Le crieur publique

écrit par francois.detry
le 09/08/2016
Le crieur publique

A visionner : http://www.sonuma.be/archive/le-crieur-public-de-malm%C3%A9dy
« Le secret d'un bon crieur, c'est le poumon. Le poumon vous dis-je. C'est la confession de Martin Mertens, qui a l'âge de 75 ans en 1964, arpentait les rues de Malmedy avec sa cloche, pour, de sa voix forte et rocailleuse, informer les citoyens des dernières nouvelles.
Le crieur publique était une personne chargée d'annoncer au public de l'information. Profession généralement itinérante, sa fonction consistait à se promener dans la localité, à s'arrêter à certains endroits ( place publique, balcon de l'hôtel de ville, carrefour, parvis des églises), annoncer sa présence par un appel sonore (tambour, clochette, trompette...) et commencer à lire son texte.
Origines :Autrefois, son existence était importante dans l'Antiquité (notamment en Grèce), au Moyen Âge (consistant à annoncer des ordonnances royales ou des bans urbains, ce métier fut précédé par celui de garde - champêtre ou de tambour de ville ), et même jusque dans les années 1960 dans les villages suisses. Le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie ont encore un énorme contingent de crieurs publics avec un renouveau depuis 1980.
Le retour des crieurs en France Dans son roman Pars vite et reviens tard publié en 2001, Fred Vargas remet au goût du jour le métier de crieur public avec le personnage de Joss Le Guern. La lecture du roman de Fred Vargas « Pars vite et reviens tard » publié en 2001 a conforté un jeune acteur lyonnais, Gérald Rigaud, dans son projet d'exercer le métier de crieur public. Il fait alors du quartier de la Croix-Rousse son secteur d'activités à partir de 2003. Durant la semaine, les messages à publier sont glissés dans des boites mises à disposition chez les commerçants, puis le dimanche matin, il les crie et les met en valeur sur la place publique. Il se présente comme mandaté par le « Ministère des Rapports Humains », et indique « contribuer au dialogue entre citoyens et à leur conscience politique ». Il rejette l'idée de subvention et tire son revenu de l'argent librement joint aux messages déposés et de demande de dons aux spectateurs assistant à sa prestation. Celle-ci dure près de deux heures. S'il effectue un tri dans la multitude des messages qui lui sont soumis, ceux-ci sont cependant très variés et vont de la petite annonce classique jusqu'à des messages plus personnels. Son initiative et sa verve ne sont cependant pas complètement appréciées par la classe politique, d'un bord comme de l'autre.
Bazas ( en Gironde ) dispose aussi des services de son crieur public, le samedi matin sur le marché : un comédien de la Compagnie Gargantua dont la devise est : « Le crieur public de Bazas, vos messages, mes cordes vocales. »
Le crieur public de Grenoble opère depuis 2008 sous sa devise : "Parce qu'il est inutile de se taire quand on n'a rien à dire, je crie tout haut ce que vous pensez tout bas !".
Auvers-sur-Oise ( où séjourna Vincent Van Gogh ) accueille également un crieur tous les dimanches à 12h sur la place de la mairie : « T'écris, je crie. Le crieur public crie vos poèmes, messages personnels, avis de recherche, mots d'amour, petites annonces... Les messages d'amour sont gratuits, car l'amour n'a pas de prix. 1 euro les autres messages. » Les bénéfices sont reversés à une association de solidarité qui distribue des colis alimentaires aux plus démunis.
En Franche-Comté, la « Compagnie de la Trotte-Vieille », inspirée elle aussi par le roman de Fred Vargas, participe à de nombreuses manifestations avec les « Crieurs de Vent ». Les deux crieurs clament les annonces et messages ainsi que les "nouvelles du monde".
En 2007, le Lauragais ( la région située dans un triangle Albi, Carcassonne et Toulouse) s'est doté également de son crieur public qui diffuse l'information locale et anime les rues et places publiques. Le personnage utilise sa verve pendant diverses manifestations (foires, marchés, salons...) régionales et nationales en narrant les contes et légendes ancestraux, transmettant ainsi les traditions.
Depuis 2010, à Massat (un petit village d'Ariège, situé dans les Pyrénées), une comédienne relance également la tradition de crieur des rues. De mai à octobre, chaque jeudi matin, jour de marché, Gazette ( son nom ) crie les messages déposés dans trois boîtes à lettre à travers le village pour la modique somme de 1€ le message ( petites annonces, messages d'amour, poèmes, parfois, ou messages plus engagés ). Elle essaie également de développer l'intervention de la crieuse dans les festivals et événements du sud de la France. ( Le terme crieur "public" pourrait sous-entendre le fait d'être mandaté par un service public, par exemple une commune, mais ce n'est malheureusement pas le cas ).
Les crieurs publics du monde entier se retrouvent tous les deux ans pour des compétitions de voix, de projection et d'élégance. Le dernier championnat international de crieurs fut tenu à Sidney en Colombie-Britannique (Canada).
Chez nous, les conteurs qui, par leurs récits historiques ou inventés, animent nombre de nos activités, pourraient – ils être rangés dans cette catégorie ?

© François DETRY
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