Les notes de Jean Legros, un soldat belge de Stavelot, publiées en livre par son fils : "Voir la guerre 40-45 du point de vue d'un soldat"

écrit par francois.detry
le 07/04/2026
Philippe Legros a retranscrit les notes de son père. ©EDA

En 1940, Jean Legros, jeune clerc de notaire originaire de Stavelot, traverse la Campagne des 18 jours. Son fils Philippe a retranscrit ses notes, publiées en livre pour raviver la mémoire d'un soldat belge ordinaire.

En 1940, Jean Legros, qui habitait à Stavelot, avait 22 ans. Il était clerc de notaire. Du jour au lendemain, il s'est retrouvé embarqué dans la Campagne de 18 jours de mai 1940. Cet épisode, qui marque le début de l'invasion allemande en Belgique, a vu le jeune stavelotain, qui était le fils des tenanciers du café Chez Jules (aujourd'hui Les Vieilles Caves d'Artois), être arrêté par l'armée allemande. Il ne sera libéré qu'après la victoire des Alliés.

Pendant cette fameuse Campagne de 18 jours, Jean Legros a pris des notes dans lesquelles il racontait ce qu'il vivait, mais aussi ses craintes. "J'ai récupéré ce carnet quand ma mère est décédée, détaille Philippe Legros, le fils de Jean. Dans un premier temps, je n'ai pas eu le courage de le lire, parce que mon père avait une écriture difficile à déchiffrer. Et il écrivait de très longues phrases, qui sont un peu désuètes aujourd'hui, avec beaucoup de points-virgules."

Cet épisode de la vie de son père, il le connaissait, mais pas bien. "Plus tard, je me suis rendu compte que les personnes qui avaient fait la guerre, surtout celles qui avaient été prisonnières, n'aimaient pas en parler."

Un livre qui n'était d'abord pas destiné à être commercialisé

Alors, Philippe Legros et son épouse ont fini par se plonger dans ce fameux carnet de notes afin de retranscrire son contenu. "Pour moi et mon frère, évidemment, mais aussi pour nos enfants. Ils n'ont jamais connu leur grand-père, vu qu'il est décédé en 1968."

Et comme il s'est rapidement rendu compte que "c'était bête d'imprimer le texte sur un fichier Word, alors que l'histoire est quand même bien", il a pris ses renseignements pour en faire un livre. "Au départ, c'était vraiment pour les enfants. Mais la société d'impression m'a proposé de le commercialiser."

Un livre qui parle de la guerre, à travers le vécu d'un soldat belge

Au départ, il n'y était pas favorable. "Puis j'ai réfléchi. Je me suis dit cette histoire pourrait aussi intéresser des personnes qui sont passionnées par la guerre 40-45. Et puis, ce livre permet d'appréhender ce qu'il s'est passé. Pas d'un point de vue stratégique, mais pour comprendre ce qu'un soldat belge a vécu au jour le jour."

"Quand le camion est tombé en panne, ils ont pissé dans le radiateur pour le faire repartir. Ca ne s'invente pas.

Malgré le contexte très compliqué, le jeune Jean Legros a vécu certaines anecdotes qui peuvent faire sourire. "Par exemple, quand le camion est tombé en panne, ils ont pissé dans le radiateur pour le faire repartir. Ça ne s'invente pas." Il y a aussi le soldat qui avait oublié son fusil. "Ils ont fait demi-tour pour aller le rechercher et ils l'ont traité d'un peu tous les noms."

Malade suite à la Deuxième Guerre mondiale, Jean Legros a tenté d'obtenir une pension d'invalide

Après la guerre, Jean Legros est resté à l'armée. Il a terminé capitaine-commandant au 36e bataillon QMT à Bressoux (Liège), avant de décéder d'une leucémie, à 51 ans. "Avant ça, il a eu un myélome. Il est vraisemblablement tombé malade après être allé travailler dans les mines de sel en Allemagne de l'Est. Alors, en 1965 ou 1966, il a écrit au ministre des Pensions ou de la Défense de l'époque pour avoir une pension d'invalide. Dans cette lettre, il a expliqué ce qu'il avait subi pendant sa captivité. Elle se trouve en annexe."

Si l'histoire de Jean Legros vous intéresse, vous pouvez acheter le livre intitulé "18 jours en mai 1940, Journal de guerre d'un Stavelotain" sur le site Publier un livre.com. Il est vendu au prix de 12 €, ce à quoi vous devrez ajouter entre 5 et 9 € de frais de port.

Vincent Roger    Journaliste  ( L'Avenir )

 

  • Philippe Legros a retranscrit les notes de son père. ©EDA
  • La couverture du livre. ©Doc
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