parce que tu es là, mais c’était vraiment l’hystérie totale.

Frank: Nous, on n’a pas pu faire certaines séances de dédicaces parce qu’il y avait trop de monde et qu’ils ne s’attendaient pas à ça. Avec Filip et Adel, comme on était des potes d’enfance, on avait vraiment envie de vivre ce phénomène, donc on s’en foutait, on foutait le bordel tout le temps. Je me rappelle que Filip, il frappait dans la voiture en criant « elles sont folles les filles! », exprès pour que les gardes du corps viennent. Il était fou, il adorait ça! Il sautait même dans le public, il s’en foutait…

Vous est-il arrivé de prendre la grosse tête?

Frank: Chacun est différent, ça dépend des personnalités. Dans mon groupe, il y en a forcément un qui l’a prise, mais il a toujours été comme ça. Maintenant, ça a été un peu amplifié avec le phénomène et le fait que tu es sous un projecteur. Ce sont aussi les gens autour de toi qui te font prendre la grosse tête à force de te dire que tu es beau, que tu sais bien chanter et que tout ce que tu fais est magnifique. A un moment donné, tu ne sais plus comment gérer le truc. Personnellement, je n’ai pas vraiment changé, je me suis toujours adapté, et pareil pour Adel. Filip, il a finalement un peu pris la grosse tête pour nous deux.

Chris: Moi, c’est pareil, je pense que je suis resté égal à moi-même. Après, il y a des petits coups de folie, mais qui ne sont pas liés à l’égo. On achète un truc qui ne sert à rien parce qu’on sait qu’on peut le faire, par exemple. Un jour, je suis entré dans un magasin de jeux vidéo et j’ai acheté tous les jeux du magasin, même ceux pour enfants ou pour filles. Je suis reparti avec des valises entières et deux consoles, et j’ai encore aujourd’hui des jeux que je n’ai même pas encore ouverts. Ca ne voulait rien dire, mais c'était une façon de se jauger un peu. Peu de temps après, je me suis dit que c'était ridicule. C'est quelque chose que je ne ferais plus même si je venais à avoir quatre fois plus d'argent dans le futur.

Qu'êtes-vous finalement devenus après la période 90's?

Allan: Je suis rentré dans un couvent (rires)… Je suis parti dans un style beaucoup plus rock et j'ai monté des groupes sans qu’on ne dise que j’étais Allan Theo, sinon je n’étais jamais programmé dans les salles. Puis, j’ai continué mon chemin et j’ai toujours essayé de me dire qu’il fallait que j’arrive à réagir comme si je n’étais pas célèbre, donc tout ce qui me passait par la tête, je l’ai fait, et ça m'a fait un bien fou. Que ce soit de l’érotisme, des courts métrages complètement barrés, ultra violents, … Aujourd’hui, je continue sur un autre chemin, dans l’électro-rock, puis je suis avec Génération BOYS BAND à 2000 %.

Frank: Après l’histoire des Etats-Unis avec l’album « Excuse my French » avec 2Be3, on a décidé d’arrêter. Ensuite, j’ai eu mes deux enfants, puis en 2005, j’ai commencé à prendre des cours de théâtre. Je me suis alors lancé en tant que comédien dans des courts métrages, j'ai fait quelques apparitions à la télé et notamment dans des pièces de théâtre, sur Paris pour la plupart. Il y a une semaine, j’étais encore sur scène pour une pièce de théâtre, et j’en refais encore une l’année prochaine. J’espère encore être comédien longtemps, même si Génération BOYS BAND prend une grande place dans ma vie à présent.

Chris: Moi, je suis parti quelques temps aux Etats-Unis, j’ai voulu changer… Pas parce que d’où je venais, c’était quelque chose que je ne voulais plus vivre, mais parce que je voulais simplement changer. Je prends toujours l’exemple du meilleur gâteau au chocolat: si tu en manges tous les jours, tu as envie de goûter à autre chose, même si c'est moins bon. Du coup, je me suis fait tatouer, je me suis rasé la tête, et je me suis reposé surtout, parce que j’aime la scène, j’aime partager la musique avec les gens, mais la notoriété ne me plaît pas. J’aime être libre dans ma vie, dans ma tête et dans mes déplacements. J’aime être libre sans contrainte, en fait, et la notoriété, c’est beaucoup de contraintes à ce niveau-là. Ca me pose un vrai problème, mais c’est le revers de la médaille.

© Amandine Raths
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