Covid. Houffalize. L'heure est aux influenceurs

écrit par ReneDislaire
le 24/10/2020
 Boris Becker Boum Boum, champion de tennis déchu, met sa notoriété au service d'une adhésion de tous. C'est ensemble qu'on sera plus forts..

Covid. Les influenceurs houffalois
C’est malheureusement arrivé. Une famille des bords de l’Ourthe à Houffalize vient d'être frappée d’une nouvelle que chacun redoutait. L’un des siens est allé, insouciant, à un test par prélèvement, a été admis sans préavis aux soins intensifs et y passé de vie à trépas.

Pourquoi parler de cette personne atteinte du covid alors que ce ne serait pas le cas si cela avait été, et aussi rapidement, d'un cancer ?
Parce que le cancer, ce n’est pas contagieux, ça n’anéantit pas l’économie et ne met pas en péril l’intellectualisation de la terre entière.

Ça se fait aujourd’hui de donner un prénom d’emprunt aux gens dont on parle, pour que le lecteur s'y identifie. Avant de mourir, Gérard a eu le temps de se demander qui, Alphonse ou Thérèse qui demeureront asymptomatiques, l’a contaminé, et à qui, Jean-Luc ou Marguerite, il a pu transmettre son virus. (1)
Ce restera son secret.

Trump et Biden  
Le même jour, durant une heure trente, Donald Trump le milliardaire fanfaron s’affichait comme témoin de l’innocuité d’une affection passagère tandis que son adversaire Joe le frileux faisait appel à l'indispensable solidarité collective, un masque sur le visage ou à portée de main, l'une des mesures barrières considérée comme la plus appropriée par les virologues unanimes des meilleures universités du monde.

Inégalités entre le sort des riches et des pauvres
Savoir qu’aux USA il n'existe aucune possibilité de se soigner à l'hôpital dont le coût « de sa poche », au moins mille cinq cents euros par jour, est inaccessible à la majorité des citoyens, en ce compris nombre d'entre eux qui n’ont pas été comptabilisés dans les plus de deux cents mille victimes.

En Europe, car des observations sont faites, les plus résitants non prédestinés à la contamiation ont en général une plus grande superficie de pelouse privée familiale où s’ébattre, outre les moyens matériels et intellectuels de vivre leur vie en meilleure santé pour faire face à bien des maladies.
Les victimes abondent en revanche chez les personnes en situation de précarité : espace de logement exigu, faible pouvoir d’achat.
Pour une famille nombreuse, se payer cinq fruits ou légumes pour chacun, chacun des 365 jours de l'année, n’est pas donné à tout le monde.

S'agissant des coronasceptiques, on s’est risqué dans des études réputées sérieuses à constater un certain égoïsme, et leur sens de la solidarité toute relative, par leur précipitation à stocker jusqu’à du papier hygiénique quand ça sentait la pénurie : c’est cocasse certes, mais que voici un critère indéniablement objectif !  

Querelles entre scientifiques
Il y a des choses qui posent problème. Des divergences que la population peine à comprendre, et c’est malencontreux.
Les scientifiques ne sont pas habitués à se retrouver en masse à l'avant-scène des médias et à réagir au quart de tour, et personne ne s'appesantit sur leurs bien compréhensibles conflits d’intérêt.
Il y a les maçons et les non maçons, les francophones et les néerlandophones, les rivalités entre grands hôpitaux et entre universités, les ambitions personnelles, l'identité des bailleurs de fonds publics et privés indispensables aux patronages passés et futurs des recherches, les marchés à conquérir.

La quadrature pour les politiques
Les politiques, quant à eux, sont rompus à l'exercice de devoir s'entendre. Condition sine qua non de leur pérennité.
C’est heureux, car c'est eux qui décident.

Leur difficulté est de trouver des mots justes, tels que toute la population adhère.
Un faible pourcentage de coronasceptiques peut mettre en l’air toute une stratégie dont la réussite nécessite la cohésion unanime.

Et on cherche des slogans qui puissent être admis par tous. Sophie Wilmès: en me protégeant, je vous protège. Alexander Decroo: nous sommes une équipe de 11 millions de personnes.

L'épidémiologiste Marius Gilbert
Il a des diplômes, c'est un membre très apprécié dans le conseil ad hoc, et il est aimé.
Inhabituel, son discours à la nation, son appel du 22 octobre, angoissé et fervent, au J.T.
En substance :
« Chacun doit se mobiliser et adopter les mesures barrières. Sinon un nouveau reconfinement, le lockdown est inévitable.
«La deuxième vague est une déferlante.
« Les politiques et les scientifiques sont incapables de faire passer leur message à un certain pourcentage de la population, qu’il est indispensable de mobiliser en son entier (NB. Comprenez ceux qui pratiquent difficilement le français, ceux qui ne sont pas exposés aux médias...)
« J’en appelle à tous les influenceurs, aux stars du football et de la chanson, aux professeurs, à tout le monde dans son réseau. 
« Qu’ils se fassent des relais dans toutes les poches de la société. »

Influenceurs houffalois?  Personne de transcendant... 
Nous avions écrit un article il y deux ans : Houffalize est un désert de politiques.
Dans les communes contigües, il y a, ou il y a eu, au moins quatorze personnes ayant occupé à eux tous plus de trente postes au moins de député depuis 50 ans. Et au moins une dans chaque commune. Aucune à Houffalize. Aucun citoyen d’en-dessous de 72 ans n'a eu l'occasion de voter pour un de ses politiques en ordre utile pour atteindre les élites.
Personne d’un haut niveau. Gouverneur de la province, président d’Idelux. Ou président d'un haut organisme ou association, syndicat, mutuelle, présidence de parti, médias, artiste ou intellectuel célèbre…

Personne de transcendant . Alors, chacun au charbon...
Houffalize n'a pas parmi ses enfants, comme La Roche, une sommité de la Sorbonne, ni comme Ste-Ode un de meilleurs footballeurs d'Europe. (2)
Alors, il faut bien faire appel aux influenceurs du pauvre… (3)
Les gens likés dans les groupes sociaux, les responsables de la vie associative : les sportifs, les artistes, les jeunes, les vieux. Les politiques communaux. Oui, les enseignants. Les personnes particulièrement en contact avec des gens d'une culture étrangère ne pratiquant pas bien le français.

Et les marchands de déni?
Si cette expression fait florès, sur le modèle péjoratif de marchand de sommeil, ce n'est peut-être pas sans raison.
Est-ce rêver que de souhaiter que les coronasceptiques mettent un bémol à leur militantisme, à leur prosélytisme ? 
C’est la guerre au virus, ce n'est pas une guerre civile.
Est-ce une honte dans la vie que d'évoluer, s'inclinant devant des éléments nouveaux gravissimes?
La solidarité est une valeur maîtresse de notre Europe de l'Ouest. N'est-ce pas le moment de s'en souvenir? 
N'est-il pas sage de se rallier aux mesures prises sur tout le continent, sur les conseils des meilleurs scientifiques ?
Nos responsables politiques ne sont ni des islamistes ni des nazis : il n'ont jamais décapité un professeur ni envoyé des enfants dans les chambres à gaz.

Ce qui est passé est passé, penser à l'avenir...
... pour que personne ne se sente culpabilisé, pour que dans notre entourage ce que craint et même prévoit Marius Gilbert ne pèse sur la réputation de personne.
Pour que les pompiers ne se voient plus contraints à faire du bruit les vendredis soir pour les infirmières.
Pour qu'un nombre excessif de malades par rapport aux possibilités numériques de réanimation et d’intubation n’amène aucun médecin à faire ce choix : qui de Jean-Luc ou Marguerite vais-je sacrifier ?
À quelle famille parmi les nôtres les infirmières devront-elle justifier que l’on a envoyé l’un de ses proches, sans avoir pu lui prodiguer le moindre soin, à la morgue?

René Dislaire  © Houffalize, le 23 octobre 2020.
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Présentation.
Le covid. Trois événements en 24 heures. Le décès d'un de nos proches. Le débat Trump/Biden. L'appel de Marius Gilbert.
Covid et happy hours: les Houffalois enrichissent leur vocabulaire anglais.
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Illustration. Boris Becker Boum Boum, champion de tennis déchu, met sa notoriété au service d'une  adhésion.
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Références aux mots numérotés dans le texte  
(1) Gérard, Marguerite...

Espérons n’avoir pas mis un prénom qui prête à un rapprochement malencontreux. Sinon, pardon. Nous avons opté pour les noms courants qui sont fêtés en cette période de fin octobre.
(2) Personne de transcendant
Exception historique: Michel Renquin, le back considéré parmi les meilleurs du monde, à l'époque de Mexico.
Personnages d'actualité: La Roche, Roland Gillet (Sorbonne) / Ste-Ode,Thomas Meunier (diable rouge).
(3) Faire appel aux influenceurs du pauvre
Clin d'oeil, comme on dit, à des expressions du secteur de l'auomoble. La Ferrari est la Porsche du pauvre, la Lancia Monte Carlo est la Ferrari  du pauvre, la Vokswagen est la Mercedes du pauvre...
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Post scriptum
Covid. Happy hours et desease 

Bien des Houffalois ne sont guère versés en anglais et le confinement leur aura sans doute appris le sens exact de ces  mots. Il faut reconnaître que l’anglais peut être considéré comme accessoire dans une ville où la culture et l'économie requièrent la connaissance de plusieurs langues prioritaires autres que l’anglais.

Happy hour (hours au pluriel) 
Heure heureuse. L'origine de cette expression remonte à l'époque de la prohibition aux Etats-Unis : brève réunion clandestine pour consommer de l'alcool.
Au fil du temps c'est devenu un 5 à 7 dans des bistrots où des consommations sont servies à bas prix. L'intérêt commercial étant bien entendu que les personnes en état d'ébriété consommeront à plein tarif le reste de la soirée.
Cela est interdit en pas mal de pays, pour des raisons de sécurité routière et de tranquillité sur la voie publique. Cela est considéré comme contraire à l’éthique par bien des associations citoyennes.
On peut évidemment se poser la question de savoir si ce n'est pas encore moins éthique  en période de lutte contre le corona virus. Même dans des lieux privés tels que kots d'étudiants.

Covid.
Nous l'écrivons en minuscules (sauf en début de phrase), sans ajouter le -19 : est-il indispensable d’introduire un mot composé de lettres et de chiffres en français ?
Covid est un acronyme : le co de corona, le vi de virus et, ce que pas mal de gens ignorent, le d de disease. Ce mot signifie maladie en anglais.
Nous avons été habitués au mot coronavirus (actuel) durant des mois : c’est le virus.
Covid signifie la maladie engendrée par ce virus, c’est un tout autre concept, pluridisciplinaire. 
René Dislaire

  •  Boris Becker Boum Boum, champion de tennis déchu, met sa notoriété au service d'une adhésion de tous. C'est ensemble qu'on sera plus forts..
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