Exposition THE SUN AND THE SET de l’artiste LATIFA ECHAKHCH au PBS22 à Charleroi

écrit par VandenHende
le 02/02/2020
Latifa Echakhch, _The sun and the set_, vue de l''exposition, BPS22, 2020_Photo Leslie Artamonow (1)

Du 1 février au 3 mai 2020
Le BPS22 accueille la première grande exposition muséale, en Belgique, de Latifa Echakhch (MAR, 1974). Prenant en compte les particularités architecturales du Musée, l’artiste crée une déambulation composée d’une succession de paysages personnels, comme autant d’arrêts sur image. L’exposition réunit ainsi une septantaine d’oeuvres anciennes, réunies pour la première fois, et d’autres spécialement produites pour l’occasion, afin de former une narration singulière. Conçue comme une rétro-prospective, The sun and the set se veut un bilan du parcours artistique de Latifa Echakhch qui continuera ses expérimentations de recherche, avec la désignation récente de l’artiste pour occuper le pavillon de la Suisse, lors de la prochaine Biennale de Venise.

L’ARTISTE
Née en 1974, à El Khnansa, dans la campagne marocaine, Latifa Echakhch quitte, avec sa famille, son pays d’origine à l’âge de 3 ans pour s’installer à Aix les-Bains, dans les Alpes de Savoie, sur les rives du lac Bourget. Son père travaille au casino de la ville, où les salles accueillent des opérettes dont les
paillettes, costumes et claquettes fascinent la jeune enfant. Elle suit une scolarité classique, tout en découvrant la culture française, et se révèle douée pour le dessin. Un métier artistique n’est toutefois pas envisageable pour sa famille. Néanmoins, quinze jours avant son bac, sa mère lui confie qu’elle a montré ses dessins à une amie qui lui conseille de faire les Beaux-Arts. Latifa Echakhch n’y a jamais songé mais elle est tentée.
Elle est ainsi admise à l’École Supérieure d’Art de Grenoble, où elle découvre l’art contemporain et des artistes qui enrichiront sa vie, comme Yves Klein. Elle construit pas à pas son oeuvre. Entre 2001 et 2002,
au moment le plus fort d’une deuxième intifada, et alors que le Front National passe au deuxième tour de l’élection présidentielle française, elle débute un
post-diplôme à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon. Si elle a le sentiment que “ faire de l’art ” est un luxe, elle comprend alors qu’elle doit
s’engager et ne pas rester en retrait de la vie sociale et politique.
Aussi loin qu’elle se souvienne, Latifa Echakhch a toujours souhaité être impliquée politiquement. En 1996, alors qu’elle suit les cours de Philippe Parreno,
ce dernier lui suggère d’enquêter sur le travail de l’artiste américain d’origine cubaine, Félix Gonzáles-Torres, dont l’exposition Girlfriend in a Coma se tient
au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, cette année-là. Se remémorant ce moment, Latifa Echakhch dit qu’elle a alors trouvé son équilibre entre le politique et le sensoriel.
Après avoir vécu, pendant plusieurs années à Paris, Latifa Echakhch vit et travaille aujourd’hui à Martigny, dans les Alpes suisses. Récompensée du prestigieux Prix d’art contemporain Marcel Duchamp, en 2013, et du Zurich Art Prize, en 2015, Latifa Echakhch a, aujourd’hui, acquis une reconnaissance internationale et est représentée par les galeries kamel mennour (Paris/Londres), kaufmann repetto (Milan/New York), Dvir (Tel Aviv/Bruxelles) et Metro Pictures (New York). En 2021, elle représentera la Suisse à la Biennale de Venise. Cette désignation est une importante reconnaissance personnelle, professionnelle, artistique et politique.
Le BPS22 accueille la première grande exposition muséale, en Belgique, de Latifa Echakhch (MAR, 1974). Prenant en compte les particularités architecturales du Musée, l’artiste crée une déambulation composée d’une succession de paysages personnels, comme autant d’arrêts sur image. L’exposition réunit ainsi une septantaine d’oeuvres anciennes, réunies pour la première fois, et d’autres spécialement produites pour l’occasion, afin de former une narration singulière. Conçue comme une rétro-prospective, The sun and the set se veut un bilan du parcours artistique de Latifa Echakhch qui continuera ses expérimentations de recherche, avec la désignation récente de l’artiste pour occuper le pavillon de la Suisse, lors de la prochaine Biennale de Venise.

L’EXPOSITION
Pratiquant la peinture, la sculpture, la vidéo et l’installation, Latifa Echakhch puise son inspiration dans ses souvenirs, les évènements politiques qui l’ont
marquée, la littérature, la musique et la poésie. Si les paysages romantiques de son enfance ont eu un profond impact sur son esthétique et sa sensibilité,
son vocabulaire formel est influencé par le minimalisme et l’histoire de l’art des années 1960-1970. Le plus souvent, elle travaille avec des objets facilement identifiables, investis d’une charge domestique et/ou sociale, qu’elle détruit, efface ou recouvre, poussant dans l’oubli ce qu’ils étaient pour rendre possible une lecture différente et forcer la mémoire à leur donner un nouveau sens. Attachée à l’idée de nature morte, Latifa Echakhch dit qu’elle “ tue ” l’objet. Devenus obsolètes, affranchis de leur utilité, ces objets reprennent alors une seconde vie et posent la question de la transmission du patrimoine et de son héritage.
Elle convoque ainsi la mémoire et libère les fantômes qui ressurgissent de ces objets.
Depuis plusieurs années, Latifa Echakhch renouvelle la tradition du paysage romantique et son motif associé : la ruine. L'artiste va au-delà d'une interprétation littérale du mot "ruine" qui ne désigne plus seulement l'édifice en dégradation mais toute trace d'occupation: album photos, foulard, verres à thé, miniatures de parfum, petits soldats de plomb, etc. Par le langage pictural minimaliste, le sens aigu des formes et l’économie de moyens qui caractérisent son travail, elle intègre, à ses installations, ces objets du quotidien. Ceux-ci sont souvent vidés, décomposés, découpés ou trempés dans un bain d’encre noire.
A l’occasion de son exposition au BPS22, elle a créé, dans la Grande Halle, une déambulation à travers des décors déclassés, à moitié suspendus,
comme autant de vestiges d’une action qui a eu lieu et dévoilant, au fur et à mesure, plus d’une septantaine d’oeuvres. Dans la salle Pierre Dupont, l’artiste propose une expérience immersive dans laquelle le visiteur est confronté à des bribes de décors.
Convoquant les notions de perte, d’abandon, de trace, l’exposition forme un ensemble de paysages émotionnels où la mémoire se confronte à l’obsolescence de la modernité et de ses ruines. Les ruines de Latifa Echakhch jouent donc le rôle de “ Memento mori ” du capitalisme : ces objets disparates sont tous reliés par une même obsolescence. Là où la ruine antique associe ruine et pérennité, l'artiste articule ruine et disparition.

LE TITRE
Le titre de l’exposition, The sun and the set, fait à la fois référence au coucher de soleil et au “ set ” qui, dans les domaines de l’art et du théâtre, signifie
l’installation d’une scène, l’assemblage de décors et d’objets qui définissent une scène d’action qui a eu lieu ou que l’on attend. Latifa Echakhch a souvent utilisé le potentiel d’activation que revêt le décor. Entre paysage et mise en scène, son exposition se visite par les coulisses, par l’envers du décor. Les grands rideaux peints présentent des paysages au coucher de soleil. Chacun est lié à une histoire personnelle vécue par l’artiste, lors de voyages, de rencontres ou simplement chez elle, en Suisse. Ce décor se traverse avant de se voir, formant ainsi un dégradé dans l’exposition. Du soleil orangé vers un noir sombre, emportant une partie de nous-mêmes et de nos souvenirs.

Informations pratiques :
BPS22. Boulevard Solvay 22, 6000 Charleroi
+32 71 27 29 71
info@bps22.be
www.pbs22.be

  • Latifa Echakhch, _The sun and the set_, vue de l''exposition, BPS22, 2020_Photo Leslie Artamonow (1)
  • Latifa Echakhch, _The sun and the set_, vue de l''exposition, BPS22, 2020_Photo Leslie Artamonow (1)
  • Latifa Echakhch, Crowd Fade, 2017, collection de l'artiste Photo Leslie Artamonow (1)
  • Latifa Echakhch, Sans titre (l'indépendante), 2008, collection de l'artiste Photo Leslie Artamonow
  • Latifa Echakhch, _The sun and the set_, vue de l''exposition, BPS22, 2020_Photo Leslie Artamonow (1)
  • Latifa ECHAKHCH, MEr d'encre, 2012, collection de l'artiste Photo Leslie Artamonow (1)
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