Cwarmè 2026 suite et fin Du Trouv'lê aux Haguètes et Pièrots : les 15 masques traditionnels ont donné de la vie et de la couleur au Cwarmê de Malmedy ce dimanche

Point culminant du carnaval de Malmedy, le grand cortège carnavalesque de ce dimanche 15 février 2026 a vu défiler les figures emblématiques du Cwarmê. Lu Trouv'lê, Lu Haguète, Lu Hârlikin ou encore les Longs-Nés ont animé le centre-ville dans le respect des traditions.
Le cortège dominical du Cwarmê de Malmedy, qui s'est déroulé ce 15 février 2026 dans le centre de la cité de la Warche, a une fois encore mis en évidence la place prépondérante des quinze masques traditionnels, figures incontournables de ce carnaval profondément ancré dans le patrimoine wallon.
L'ouverture du défilé, qui a rassemblé des milliers de spectateurs malgré la météo incertaine, a été assurée par Lu Trouv'lê, figure d'autorité du Cwarmê, reconnaissable à son costume richement orné et à sa panûle cérémonielle. Sa présence solennelle marque le début effectif du cortège et donne le ton de la procession. À ses côtés, Lu Grosse Police, coiffé de son bicorne et brandissant sa cloche, a rythmé les premiers instants du défilé en annonçant l'avancée des groupes. Derrière eux, Lu Vèheû et Lu Sotê ont apporté une dimension plus espiègle : le premier dans une poursuite joyeuse des spectateurs, le second dans des pitreries et facéties destinées à susciter rires et réactions.
Parmi les figures les plus attendues, Lu Haguète a une nouvelle fois capté l'attention. Coiffé d'une imposante coiffe de plumes et muni de son célèbre hape‑tchâr, il a invité les passants à s'agenouiller avant de prononcer la formule traditionnelle, un rituel qui illustre la tension ludique entre respect des codes anciens et participation du public. Plus loin dans le cortège, les personnages inspirés de la Commedia dell'arte, tels que Lu Pièrot, qui n'a plus ses noix, ou Lu Hârlikin, au costume coloré et aux gestes vifs, a multiplié les danses acrobatiques et les interactions rapides avec les spectateurs.
Quant au Sâvadje‑Cayèt, il a animé la foule par ses mimiques expressives et son costume fait de bouts de bois et donc quelque peu bruyants, renforçant le caractère festif de la procession. À ne pas confondre avec Lu Sâvadje, au costume plus coloré, avec son arbalète.
La diversité visuelle du cortège a ensuite été enrichie par les silhouettes allongées et singulières des Longuès‑Brèsses dont les costumes, aux proportions exagérées, viennent chatouiller les têtes du public. Sans oublier les Longs‑Ramons, qui sont allés titiller les fenêtres des habitants mais aussi quelques têtes. Autre groupe emblématique, les Longs‑Nés ont multiplié leurs apparitions tout au long du parcours, reconnaissables à leurs masques à nez proéminents et à leurs comportements moqueurs, souvent dirigés vers les spectateurs choisis pour accompagner leur marche en file indienne, comme vous avez pu le lire juste avant.
Dans un registre plus humoristique, Lu Boldjî, figure du bon vivant, a interagi avec la foule à coups de plaisanteries et de gestes joviaux avec sa panûle, tandis que Lu Cwapî, cordonnier, a provoqué les rires en "rechaussant" certaines personnes du public. Enfin, il y avait encore Lu Djoupsène, aux mains liées, a rappelé des pratiques anciennes liées aux excès du carnaval, et qui n'était présent que lors du cortège du samedi.
Romain Rixhon Journaliste / Photographe ( L'Avenir )























