Le Tour de France 1969 d’ Eddy Merckx par le photographe Jef Geys. Du 17 mai au 1 septembre 2019 au Bozar de Bruxelles.

Le dimanche 7 juillet prochain, le coup d’envoi du Tour de France 2019 sera donné à Bruxelles... Exactement 50 ans après la première victoire de notre compatriote Eddy Merckx dans cette course mythique.
L’artiste belge Jef Geys (1934-2018) a photographié pendant deux semaines ce Tour de France de 1969. Loin du glamour de cette course vers la victoire, son reportage porte un regard décalé sur ce qui fait la particularité et le quotidien du milieu cycliste. Les stars de la petite reine ne l’intéressent pas particulièrement : entre spectateurs, vélos de course, voitures-balais et panneaux publicitaires,
on aperçoit aussi parfois des coureurs, dont Eddy Merckx.
Cinq décennies plus tard, les 67 clichés en noir et blanc de Jef Geys sont exposés aujourd’hui pour la première fois en Belgique. Ils sont complétés par un montage de deux pages de journaux belges des 20 et 21 juillet 1969, qui mettent l’événement en perspective. En effet, le jour où Eddy Merckx a remporté le Tour, Neil Armstrong posait le pied sur la Lune pour la première fois.
Le même jour, un accomplissement planétaire et une victoire sportive nationale partageaient donc l’affiche... Dans son travail aussi, Jef Geys parvient à associer des choses différentes et à les placer sur le même pied : un article de journal et une photo, un exploit scientifique et un autre sportif, un coureur cycliste vedette et un amateur de cyclisme inconnu. À travers cette exposition, Jef Geys
s’impose à nouveau comme le maître de l’association entre le Haut et le Bas (au sens propre comme au sens figuré), qui a fait de lui l’un des artistes belges les plus influents de l’après-guerre.
L’expo a déjà été montrée dans sept villes françaises et a remporté un vif succès. L’ouvrage « 234 » qui rassemble ses photos a reçu le « Prix Bob Calle du livre d’artiste 2019 ».

Biographie de Jef Geys
Jef Geys est un artiste belge, né en 1934 à Bourg Leopold (Province de Limburg) et décédé en 2018. Il a représenté la Belgique à la Biennale de Venise en 2009, a participé à des grands évènements artistiques comme Chambre d’Amis (Gand, 1986), la Biennale de Sao Paulo (1991), ou encore la documenta 11 (Cassel, 2002). Le Van Abbemuseum (Eindhoven, 2005), l’Institut d’art contemporain
(Villeurbanne, 2007), le MOCAD (Detroit, 2010), le MuHKA (Anvers, 2011), Culturgest (Lisbonne, 2012), les Musées royaux des beaux-arts de Belgique (Bruxelles, 2012), le Cneai= (Chatou, 2012, 2014 et 2016), le Wiels (Bruxelles, 2013), et le S.M.AK. (Gand, 2015) lui ont notamment consacré des expositions personnelles.
Dès ses débuts en 1958, Jef Geys accorde une place prépondérante à la photographie. Suivi en Belgique par Jacques Charlier et Marcel Broodthaers dans les années 60, ce choix précoce de la photographie fait de Geys un pionnier dans le monde de l’art belge et rejoint aussi les grands noms de la scéne conceptuelle artistique internationale comme Ed Ruscha, Robert Smithson, John
Baldessari ou Douglas Huebler. L’exposition réactive une série de photographies contenues dans un livre d’artiste intitulé Al de zwart-wit foto’s tot 1998 [Toutes les photos noir et blanc jusqu’en 1998] – ouvrage qui contient cinq cents pages de photographies (1958-1998) disposées aléatoirement sous forme de planches contact – dont elle propose une version « éclatée ».
Chez Jef Geys, pratique photographique et archiviste sont indissociables. L’archive de l’art et l’art de l’archive se confondent en une seule et même pratique dès lors que l’artiste se donne la liberté de définir sa propre notion de l’œuvre. Ni œuvre unique, ni multiple, ni archive, il n’y a pour Jef Geys que des versions, des traductions d’évènements personnels sous une forme artistique. « Kome »
(acronyme flamand de Kunstwerken op meerdere exemplaren) est le nom qu’il donne à une grande partie de son travail ; il signifie « œuvre en plusieurs examplaires ». C’est pourquoi la valeur d’un journal, d’une photographie ou d’un film est pour lui équivalente à celle de la peinture, de la sculpture ou encore de leurs notices. Cette remise en cause des standards de l’œuvre d’art peut le conduire à photographier ses peintures pour les répertorier sur des feuilles de classeur, lesquelles prennent le statut d’œuvre ; la liste des œuvres elle-même étant exposée.
Jef Geys investit sans jamais hiérarchiser toutes les réalités qui forment son environnement quotidien, qu’elles soient d’ordre personnel, culturel ou universel. Il chemine par conséquent très naturellement à travers toutes les formes médiatiques possibles : le dessin, la peinture, la sculpture, la langue, la photographie, le film ou le big data. Cette acuité à produire au quotidien une langue
artistique sous toutes ses formes, le conduit, comme instituteur, à traduire le programme d’éducation en un programme artistique, et, comme graphiste, à investir de son propre travail le journal dans lequel il travaille jusqu’à le reprendre à son compte. C’est ainsi que KEMPENS Informatieblad, le journal local de sa région, devient le support artistique de ses propres recherches et commentaires
sur son travail, ainsi que l’organe de presse de ses expositions en lieu de place de catalogues.

Informations pratiques
Jef Geys
Le Tour de France 1969 d’ Eddy Merckx
17.05 – 01.09.2019
Tickets: Entrée libre
BOZAR – Palais des Beaux-Arts, Rue Ravensteinstraat 23, 1000 Bruxelles
Ouvert : De mardi à dimanche, 10h – 18h & jeudi, 10h – 21h
Fermé: Lundi
Info & tickets: 0032 2 507 82 00 – info@bozar.be