l’impressionnisme a un volet proprement belge puissant et original.

écrit par admin
le 09/10/2026

Phénomène français puis paneuropéen, l’impressionnisme a un volet proprement belge. Rien d’étonnant à cela, et pas seulement en raison de l’évidente proximité culturelle entre la France et la Belgique. S’il est vrai que tout mouvement artistique est tributaire du moment de civilisation qui l’a vu naître, la Belgique, état jeune mais déjà une formidable puissance économique, est une terre d’élection pour l’art moderne.

En fait, dès les années 1860, des artistes belges ont pris leurs distances avec l’académisme et les institutions qui l’incarnaient. Des associations sont créées qui mettent en œuvre les programmes théoriques de la modernité : la Société Libre des Beaux-Arts (1868), première structure d’artistes indépendants, puis le Cercle des XX, dont la première exposition se tiendra en 1884, avant de céder la place, en 1894, à La Libre Esthétique. La revue L’Art moderne, fondée en 1881, leur sert de vitrine et de manifeste. C’est dans ce bouillonnement que s’épanouit un impressionnisme spécifiquement belge.

 

L’exposition L’impressionnisme, une histoire belge raconte cette aventure.

Sa structure est chrono-thématique. Le parcours retrace l’histoire de l’art moderne en Belgique à partir des années 1860 et ses différentes manifestations jusqu’à son épuisement à la veille de la Première Guerre mondiale.

Aux origines du mouvement : le paysagisme, représenté par l’école de Tervueren, la déclinaison belge de l’influente « école de Barbizon » française. A partir des années 1860, le paysage n’est plus perçu comme une toile de fond à un thème iconographique : il devient un objet de représentation en soi. C’est un changement de cap, ou, si l’on veut, l’irruption de la modernité dans l’art. Il est intéressant de noter que la légitimité que le paysage acquiert à partir du début des années 1870 et son succès grandissant auprès du public ne sont pas étrangers aux besoins d’affirmation de l’identité nationale d’un pays jeune.

Le deuxième temps, dans les années 1880, est celui de l’épanouissement de l’impressionnisme belge, fortement influencé par les maîtres français mais se développant selon une logique propre, plus « réaliste » que l’impressionnisme français, plus conforme, en somme, à une tradition picturale qui remonte au baroque flamand.

Troisième étape, décisive : le néo-impressionnisme, qui se développe au contact du pointillisme de Georges Seurat et de ses amis. Pour les artistes d’avant-garde belge, c’est une révélation et une opportunité d’imposer la modernité dans sa veine la plus radicale. La Belgique devient, ainsi, rapidement, la seconde patrie du néo-impressionnisme, sinon la première.

Quatrième temps. À la charnière des deux siècles, le néo-impressionnisme conduit à assimiler la couleur à la lumière pure. Cette tendance, à la croisée de l’impressionnisme désormais « classique » et de la tradition réaliste flamande, sera qualifiée de « luministe », courant dont le représentant emblématique est Émile Claus, figure centrale du groupe Vie et Lumière.

Cinquième temps, enfin. Au tournant du siècle, le mouvement impressionniste dans toutes ses incarnations donne des signes d’essoufflement. Une génération après la première exposition impressionniste, le surgissement jubilatoire et violent du fauvismetémoignera d’un aboutissement, sinon d’un terme. Né en France en 1905, il est bientôt importé en Belgique où s’épanouit un fauvisme dit brabançon, dont Rik Wouters est la figure de proue.

Ce sont les derniers feux de l’impressionnisme, qui mourra comme tant d’autres choses dans les tranchées de la Grande guerre.

 

ARTISTES EXPOSÉS

Adrien-Joseph Heymans (1839 Anvers - 1921 Schaerbeek)

Albert Baertsoen (1866 - 1922 Gand)

Albert Lemaître (1886 Liège - 1975 Milhars, France)

Albert Dubois-Pillet (1846 Paris - 1890 Puy-en-Velay)

Albijn Van den Abeele (1835 Laethem-Saint-Martin - 1928 Laethem-Saint-Martin)

Alfred Sisley (1839 Paris - 1899 Moret-sur-Loing)

Alfred William Finch (1854 Bruxelles - 1930 Helsinki)

Anna Boch (1848 Saint-Vaast - 1936 Bruxelles)

Anna De Weert (1867 Gand - 1950 Gand)

Armand Guillaumin (1841 Paris - 1927 Orly)

Barthold Jongkind (1819 Lattrop, Pays-Bas - 1891 Saint-Égrève)

Berthe Morisot (1841 Bourges - 1895 Paris)

Camille Pissarro (1830 Charlotte-Amélie, Caraïbes - 1903 Paris)

Charles Angrand (1854 Criquetot-sur-Ouville - 1926 Rouen)

Claude Monet (1840 Paris - 1926 Giverny)

Constant Permeke (1886 Anvers - 1952 Ostende)

Diario De Regoyos (1857 Ribadesella - 1913 Barcelone)

Edouard Hannon (1853 Ixelles - 1931 Saint-Gilles)

Edouard Manet (1832 - 1883 Paris )

Emile Claus (1849 Sint-Eloois-Vijve - 1924 Astene)

Eugène Boch (1855 Saint-Vaast - 1941 Monthyon, France)

Eugène Boudin (1824 Honfleur - 1898 Deauville)

Evariste Carpentier (1845 Kuurne - 1922 Liège)

Félicien Rops (1833 Namur - 1898 Essones)

Fernand Schirren (1872 Anvers - Bruxelles 1944)

Frans Smeers (1873 Bruxelles - 1960 Bruxelles)

Frantz Charlet (1862 Bruxelles - 1928 Paris)

Franz Courtens (1854 Termonde - 1943 Saint-Josse-ten-Noode)

Franz Gaillard (1861 Bruxelles - 1932 Forest)

Frits Van den Berghe (1883 Gand - 1939 Gand)

Georges Buysse (1864 Gand - 1916 Gand)

Georges Lemmen (1865 Schaerbeek - Uccle 1916)

Georges Morren (1868 Ekeren - 1941 Bruxelles)

Guillaume Van Strydonck (1861 Namsos en Norvège - 1937 Saint-Gilles)

Guillaume Vogels (1836 Bruxelles - 1896 Ixelles)

Gustave Caillebotte (1848 Paris - 1894 Gennevilliers)

Gustave De Smet (1877 Gand - 1943 Deurle)

Gustave Marissiaux (1872 Marles-sur-Canche - 1929 Cagnes-sur-Mer)

Henri De Braekeleer (1840 Anvers - 1888 Anvers)

Henri Evenepoel (1872 Nice - 1899 Paris)

Henri-Edmond Cross (1856 Douai - Le Lavandou 1910)

Henry Van de Velde (1863 Anvers - 1957 Oberägeri, Suisse)

Hippolyte Boulenger (1837 Tournai - 1874 Bruxelles)

Isidore Verheyden (1846 Anvers - 1905 Ixelles)

Jan Toorop (1858 Purworejo, Indes néerlandaises - 1928 La Haye)

James Ensor (1860 Ostende - 1949 Ostende)

Jean-Jacques Gaillard (1890 Bruxelles - 1976 Saint-Gilles)

José Wolff (1885 Liège - 1964 Liège)

Joseph Coosemans (1928 Bruxelles - 1904 Schaerbeek)

Juliette Cambier (1879 Saint-Gilles - Ixelles 1863)

Juliette Wytsman (1866 Bruxelles - 1925 Ixelles)

Léo Gausson (1860 Lagny-sur-Marne - 1944 Lagny-sur-Marne)

Léon De Smet (1881 Gand - 1966 Deurle)

Léonard Misonne (1870 -1943 Gilly)

Louis Artan de Saint Martin (1837 La Haye - 1890 Nieuport)

Louise Héger (1839 Bruxelles - 1933 Ixelles)

Marthe Massin (1860 Liège - 1931 Bruxelles)

Marthe Verhaeren (1860 Liège - 1931 Bruxelles)

Marie-Antoinette Marçotte (1867 Troyes - Paris 1929)

Maximilien Luce (1856 Paris - 1941 Paris)

Modeste Huys (1874 Olsene - 1932 Zulte)

Péricles Pantazis (1849 Athènes - 1884 Bruxelles)

Paul Leduc (1876 La Louvière - Schaerbeek 1943)

Pierre-Auguste Renoir (1841 Limoges - 1919 Cagnes-sur-Mer)

Rik Wouters (1882 Malines - 1916 Amsterdam)

Richard Heintz (1871 Herstal - 1929 à Sy)

Romain Ickx (1860 Beauvechain - Lubbeek 1953)

Théo Van Rysselberghe (1862 Gand - 1926 Le Lavandou)

Théodore Verstraete (1850 Gand - 1907 Anvers)

Victor Gilsoul (1867 Bruxelles - 1939 Woluwe-Saint-Lambert)

William Degouve de Nunques (1867 Monthermé, France - 1935 Stavelot)

William Schlobach (1864 Bruxelles - 1951 Nonnenhorn, Allemagne)

Yvonne Serruys (1873 Menin - 1953 Paris)

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INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu 

La Boverie

Parc de la Boverie 3

4020 Liège

 

Dates

Du 09 octobre 2026 au 29 mars 2027

 

Horaires

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h

Ouverture exceptionnelle les lundis des vacances scolaires francophones et néerlandophones et les jours fériés.

 

Tarifs

Standard (>26 ans) : 18 €

Jeunes (6-25 ans) : 12 €

Enfants (<6 ans) : gratuit

Pack famille : 52 € (2 standards + 2 jeunes)

Scolaire : 8€ par enfant et 1 accompagnateur gratuit/15 élèves Groupes : 16 € pp (àpd de 15 personnes)

Article 27 : 1,25€

 

Ticket combiné avec les collections permanentes du Musée de La Boverie : + 2€ (pas de supplément pour les moins de 26 ans).

 

Site web

www.expo-impressionnisme.com

 

Exposition

L’impressionnisme, une histoire belge

Et si l’une des plus grandes histoires de l’impressionnisme s’était aussi écrite en Belgique ?

Musée de La Boverie // Liège
Du 9 octobre 2026 au 29 mars 2027

Et si l’une des plus grandes histoires de l’impressionnisme s’était aussi écrite en Belgique ? À partir du 9 octobre 2026, La Boverie présente L’impressionnisme, une histoire belge, une exposition majeure coproduite par le CIAC et Tempora.

À l’occasion du dixième anniversaire du Musée, près de 150 chefs-d’œuvre, exceptionnellement réunis, révèlent le rôle décisif joué par la Belgique dans l’essor de la modernité européenne. Issues de collections belges et internationales prestigieuses, dont celles du Musée d’Orsay ou du Petit Palais de Genève, les œuvres mettent en dialogue les maîtres français de l’impressionnisme et les grandes figures de l’avant-garde belge. Une relecture ambitieuse d’un mouvement majeur, portée par une scénographie innovante et un dispositif d’accessibilité inédit pensé pour tous les publics.

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