La nuit de l'Épiphanie 1945

écrit par ReneDislaire
le 05/01/2022
La nuit de l'Épiphanie 1945

La nuit de l'Épiphanie 1945. Au petit jour aura lieu le Grand Bombardement.
Poème écrit 77 ans plus tard.

Demain l’Épiphanie. Et la fête des Rois
Signifiait beaucoup : la fin du temps de paix
Offert par la Noël. En se donnant le bras,
Rituel de l’époque, sur l’asphalte enneigé,
Se rendaient aux abris les couples houffalois.
Il s’étaient sustentés de deux œufs fricassés
Baignés dans du saindoux. La nuit il ferait froid :
De plusieurs épaisseurs ils sont emmitouflés.

Imaginons qu’on ne parlait que le patois
Dans le monde enfoui au fond de la cité.
Les odeurs mélangées de tanin*, de tabac,
Répandaient l’insalubre et la suavité.
Innombrables étaient ceux témoignant de leur foi,
Le chapelet béni dans leurs doigts enfermé.
Comme il devient lointain ce si proche autrefois
Dont tout ne deviendra jamais remémoré.

René Dislaire © Houffalize, le 5 janvier 2022

* Le tanin. Très nombreux étaient les Houffalois travaillant dans des tanneries. Leurs habits étaient porteurs d'une certaine odeur. Les tanneries ne se remettront pas de l'Offensive.

Présentation. Les Houffalois se rendent aux abris, dans les caves. C'est devenu quotidien, une recommandation pour se prémunir contre les éventuels bombardements. C'est cette "habitude" qui est évoquée ici. Dans quelques heures, l'apocalypse.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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