Mémoires d'un paysan Bas-Breton - Tome 3. Le persécuté.

Suite et fin de l’adaptation en BD de la biographie de Jean-Marie Déguignet.

Jean-Marie est un paysan qui a fait bien du chemin. Après avoir parcouru le monde, il revient au pays avec une idée fixe : s’installer dans un ermitage parmi les abeilles, les poules et les lapins, au cœur de ce décor sauvage, témoin de ses jeunes années. Il y vivrait paisible, loin du bruit, des fracas, des tracasseries et des horreurs du monde civilisé. Mais il lui faut renoncer à ce projet pour sauver une famille de la misère. Lorsqu’il s’agit de rendre service à quelqu’un, fut-il son plus grand ennemi, Jean-Marie ne refuse jamais. Voilà d’où venaient tous ses malheurs. D’où ils viendraient toujours.

Jean-Marie Déguignet et la langue bretonne
Qui ne connaît pas aujourd'hui le nom de Jean-Marie Déguignet (1834-1905) ? On le doit au succès extraordinaire de ses "Mémoires d'un paysan Bas-Breton" au tournant des années 2000. Il est bien vrai qu'on ne dispose guère de témoignages équivalents sur le vécu d'un "paysan de neuvième classe", comme il se définissait lui-même, qui a également été un soldat des armées du Second Empire, y compris en Algérie et au Mexique. L’itinéraire et les convictions de Déguignet font de lui un Breton atypique de son époque au sein des couches populaires : il n’a jamais cessé de pourfendre les conservateurs, le clergé, les autorités.
Jean-Marie Déguignet ne connaissait que le breton à sa naissance. Il a la particularité, au milieu du XIXe siècle, d’avoir appris seul à lire et à écrire le français, en parfait autodidacte, mais aussi l’italien et l’espagnol. Il est stupéfait de découvrir que tout le monde ne parle pas le français de la même manière.
Dans l'intégrale de ses mémoires, publiée sous le titre "Histoire de ma vie", il décrit comment il a été confronté à la variation et à la pluralité linguistique. Cet ouvrage de 900 pages comporte aussi quantité d'informations sur la langue bretonne, par exemple sur la manière dont se déroulaient les mariages. Il fournit spontanément des indications sur les usages de langues en Basse-Bretagne à son époque. Déguignet a des opinions tranchées concernant le breton puisqu’il la considère comme une vieille langue qui se meurt.
Ces représentations étonnent aujourd’hui. Mais il convient de les confronter à celles de ses contemporains, ainsi qu’aux acquis de la recherche qui s’est développée depuis une trentaine d’années sur la pratique sociale du breton.

Editions Soleil
ISBN : 978-2-302-07510-8
Scénariste : BETBEDER Stéphane
Illustrateur : BABONNEAU Christophe
Coloriste : GONZALBO Axel
Prix : 16,55€