Carabouya, jamais malade, jamais mourir

Carabouya, dans une rue d'Arlon. Sachet de carabouya. Sachet de carabouya.

Carabouya, carabouya, jamais malade, jamais mourir
Qui, parmi les plus tout jeunes de la province de Luxembourg, n’a pas connu Carabouya, ce noir qui vendait des bonbons sur les marchés? On l’appelait par le nom des bonbons qu’il vendait.
Des bonbons noirs de réglisse, mélange de sucre et d'anis, durci comme de la pierre qu’il cassait devant nos yeux avec un marteau.
Il faisait les grands marchés de Bastogne et d’Arlon, bien sûr, mais aussi des moins importants comme Bertrix ou dans le Sud-Luxembourg, où l’on se rappelle même l’avoir vu faire sa tournée à vélo.
Un étal réduit au minimum, un trench d’époque froissé qui tirait sur le beigeasse, un bagout ad hoc pour agrainer les chalands : voilà Carabouya.

Une curiosité pour les enfants
Des enfants devenus « troisième âge » s’en souviennent comme d’hier, tellement il les a marqués. Dame, dans les années 50, l’imagination nourrie par Tintin au Congo, c’était pour beaucoup le premier « nègre » qu’on voyait pour de vrai.
Il a laissé ce souvenir bien précis dans toutes les mémoires : il était gentil, jovial, et il aimait les enfants.
Certains racontent : on se réjouissait d’être le jour du marché, notre grand-mère nous conduisait le voir. Il remplissait à ras bord de carabouyas un sachet de papier blanc, format des sachets à frites, il le tendait de la main droite avec « une rawète » dans la gauche :voilà pour le petit bougna !
Parfois il était accompagné de son fils qui venait dîner avec nous à l’école
, ajoute une grand-mère (témoignages repris dans le groupe facebook arlonais).

D’où venait-il ?
Mystère pour les badauds. Certains soutenaient même qu'il se pommadait au cirage pour noircir sa peau (à suivre).

René Dislaire © Houffalize, le 10 février 2018

Présentation. Souvenir d’enfance. Carabouya (ou Carabouilla?), du nom des bonbons qu’il vendait, l’un et l’autre aussi noirs. Jovial sur les marchés, pendant 50 ans, au milieu du XXe siècle. Pour beaucoup d’enfants, le premier nègre vu de tout près.